Article publiĂ© originellement en anglais sur ncregister.com. Écrit par Edward Pentin.

Le Premier ministre Viktor OrbĂĄn a inaugurĂ© la confĂ©rence en appelant les nations, en particulier en Europe, Ă  mettre de cĂŽtĂ© le politiquement correct, Ă  s’opposer Ă  la persĂ©cution des chrĂ©tiens et Ă  dĂ©fendre les racines de la civilisation chrĂ©tienne.

Il est temps que l’Europe se libĂšre des chaĂźnes du politiquement correct, dise la vĂ©ritĂ© et affronte les faits concernant la violente persĂ©cution des chrĂ©tiens, a dĂ©clarĂ© le Premier ministre hongrois Viktor OrbĂĄn jeudi 12 octobre.

Dans un discours percutant prononcĂ© Ă  l’ouverture de la premiĂšre grande confĂ©rence jamais tenue par un gouvernement pour soutenir les chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s, M. OrbĂĄn a dĂ©clarĂ© que « l’expulsion forcĂ©e » des chrĂ©tiens de certaines parties du Moyen-Orient et de l’Afrique constitue un « crime » contre les personnes et les communautĂ©s concernĂ©es, ce qui « menace Ă©galement nos valeurs europĂ©ennes ».

« Le monde devrait comprendre que ce qui est en jeu aujourd’hui n’est rien de moins que l’avenir du mode de vie europĂ©en et de notre identitĂ© » a-t-il dĂ©clarĂ© aux dĂ©lĂ©guĂ©s Ă  Budapest.

Plus de 300 participants de 30 pays, y compris des dirigeants chrĂ©tiens et des reprĂ©sentants de groupes de rĂ©flexion et d’associations caritatives, se sont rĂ©unis pour la consultation internationale sur la persĂ©cution chrĂ©tienne du 11 au 13 octobre, intitulĂ©e « Trouver les rĂ©ponses appropriĂ©es Ă  crise nĂ©gligĂ©e de longue date ».

Le leader hongrois, qui a dĂ©fendu ouvertement les valeurs chrĂ©tiennes en Europe – et qui a souffert des rĂ©actions de l’Union europĂ©enne et d’autres pays – a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait temps de « libĂ©rer » la question des « entraves du politiquement correct et des incantations des Droits de l’Homme qui confondent tout et n’importe quoi ».

Au contraire, a-t-il dit, nous sommes « tenus par obligation » d’en venir aux faits et Ă  un « langage simple » pour dĂ©crire ces Ă©vĂ©nements et « identifier les dangers qui nous menacent ». M. OrbĂĄn a relevĂ© que quatre personnes persĂ©cutĂ©es sur cinq Ă©taient chrĂ©tiennes et que la religion la plus persĂ©cutĂ©e dans le monde aujourd’hui est bel et bien le christianisme, bien que pourtant les mĂ©dias internationaux lui accordent « peu de couverture ».

Il a ajoutĂ© que le « plus grand danger » est le « silence indiffĂ©rent et apathique d’une Europe qui nie ses racines chrĂ©tiennes ». La tournure de ce qui se passe au Moyen-Orient devrait « faire comprendre Ă  l’Europe » ce qui « peut nous arriver, » a-t-il dit, Ă  un moment oĂč les gouvernements europĂ©ens poursuivent une politique d’immigration qui autorise les « extrĂ©mistes dangereux » et qui « transformera complĂštement » sa culture, son ethnicitĂ© et son identitĂ© chrĂ©tienne en « quelques gĂ©nĂ©rations ».

AprĂšs des siĂšcles de combats pour dĂ©fendre « l’ensemble de l’Europe chrĂ©tienne » et avoir vĂ©cu sous des dictatures athĂ©es pendant une grande partie du XXe siĂšcle, OrbĂĄn a dit que c’est une « farce cruelle et absurde du destin » de vivre Ă  nouveau en tant que membres d’une communautĂ© « en Ă©tat de siĂšge ».

Mais pour toutes ces raisons, il a dĂ©clarĂ© que la Hongrie souhaitait ĂȘtre en premiĂšre ligne pour aider les chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s et a fait rĂ©fĂ©rence Ă  la sentinelle du Livre d’EzĂ©chiel pour souligner sa responsabilitĂ© : « Si une sentinelle voit l’ennemi s’approcher et ne sonne pas l’alarme, le Seigneur tiendra ce gardien responsable de la mort de ceux qui ont Ă©tĂ© tuĂ©s Ă  la suite de son inaction. »

« L’Europe est un continent chrĂ©tien », a-t-il dit, « et nous voulons qu’il le reste ».

