par Francoise Monestier.

Avec plus de trente millions de visiteurs ayant foulĂ© la terre grecque depuis le dĂ©but de 2018, les Grecs ne peuvent que s’estimer heureux. DĂ©samour de beaucoup avec la Turquie voisine et son ambitieux sultan qui rĂȘve de reconstituer le grand califat de Mehmet II, fin de la lune de miel avec la Tunisie toujours plus islamisĂ©e ou volontĂ© d’aider le pays d’Ulysse Ă  se tirer du mauvais pas dans lequel l’ont mis les diffĂ©rents responsables politiques aux manettes depuis la chute du rĂ©gime des colonels, cet engouement ne se dĂ©ment pas depuis maintenant plus de trois ans.

Un tropisme russo-balkanique

Les voisins d’AthĂšnes ont fait de la rĂ©gion d’Alexandroupolis et de la Chalcidique, connue pour la beautĂ© de ses rivages, leur repaire. Au volant de cylindrĂ©es de grand prix ou Ă  bord de confortables bus Ă  Ă©tages, Bulgares (le peuple le plus pauvre de l’Union selon Bruxelles
), Roumains, Serbes et Russes, venus en famille et lestĂ©s d’un confortable portefeuille, ont dĂ©sertĂ© les plages de Varna ou de Constantza pour le littoral grec. Le tout avec l’aide de Mouzenidis Travel, une agence de voyages fondĂ©e par des Grecs descendants de militants communistes rĂ©fugiĂ©s au-delĂ  du rideau de fer aprĂšs la guerre civile et revenus au pays dans les annĂ©es 80, comme d’ailleurs beaucoup d’autres de leurs compatriotes reconvertis dans le commerce des fourrures ou l’immobilier et pour lesquels le capitalisme financier n’a visiblement pas de secret. Les frĂšres Mouzenidis, Ă©tablis Ă  Salonique, ont alors constituĂ© un vĂ©ritable empire touristique avec une flotte aĂ©rienne (Ellinair), des bateaux, des hĂŽtels et une armĂ©e de vĂ©hicules qui ferait pĂąlir d’envie les plus grands autocaristes français.

L’ensemble Ă  destination des Balkans et du monde russe trĂšs Ă  l’écoute de la GrĂšce au moment oĂč les Etats-Unis font tout pour contrer l’influence de Moscou sur le rĂ©fĂ©rendum organisĂ© le 30 septembre prochain Ă  Skopje sur le changement de nom de la MacĂ©doine. C’est ainsi que le ministre amĂ©ricain Jim Mattis est venu passer quelques jours Ă  Skopje afin de faire campagne pour le oui, de faire tomber ce pays dans l’escarcelle Ă©tats-unienne et d’augmenter le nombre de membres de l’Otan dans la rĂ©gion.

CĂŽtĂ© Russie, la frĂ©gate de la flotte de la mer Noire Amiral Essen, basĂ©e Ă  SĂ©bastopol, a rĂ©cemment fait escale dans l’üle de Poros afin de fĂȘter le 190e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1828. Ses officiers en ont profitĂ© pour dĂ©poser des couronnes devant la maison de IoĂĄnnis CapodĂ­strias, hĂ©ros de la guerre d’indĂ©pendance et qui fut Ă©galement ministre des Affaires Ă©trangĂšres du tsar Alexandre 1er. Une visite symbolique qui n’a pas dĂ» faire plaisir Ă  Washington, qui souhaite utiliser plus largement les bases navales et aĂ©riennes grecques face au renforcement des positions de la Chine et de la Russie en MĂ©diterranĂ©e, sans toutefois renoncer Ă  la base aĂ©rienne d’Incirlik en Turquie.

