« Qui sait que l’opĂ©rette est nĂ©e en France ?
C’était en 1842 grĂące Ă  Florimond Ronger
et sa crĂ©ation L’Ours et Le Pacha
qui voulait distraire les pensionnaires


d’un asile d’aliĂ©nĂ©s Ă  BicĂȘtre ! »

Entretien avec Nicole Broissin, auteur de Du couvent Ă  l’opĂ©rette, prĂ©facĂ© par BenoĂźt Duteurtre (Ă©ditions Dualpha)

(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul)

 

Du couvent Ă  l’opĂ©rette Nicole Broissin

Du couvent Ă  l’opĂ©rette, Nicole Broissin (Éd. Dualpha)

Nicole Broissin reste un des grands noms des spectacles d’opĂ©rette les plus cĂ©lĂšbres : Ciboulette, La Fille de Madame Angot, Les 28 Jours de Clairette, Rose de NoĂ«l, La Veuve Joyeuse
 Son tĂ©moignage Ă©tait attendu et enchantera tous ceux qui l’ont applaudie et ceux qui dĂ©couvriront grĂące Ă  elle un univers fĂ©erique fait de grĂące et de voluptĂ©, de rĂȘves et de rires


Quel regard portez-vous sur l’opĂ©rette aujourd’hui ?

Si des moyens financiers suffisants Ă©taient accordĂ©s, cet art serait toujours florissant. J’ai constatĂ© tout au long de mon activitĂ© d’enseignement un trĂšs grand enthousiasme de mes Ă©tudiants. Malheureusement, faute de moyens, les Ɠuvres sont montĂ©es sans orchestre, simplement au piano, avec peu de rĂ©pĂ©titions pour peu de reprĂ©sentations ! L’opĂ©rette survit nĂ©anmoins toujours – malgrĂ© certains metteurs en scĂšne qui la malmĂšnent – grĂące Ă  un public qui est toujours trĂšs demandeur. Et notamment un public souvent jeune. Ce n’est en rien un « genre » rĂ©servĂ© aux « anciens », loin de là !

Quels ont Ă©tĂ© vos grands moments d’émotion artistique ?

Mais toute ma vie a Ă©tĂ© basĂ©e sur l’émotion artistique qui se diffĂ©rencie selon l’Ɠuvre Ă  interprĂ©ter. Dans la ComĂ©die musicale Lundi, Monsieur, vous serez riche, je me psychanalysais pendant 25 minutes sur la musique d’Antoine Duhamel. C’était un moment trĂšs fort.

Le théùtre ou le cinéma ne vous ont jamais tenté ?

Bien sĂ»r, le thĂ©Ăątre de Boulevard particuliĂšrement, mais quand on a vĂ©cu, comme cela a Ă©tĂ© mon cas, l’ñge d’or de l’opĂ©rette, suivre deux chemins aurait Ă©tĂ© difficile. Quant au cinĂ©ma, cela a failli se faire avec Jean-Pierre Melville, mais son dĂ©cĂšs en dĂ©cida autrement.

Que rĂ©pondez-vous aux dĂ©tracteurs de l’OpĂ©rette pour qui c’est un « art mineur » ?

J’ai passĂ© ma vie Ă  dĂ©fendre cet art qui est complet ; tout ce que l’on peut exprimer artistiquement s’y trouve : la comĂ©die, le chant et la danse
 C’est ce que j’ai voulu rapporter, le plus honnĂȘtement possible, dans mon livre Du couvent Ă  l’opĂ©rette ! J’espĂšre sincĂšrement y ĂȘtre parvenu
 J’ai tenu Ă  rendre Ă  tous ceux qui, comme moi, par goĂ»t, par vocation, par plaisir, ont vouĂ© leur vie Ă  cet art magique qu’est l’opĂ©rette. Pour qui ne la connaĂźt pas, la dĂ©couvrir et peut-ĂȘtre suivre cette voie qui conduit au bonheur


Quel avenir envisageable, Ă  l’heure actuelle, pour les formations d’opĂ©rette et de chant ?

En ce qui concerne l’avenir et la formation de nos jeunes dans ces domaines, il faudrait que nos politiques accordent davantage de moyens financiers aux directeurs de ThĂ©Ăątre car la demande des jeunes existe. D’autre part, en ce qui concerne les Ă©coles de chant, les professeurs devraient renouveler et Ă©largir leurs regards sur cet Art qu’ils considĂšrent souvent, oui c’est vrai et c’est Ă  dĂ©plorer, comme mineur. Qu’ils s’inspirent donc de nos voisins allemands qui ne font, eux, aucune diffĂ©rence, entre l’art lyrique et le Viennois.

Du couvent Ă  l’opĂ©rette, Nicole Broissin, prĂ©face de BenoĂźt Duteurtre, Ă©ditions Dualpha, collection « Patrimoine du spectacle », dirigĂ©e par Philippe Randa, 178 pages, 27 euros. Avec un DVD de l’enregistrement de Nicole Broissin Ă  l’émission de Pierre Petit Figaro-ci, Figaro-lĂ . Pour commander ce livre, cliquez ici.

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