OrbĂĄn a soulignĂ© que la Hongrie, bien qu’étant seulement un « État europĂ©en de taille moyenne », est un « pays stable » et, contrairement Ă  beaucoup d’autres pays, est en mesure de « dĂ©fendre les chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s ». Le Premier ministre hongrois a insistĂ© sur le fait qu’il ne s’agit pas que de parler mais aussi d’agir, et il a attirĂ© l’attention sur certaines des initiatives qu’il a prises, en particulier Ă©tant le seul gouvernement Ă  mettre en place un ministĂšre dĂ©diĂ© Ă  aider les chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s. (Le SecrĂ©tariat d’État adjoint pour l’aide aux chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s est entrĂ© en fonction l’annĂ©e derniĂšre.)

Il a donnĂ© un aperçu de ses rĂ©alisations Ă  ce jour, notamment la reconstruction des foyers chrĂ©tiens, le financement des bourses d’études et la rĂ©installation des chrĂ©tiens dĂ©placĂ©s. Il a expliquer attirer l’attention sur ces actes non pas pour « polir [sa] rĂ©putation » (M. OrbĂ n a expliquĂ© que le gouvernement Ă©vite « de faire de bonnes choses par calcul, car de bonnes actions doivent venir du cƓur et pour la gloire de Dieu») mais plutĂŽt pour montrer l’exemple Ă  d’autres pays dans l’espoir qu’ils en fassent de mĂȘme.

« Lorsque nous soutenons le retour des chrétiens persécutés dans leur patrie, le peuple hongrois accomplit une mission », a déclaré Orbån, soulignant que la Constitution hongroise reconnaßt « le rÎle du christianisme dans la préservation de la nation ».

« Si nous reconnaissons cela pour nous-mĂȘmes, nous le reconnaissons aussi pour les autres nations », a-t-il dit. Les Hongrois, a-t-il ajoutĂ©, veulent que les communautĂ©s chrĂ©tiennes retournent dans leur patrie, devenant « des forces pour la prĂ©servation de leur propre pays, tout comme le christianisme hongrois est pour nous une force de prĂ©servation ».

Il a conclu en appelant les politiciens europĂ©ens Ă  « Ă©carter les modes de discours politiquement corrects » et « la prudence induite par les Droits de l’Homme » et Ă  « faire tout ce qui est en leur pouvoir pour les chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s ».

Ouvrir les yeux de l’Europe

La confĂ©rence de deux jours a rĂ©uni une grande variĂ©tĂ© d’intervenants qui ont soulignĂ© un certain nombre de thĂšmes communs : les communautĂ©s chrĂ©tiennes du Moyen-Orient sont sur le point de disparaĂźtre ; l’Occident fait montre d’une lamentable attention et inquiĂ©tude Ă  leur Ă©gard (tout en donnant souvent Ă  d’autres groupes persĂ©cutĂ©s cette attention) ; et la nĂ©cessitĂ© d’apporter de l’aide directement aux personnes affectĂ©es en utilisant les Ă©glises afin que les chrĂ©tiens puissent rester, ĂȘtre rĂ©installĂ©s et reconstruire leurs maisons et leurs vies.

Tous les orateurs Ă©trangers ont fait l’éloge de la Hongrie pour son engagement et son aide concrĂšte pour les chrĂ©tiens.

Le prĂ©sident de la confĂ©rence Ă©piscopale hongroise, Mgr AndrĂĄs Veres de Györ, a soulignĂ© l’histoire de souffrance de la Hongrie pour la dĂ©fense de la foi qui gĂ©nĂšre « de la compassion dans [les] coeurs [hongrois]» et l’admiration pour le « courage » des chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s de nos jours.

ZoltĂĄn Balog, ministre des ressources humaines, et qui dirige le ministĂšre des chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s, a dĂ©clarĂ© qu’aimer les autres ne signifie pas couvrir la vĂ©ritĂ© ni l’omettre. Attirer l’attention sur la dĂ©tresse des chrĂ©tiens et sur le travail de son ministĂšre est essentiel pour « ouvrir les yeux aux gens en Europe », a-t-il dit.