Ferveur orthodoxe

Lors de la croisiĂšre effectuĂ©e au large des monastĂšres du mont Athos – la seule façon pour les femmes d’apercevoir cet archipel de la foi –, j’ai pu constater la ferveur de ces touristes russes ou balkaniques. Ils n’ont pas manquĂ© d’embrasser les reliques millĂ©naires apportĂ©es Ă  bord du bateau par des moines venus du monastĂšre de XĂ©nophon, fondĂ© en 1010 par saint XĂ©nophon et dĂ©diĂ© Ă  saint Georges, pour vendre chapelets, croix, pommades, herbes mĂ©dicinales, olives, pots de miel, eau-de-vie ou herbes de la montagne sacrĂ©e. Pendant plus d’une heure, jeunes et vieux – et souvent des jeunes femmes russes aux allures d’hĂ©taĂŻres – se sont prosternĂ©s devant les icĂŽnes, ont achetĂ© des tonnes de miel ou d’olives avant de retourner Ă  la consultation de leur cher tĂ©lĂ©phone portable ou de se remaquiller comme des voitures volĂ©es.

MĂȘme ferveur aussi le 8 septembre, jour de la naissance de la Vierge Marie, au monastĂšre d’Ormilia, une importante communautĂ© monastique de 120 moniales qui sont rattachĂ©es au monastĂšre de Simonos Petra au mont Athos. De nombreux Grecs avaient fait le dĂ©placement pour cette fĂȘte particuliĂšrement suivie dans le monde orthodoxe.

Une sacrée promotion


Parmi tous ces fidĂšles, j’ai longuement discutĂ© avec un couple de Grecs, venu passer quelques jours en Chalcidique et qui m’a tout de suite fait part de sa vive sympathie
 pour Marine et le mouvement Nea Dexia, partenaire du Rassemblement national ! TrĂšs opposĂ© Ă  la politique de TsĂ­pras et Ă  l’invasion migratoire de certaines Ăźles comme Lesbos au bord de l’explosion, le mari n’a pas apprĂ©ciĂ© la rĂ©cente dĂ©cision d’Eleni Kountoura, ministre du Tourisme, de confier Ă  John dit Giannis Antetokounmpo, un joueur de basket nĂ© dans une famille de migrants nigĂ©rians, la mission d’« ambassadeur du tourisme grec » en posant devant les monuments emblĂ©matiques tel le ParthĂ©non et en dĂ©clarant « Bonjour, ceci est mon beau pays la GrĂšce ». Ce sans-papiers vendait avec ses frĂšres des contrefaçons dans les rues d’AthĂšnes jusqu’à l’ñge de dix-huit ans. Reconnu pour ses performances sportives, il acquiert la nationalitĂ© grecque avant de rejoindre en 2013 l’équipe de basket amĂ©ricaine des Milwaukee Bucks qui l’ont fait roi et « digne ambassadeur de la GrĂšce » pour reprendre les propos d’Eleni Kountoura, venue de la droite souverainiste mais ouverte Ă  toutes les compromissions pour sauver son maroquin. Mon interlocuteur grec d’origine pontique – les Grecs du Pont-Euxin chassĂ©s par AtatĂŒrk en 1924 et dont un grand nombre a Ă©tĂ© massacrĂ© avant de rejoindre la GrĂšce – aurait nettement prĂ©fĂ©rĂ© un evzone ou une Bouboulina, mais ce n’est pas au programme de TsĂ­pras.

Le Macron grec

L’odieux TsĂ­pras, aprĂšs avoir promis tout et n’importe quoi, choisissait, le 21 aoĂ»t dernier, l’üle d’Ithaque, derniĂšre Ă©tape de l’OdyssĂ©e, pour annoncer que son pays avait repris son destin en main. Un contre-feu savamment calculĂ© un mois aprĂšs la gestion dĂ©sastreuse des incendies meurtriers de Mati qui ont fait plus de 96 victimes et que la population a vĂ©cus comme un vĂ©ritable cauchemar. Quelques semaines plus tard, inaugurant la traditionnelle Foire internationale de Thessalonique dont les Etats-Unis Ă©taient l’invitĂ© d’honneur, il a souhaitĂ© que les investissements amĂ©ricains soient encore plus importants. Une façon de confirmer que Washington (et donc JĂ©rusalem) a sa marionnette bien en main et que l’OdyssĂ©e est le cadet de ses soucis.

 Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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