L’étĂ© a connu une affaire que beaucoup ont prise pour une nouvelle provocation loufoque de Donald Trump. L’édition du 15 aoĂ»t 2019 du Wall Street Journal rĂ©vĂ©lait l’intĂ©rĂȘt de l’actuel prĂ©sident des États-Unis pour le Groenland. Il aurait proposĂ© d’acheter l’üle arctique au Danemark. Le royaume danois jugea la dĂ©marche vaine.

Groenland

Groenland

DĂ©pendance de Copenhague, le Groenland dispose d’une large autonomie interne et n’appartient plus depuis le milieu des annĂ©es 1980 Ă  l’Union dite europĂ©enne. Au moment oĂč la route maritime du Nord deviendrait plus accessible, il occupe une position gĂ©opolitique essentielle. Outre la prĂ©sence de gisements d’hydrocarbures, son sous-sol regorgerait d’or, de zinc, de cuivre, de graphite, de nickel, de platine et d’uranium.

Loin d’ĂȘtre une Ă©niĂšme pitrerie, Donald Trump inscrit son Ă©tonnante proposition dans l’action de ses prĂ©dĂ©cesseurs. À deux reprises dĂ©jĂ , la Maison-Blanche a voulu acheter l’üle ; en 1867, puis en 1946 pour un montant de cent millions de dollars
 L’homme d’affaires devenu prĂ©sident relance ainsi une vieille pratique Ă©tatsunienne : l’achat plus ou moins honnĂȘte de territoires.

La formation des États-Unis aux XIXe et XXe siĂšcles se rĂ©alise autour du regroupement de terres acquises Ă  vil prix. En 1803, le Premier consul Bonaparte vend pour quatre-vingts millions de francs le vaste territoire de la Louisiane entre le Golfe du Mexique et les confins du Canada. Sous-peuplĂ©e et mal dĂ©fendue, la Louisiane constituait une cible prioritaire pour la belliqueuse Angleterre dans son espoir de soumettre ses anciennes colonies rebelles. En 1819, l’Espagne reçoit cinq millions de dollars pour la cession de la Floride. En 1848, les États-Unis font un bond territorial considĂ©rable. Suite Ă  une fĂ©roce guerre d’invasion, les États-Unis versent au gouvernement mexicain un pourboire de quinze millions de dollars dans le cadre du traitĂ© de Guadalupe.

Ce traitĂ© biaisĂ© offre Ă  la jeune puissance nord-amĂ©ricaine le Texas, la Californie, l’Utah, le Nevada, l’Arizona, le Colorado et le Nouveau-Mexique. Cinq ans plus tard, en 1853, l’Étatsunien James Gadsden nĂ©gocie avec Mexico, un accord sur la rectification frontaliĂšre mĂ©ridionale du Nouveau-Mexique. Washington y achĂšte une bande de terre de 76 800 kmÂČ dans laquelle se trouvent les villes bien connues des cinĂ©philes fans de western, Yuma et Tucson.

En 1867, les États-Unis rĂ©ussissent un trĂšs beau coup territorial. Partisan du Nord pendant la Guerre de SĂ©cession entre 1861 et 1865, le tsar Alexandre II commet l’erreur irrĂ©parable de vendre l’Alaska pour la somme de sept millions deux cent mille dollars. La Russie perd sa dimension tricontinentale qui lui aurait permis de faire du Nord de l’ocĂ©an Pacifique un lac russe. En 1899, le traitĂ© de Paris arrĂȘte la guerre entre l’Espagne et les États-Unis. Contre vingt millions de dollars, Madrid cĂšde Porto Rico, les Ăźles de Wake et de Guam dans le Pacifique ainsi que les Philippines et Cuba. Un an plus tĂŽt, les États-Unis avaient annexĂ© la rĂ©publique bananiĂšre d’Hawaï


En 1917, Washington achĂšte enfin au Danemark pour vingt-cinq millions de dollars sa part des Ăźles Vierges. L’autre partie de cet archipel des Antilles appartient toujours au Royaume-Uni. Par cette acquisition, les États-Unis renforcent leur emprise sur les aires centre-amĂ©ricaine et caraĂŻbe.

RĂ©clamer le Groenland revient par consĂ©quent Ă  poursuivre une vieille politique gĂ©o-boutiquiĂšre. Bien des critiques de Trump n’ont toujours pas compris que son impulsivitĂ© ne l’empĂȘchait pas de rĂ©flĂ©chir. Cette manie douteuse d’acheter des territoires s’applique jusqu’au continent europĂ©en puisque qu’est-ce que l’OTAN, sinon la meilleure justification pour manipuler des gouvernements soi-disant europĂ©ens plus que jamais dĂ©fĂ©rents envers leur maĂźtre d’outre-Atlantique ?

Bonjour chez vous !

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99

A propos de l'auteur

Georges Feltin-Tracol

Georges Feltin-Tracol, Ă©crivain et collaborateur de nombreuses revues (notamment "RĂ©flĂ©chir & Agir") et site internet ; chroniqueur sur "Radio LibertĂ©s". Il se dĂ©signe aussi parfois comme un traditionaliste post-moderne ou un archĂ©o-futuriste. Dernier livre paru : "Pour la troisiĂšme voie solidariste. Une autre approche de la question sociale" (Éd. SynthĂšse)

Articles similaires