« Nous, Hongrois, avons Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  mort plusieurs fois. On a dit Ă  la Hongrie qu’elle allait disparaĂźtre, mais nous avons appris Ă  nager contre le courant, et aujourd’hui nous devons nager ensemble » afin « d’avancer », a-t-il dit.

Le patriarche chaldĂ©en Louis Sako de Bagdad, dans un message de Mgr Bashar Warda, archevĂȘque d’Erbil, a exprimĂ© ses « sincĂšres remerciements » au gouvernement hongrois pour l’aide qu’ils ont reçue dans cette « situation tragique » (il a Ă©voquĂ©, par exemple, les 2,4 millions de dollars destinĂ©s Ă  aider 1.000 familles Ă  retourner dans la ville Ă  majoritĂ© chrĂ©tienne iraquienne de Teleskof qui a Ă©tĂ© envahie par le groupe État islamique en 2014.)

Il a dit qu’il y avait un dĂ©clin drastique des chrĂ©tiens irakiens, de 1,5 million en 2003 Ă  moins de 500.000 aujourd’hui. Il a Ă©galement averti que le rĂ©fĂ©rendum du 25 septembre dans lequel 90% des Kurdes du nord de l’Irak ont ​​votĂ© pour se sĂ©parer de l’Irak a « augmentĂ© les tensions » entre les Irakiens et les Kurdes, conduisant  « sur un sentier de guerre ».

Si cela conduit Ă  un nouveau conflit militaire, a dĂ©clarĂ© le patriarche, alors « les consĂ©quences seront dĂ©sastreuses pour tous et les minoritĂ©s paieront le prix le plus Ă©levĂ© ». Il a prĂ©dit dans son discours un nouvel « exode des chrĂ©tiens » si cela devait arriver, ajoutant qu’il ne pouvait voir de « garanties » pour un arrĂȘt de la «  disparition d’un peuple innocent et pacifique, violemment forcĂ© de quitter sa patrie Ă  cause de sa foi ».

Mais l’archevĂȘque Warda s’est montrĂ© plus optimiste, dĂ©clarant plus tard au NCRegister qu’il pense que tous ces diffĂ©rends politiques pourraient ĂȘtre rĂ©solus, et qu’il se pourrait mĂȘme que le temps est venu « de les rĂ©soudre pour de bon ».

« Nous en avons marre de vivre crise sur crise », a-t-il dit, ajoutant que lui et d’autres dirigeants de l’Église ont implorĂ© les politiciens de dialoguer. Si ces questions sont indĂ©finiment reportĂ©es, « ce n’est pas sain », a-t-il jugĂ©.

Dans son discours, le patriarche Sako a appelĂ© la communautĂ© internationale Ă  aider, en particulier les États-Unis, qui ont une « responsabilitĂ© morale » particuliĂšre, et a soulignĂ© l’importance de l’éducation, de la sĂ©curitĂ© et de la stabilitĂ© dans les zones libĂ©rĂ©es, et de l’aide humanitaire, ainsi que le dĂ©mantĂšlement des idĂ©ologies fondamentalistes.

Le patriarche syriaque orthodoxe Ignace Aphrem II a dit qu’il y avait un « vrai danger » que le christianisme devienne un « musĂ©e » au Moyen-Orient, notant que l’Irak a perdu 80-90% de sa population chrĂ©tienne et la Syrie 40-45%. Le christianisme pourrait grandir dans le monde entier, a-t-il dit, mais lĂ  oĂč il est dĂ©racinĂ©, il n’est pas toujours facile de replanter un arbre dans un nouveau sol.

Et si l’Occident s’en souciait vraiment, ajouta-t-il, « ils essaieraient de faire quelque chose », c’est pourquoi il apprĂ©cie beaucoup les efforts de la Hongrie. Au lieu de cela, il a relevĂ© que la communautĂ© internationale semble plus prĂ©occupĂ©e par la protection de certaines « espĂšces de lĂ©gumes ».

« Je suis dĂ©solĂ© d’ĂȘtre trĂšs direct mais c’est comme ça que nous le ressentons », a-t-il dit. « Nous sommes tuĂ©s par des groupes parfois soutenus par des puissances occidentales 
 et la communautĂ© internationale ignore ce qu’ils font ».

Évitez les « Trois P »

Le patriarche catholique syriaque Ignace Youssef III Younan a soulignĂ© que les chrĂ©tiens du Moyen-Orient ne sont pas des « importĂ©s » mais bien des peuples autochtones qui y vivent depuis des millĂ©naires. Il a exhortĂ© ceux qui ont une « voix sur la scĂšne internationale » Ă  Ă©viter les « trois P » : le paternalisme (les regardant comme s’ils Ă©taient trĂšs jeunes et avaient besoin de traverser ce que l’Occident a traversĂ© au Moyen Âge) ; le « profitisme » (voir la rĂ©gion comme un lieu de ressources Ă  exploiter) ; et plier (se plier devant l’Islam et les pays musulmans).

Comme beaucoup d’autres intervenants du Moyen-Orient, il a dit qu’il se sentait « trahi et abandonnĂ© » par l’Occident. Durant son discours, le Patriarche a dit qu’il se sentait comme s’il devait « se lever pour ĂȘtre vu, parler fort pour ĂȘtre entendu et se taire pour ĂȘtre apprĂ©ciĂ© ».

Le mĂ©tropolite Hilarion de Volokolamsk, reprĂ©sentant de l’Église orthodoxe de Russie pour les relations extĂ©rieures, a mis en avant comment,  en Syrie, les troupes russes protĂšgent les Ă©glises, installent des zones de sĂ©curitĂ© et travaillent avec le Vatican et le Liban pour amener le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies Ă  soutenir les droits des chrĂ©tiens au Moyen-Orient. Le « temps est venu », a-t-il dit, pour que les chrĂ©tiens s’unissent et « repoussent l’idĂ©ologie misanthrope de l’extrĂ©misme ».

Il a par la suite dĂ©clarĂ© au NCRegister qu’il Ă©tait d’accord avec Viktor OrbĂĄn qu’il Ă©tait important de « nommer les choses comme elles sont », ajoutant qu’il Ă©tait heureux de voir un politicien de l’UE prĂȘt Ă  aller de l’avant « par opposition aux tendances du politiquement correct, et de dire ce qu’il pense ».

Il est Ă©galement d’accord avec les avertissements de M. OrbĂĄn Ă  l’égard de l’Europe, affirmant que sa politique gĂ©nĂ©rale d’immigration « relĂšve d’une vue Ă  trĂšs court terme et risque Ă  long terme d’entraĂźner des consĂ©quences dĂ©sastreuses pour l’identitĂ© europĂ©enne ». Une Europe qui nie sa propre identitĂ© et ses racines chrĂ©tiennes « sera vouĂ©e Ă  l’anĂ©antissement, » prĂ©dit le mĂ©tropolite Hilarion. « Si l’Europe renie officiellement le Christ et le christianisme, d’autres personnes vivront en Europe et professeront d’autres confessions dans quelques gĂ©nĂ©rations ».

Dans un message lu Ă  la confĂ©rence, le cardinal Christoph Schönborn, de Vienne, a dĂ©clarĂ© que l’ampleur de la persĂ©cution chrĂ©tienne « n’est en gĂ©nĂ©ral pas reconnu » et que le fait d’ĂȘtre chrĂ©tien « n’a jamais Ă©tĂ© aussi dangereux qu’aujourd’hui ». En tant que chrĂ©tiens « nous sommes appelĂ©s Ă  prendre position pour nos frĂšres et sƓurs en Christ qui sont persĂ©cutĂ©s », a-t-il dit.

Steve Rasche, le directeur Ă©tasunien du Projet de reconstruction de Nineveh, basĂ© Ă  Erbil, a donnĂ© un aperçu des efforts de reconstruction et approuvĂ© pleinement l’approche de la Hongrie en matiĂšre d’investissement direct par le biais des Ă©glises : une approche fondĂ©e sur le bon sens, selon lui, contrairement Ă  l’aide apportĂ©e Ă  travers des gouvernements et l’ONU qui « mĂ©prise le bon sens ».

Steve Rasche a dit avoir tĂ©moignĂ© au nom des chrĂ©tiens irakiens au CongrĂšs, au parlement britannique et ailleurs, mais « nous attendons toujours » une rĂ©ponse. « Prendre cette mesure n’a pas Ă©tĂ© facile pour la Hongrie, cela a suscitĂ© beaucoup de discussions dans l’UE, mais parler est tout ce que nous avons reçu de l’UE alors que les gens disparaissent », a dĂ©clarĂ© Rasche. « Eh bien, laissez-les parler. Le peuple de Hongrie a agi et les persĂ©cutĂ©s savent qui les a vraiment aidĂ©s et qui ne l’a pas fait ».

La corruption de l’ONU

Nina Shea, cadre supĂ©rieur et directrice du Centre pour la libertĂ© religieuse Ă  l’Institut de l’Hudson, a fĂ©licitĂ© la Hongrie pour cette « magnifique confĂ©rence » et pour « se lever, sans chercher Ă  s’excuser, en faveur des chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s ». Elle a demandĂ© Ă  plus de gouvernements d’imiter la Hongrie, et a critiquĂ© l’ONU pour, entre autres choses, « dĂ©tourner l’argent » des minoritĂ©s qui ont « souffert le plus gravement ».

Beaucoup ont exprimĂ© leur dĂ©ception face Ă  l’administration Trump de ne pas respecter les promesses Ă©lectorales. Shea a dit qu’il Ă©tait temps de cesser de canaliser l’argent Ă  travers les l’Organisation des Nations Unies, et a Ă©galement mis en Ă©vidence une « froide indiffĂ©rence » bureaucratique ainsi qu’une « aversion envers les chrĂ©tiens » parmi certains membres du personnel, dont beaucoup ont Ă©tĂ© nommĂ©s pendant la prĂ©sidence Obama. Il est nĂ©cessaire de parvenir aux « bonnes nominations politiques », a dĂ©clarĂ© Shea au NCRegister, et que Trump de « donne des directives Ă  son cabinet ». Elle a dit qu’elle Ă©tait “dĂ©concertĂ©e” qu’aprĂšs neuf mois de mandat, « les choses n’aient pas changĂ© ».

Le pĂšre Benedict Kiely, fondateur de l’association caritative Nasarean.org pour les chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s, a dĂ©clarĂ© que « rien n’était encore tranchĂ© » concernant Trump. « Il dit continuellement qu’il n’est pas un politicien, mais Ă  moins qu’il ne tienne certaines de ses promesses, il prouvera qu’il est un politicien », a-t-il dit. « Le temps manque pour que ses promesses soient mises en action pour dĂ©fendre les chrĂ©tiens ».

Le deuxiĂšme jour, le ministre hongrois des Affaires Ă©trangĂšres, PĂ©ter SzijjĂĄrtĂł, a annoncĂ© que la Hongrie et l’Italie avaient acceptĂ© d’unir leurs forces pour aider les chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s. Il a soulignĂ© que la volontĂ© de la Hongrie de dĂ©fendre les chrĂ©tiens ne signifie pas « ĂȘtre contre les autres » mais que le politiquement correct « ne nous permet pas de parler et de reprĂ©senter les intĂ©rĂȘts des chrĂ©tiens comme nous le souhaiterions ».

« Combien de fois disons-nous spĂ©cifiquement le mot chrĂ©tiens ? ZĂ©ro, » a-t-il dit. « Nous disons “protĂ©ger les minoritĂ©s ou les communautĂ©s”, mais nous n’osons pas parler de la protection des chrĂ©tiens. C’est inacceptable. »

« Cette hypocrisie politiquement correcte doit changer, » a-t-il dit. « Nous ne devons pas utiliser deux poids deux mesures, comme si la persécution des chrétiens était la derniÚre forme acceptable de discrimination ». Il a ajouté que la Hongrie « prendrait les initiatives dont elle est capable pour attirer les institutions internationales et les impliquer dans la protection des chrétiens persécutés et de ceux dans le besoin. »

Mais tous n’étaient pas d’accord avec la tendance Ă  la confĂ©rence de dĂ©peindre les chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s comme des victimes en mettant l’accent sur l’injustice. S’exprimant auprĂšs du NCRegister, Amal Marogy, une Irakienne vivant maintenant en Angleterre et gĂ©rante de l’Aradin Charitable Trust, a soulignĂ© que la terre, les possessions et la propriĂ©tĂ© sont toutes « secondaires » comparĂ© Ă  ce que les ChrĂ©tiens croient ĂȘtre finalement le plus important, Ă  savoir que « la foi est la chose la plus prĂ©cieuse que nous puissions avoir dans cette vie. » Le pardon est donc crucial, a-t-elle dit, et de cette maniĂšre seulement, il sera possible d’apporter la guĂ©rison et d’amener les musulmans Ă  la vraie foi.

La Hongrie aide

L’initiative « Hungary Helps » (la Hongrie aide), dans le cadre de laquelle l’aide du gouvernement aux chrĂ©tiens est gĂ©rĂ©e, a Ă©galement Ă©tĂ© discutĂ©e lors de la confĂ©rence. Le programme vise Ă  aider Ă  donner aux gens un avenir dans leur pays d’origine plutĂŽt que de quitter leur communautĂ©. L’idĂ©e derriĂšre n’est pas un anti-immigrĂ©s, ont-ils soulignĂ©, mais plutĂŽt basĂ© sur leur propre histoire. Le secrĂ©taire d’État parlementaire, Bence RĂ©tvĂĄri, a rappelĂ© que 800.000 Hongrois ont Ă©tĂ© emmenĂ©s de force dans les confins de l’Union soviĂ©tique tout au long de l’occupation soviĂ©tique et qu’un grand nombre d’entre eux ne sont jamais revenus. « Nous sommes donc particuliĂšrement sensibles aux personnes exposĂ©es Ă  la violence par les forces armĂ©es Ă©trangĂšres, » a-t-il dit.

PĂ©ter Heltai, ambassadeur itinĂ©rant de Hungary Helps, a dĂ©clarĂ© que le projet visait Ă©galement Ă  Ă©lever et Ă  dĂ©fendre ces minoritĂ©s « afin que les pays occidentaux les Ă©coutent ». Il a donnĂ© des exemples de l’aide apportĂ©e par la Hongrie, allant de 450.000 dollars pour construire une nouvelle Ă©cole Ă  Erbil jusqu’à dĂ©penser 1,7 million de dollars pour la rĂ©novation de 32 Ă©glises au Liban.

Tristan Azbej, secrĂ©taire d’État adjoint hongrois Ă  l’Aide aux chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s, a clĂŽturĂ© la confĂ©rence en dĂ©clarant que de nombreuses personnes avaient fĂ©licitĂ© le gouvernement pour cet Ă©vĂ©nement, mais que le temps seul nous dira si c’est un succĂšs et si des mesures sont prises par rapport Ă  ce qui a Ă©tĂ© discutĂ©.

« Il s’agissait de semer des graines qui peuvent aboutir au succĂšs, et nous espĂ©rons qu’elles porteront leurs fruits qui nous aideront Ă  trouver d’autres gouvernements pour aider Ă  rĂ©soudre les problĂšmes des chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s, » a-t-il dit. Il a notĂ© qu’il Ă©tait dommage que davantage de dirigeants politiques ne soient pas prĂ©sents, mais que c’est quelque chose qu’ils essaieront d’amĂ©liorer Ă  l’avenir.

M. Azbej a dit ensuite qu’il n’y a pas de choc des civilisations mais plutĂŽt un manque de conscience de ce qui se passe et que « notre pire problĂšme maintenant : ne pas Ă©couter ». M. Azbej a parlĂ© de deux crises : la perte de l’identitĂ© chrĂ©tienne due Ă  la laĂŻcitĂ© en Occident, et la persĂ©cution violente au Moyen-Orient et dans d’autres rĂ©gions.

Il a Ă©galement soulignĂ© l’importance de la « DĂ©claration de Budapest » – une liste de recommandations convenues par les participants Ă  la confĂ©rence. Parmi les propositions, on peut trouver le point suivant : appeler les gouvernements Ă  mettre en Ɠuvre des solutions Ă  long terme pour mettre fin Ă  la persĂ©cution des chrĂ©tiens.

« Ce n’est pas un document politique imposĂ© aux autres, » a dĂ©clarĂ© Azbej, « mais un message aux chrĂ©tiens persĂ©cutĂ©s disant : vous, frĂšres et soeurs, n’ĂȘtes pas seuls, nous vous Ă©coutons et nous porterons vos prĂ©occupations aux organisations internationales. »

« Il est temps d’agir, d’écouter les voix de ceux qui en ont besoin, » a dĂ©clarĂ© le responsable hongrois. « Au dĂ©but de la confĂ©rence, nous vous avons accueilli en vous disant que Dieu vous a amenĂ© en Hongrie 
 Que Dieu soit avec nous sur la route devant nous tous et sur laquelle nous voyagerons ensemble. »

Traduit de l’anglais et publiĂ© par le VisegrĂĄd Post.

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