Bon blogueur et photographe, le sympathique et courageux vietnamien Linh Dinh publie des textes repris par le site de rĂ©sistance libertarienne Lewrockwell.com. Il confirme ce que disait GĂ©rard Chaliand : les Vietnamiens ne culpabilisent pas les EuropĂ©ens, ils ont tournĂ© la page, ils prĂ©fĂšrent bosser, mĂȘme pour Gap, que culpabiliser les anciens colonisateurs.

Linh Dinh.

Linh Dinh.

Mais Lin Dinh ajoute que la culpabilisation europĂ©enne est devenue folle et qu’elle vire maintenant Ă  une auto-extermination qui ira Ă  son terme, selon moi, pour trois raisons : l’hĂ©ritage de soumission judĂ©o-chrĂ©tien, le despotisme dĂ©mocratique de Tocqueville et la volontĂ© US d’exterminer l’Europe par la guerre nuclĂ©aire contre la Russie.

Il Ă©crit (pardon pour la traduction Google) : « Dans quelques heures, je vais voler vers l’Europe, mon continent prĂ©fĂ©rĂ©, et pourquoi pas ? La plupart de mes hĂ©ros intellectuels et artistiques sont des EuropĂ©ens : Kafka, Beckmann, Rabelais, Rimbaud, CĂ©line, Orwell, Kundera, DostoĂŻevski et Milosz, etc. J’ai passĂ© beaucoup de temps en Italie, en Angleterre et en Allemagne, et j’aime beaucoup ce continent. J’ai des souvenirs d’au moins une douzaine d’autres pays europĂ©ens, tous trĂšs distincts les uns des autres. »

Dostoïevski et Rimbaud, cela change en effet de doc Gynéco et de BHL.

Ensuite Lin Dinh expose le problĂšme : « La culture blanche a dominĂ© une grande partie du monde depuis plusieurs siĂšcles, mais elle se dĂ©grade par la haine de soi. Le Blanc de gauche dĂ©teste surtout les Blancs, alors que la plupart des Blancs sont mĂ©prisants de tous les autres. La moitiĂ© des Blancs, alors, dĂ©teste l’autre moitiĂ©, et la culture blanche contemporaine est un dĂ©sordre dĂ©gradé  Libres de guerre et de colonialisme, les Blancs font un bon travail de se dĂ©truire. »

Il a raison, la culture de la repentance, des livres et du cinĂ©ma, est une culture morbide, mais surtout dĂ©bile. Lin Dinh souligne les responsabilitĂ©s d’une certaine intelligentsia (ce mot dĂ©signe ce que Bernanos appelait les imbĂ©ciles) dans ce culte haineux : « Beaucoup encouragent. C’est Ă  peu prĂšs l’heure ! Susan Sontag en 1967 : “ La race blanche est le cancer de l’histoire humaine ; c’est la race blanche et elle seule – ses idĂ©ologies et ses inventions – qui Ă©radique les civilisations autonomes partout oĂč elles se propagent, ce qui a perturbĂ© l’équilibre Ă©cologique de la planĂšte, qui menace maintenant l’existence mĂȘme de la vie elle-mĂȘme ”. »

On verra si leur nouveau monde tiendra mieux sans les coupables blancs


Linh Dinh souligne le nihilisme-crĂ©tinisme allemand : « Quand j’étais Ă  Leipzig en 2015, un ami allemand a insistĂ© pour que les Chinois soulĂšvent le Tiers-monde. C’était un partenariat constructif, a-t-il dit, contrairement au colonialisme blanc d’exploitation meurtriĂšre. Il ne se souciait pas de mon observation que les Russes et les Chinois avaient retrouvĂ© leurs bases, leur confiance et leur boussole grĂące au nationalisme. »

Linh Dinh ajoute, auteur antitotalitaire au possible : « Aucune population n’a besoin d’une idĂ©ologie mondiale. Non seulement la solidaritĂ© mondiale n’est pas rĂ©alisable, mais indĂ©sirable. »

Il Ă©voque les contradictions juives : « En dĂ©pit d’une patrie, beaucoup de Juifs ont rĂȘvĂ© d’une fraternitĂ© internationale, donc la chimĂšre cauchemardesque du communisme, dĂ©fendue jusqu’à aujourd’hui par les personnes les plus Ă©motionnellement bloquĂ©es, historiquement amnĂ©siques ou simplement hypocrites. Beaucoup qui exaltent les vertus du communisme international dĂ©fendront aussi rageusement l’État ultra-nationaliste et raciste d’IsraĂ«l. »

Linh Dinh souligne le martyre allemand – qui vire Ă  l’imbĂ©cillitĂ©, Ă  l’auto-extermination euphorique dont je parlais plus haut : « Dans l’esprit populaire, la mĂ©chancetĂ© de la culture blanche est incarnĂ©e par l’Allemagne nazie, les Allemands Ă©tant toujours stigmatisĂ©s comme les pires des Blancs. L’Allemagne contemporaine, cependant, est celle qui aurait permis Ă  plus de 500 femmes allemandes d’ĂȘtre agressĂ©es sexuellement par des musulmans Ă  Cologne au cours de la Saint Sylvestre de 2016. »

Notre sympathique globe-trotter (je vous garantis que cela m’a passĂ©, Ă  moi) ne comprend pas que des filles conditionnĂ©es, programmĂ©es par quinze ans de scolaritĂ© et d’universitĂ© politiquement correctes ont certainement (sauf les plus abjectes et demeurĂ©es) joui d’ĂȘtre des nazies violentĂ©es et punies ! Tous les agresseurs ont d’ailleurs Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s sur ordre, sous les hourras du monde libre. Encore une dĂ©monstration de racisme policier, encore un reste de rĂ©flexe teutonique


Linh Dinh souligne le dĂ©sastre catalan, qui fait la guerre Ă  l’Espagne tout en se laissant envahir par tous les Tiers-monde : « Je serai Ă  Barcelone le matin. En provenance du train sur la Plaça de Catalunya en 2003, j’ai rencontrĂ© tant de marchands africains et chinois, que je pensais que j’étais bien Ă  Naples ou Ă  Belleville Ă  Paris. »

Cela dĂ©gĂ©nĂšre en combats rĂ©guliers contre la police. Le gouvernement actuel sera remplacĂ© par un gouvernement mondial-gauchiste qui fera entrer par Ceuta et Melilla dix millions de migrants pour se faire pardonner 1492, l’Inquisition, le franquisme


Le thĂ©Ăątre italien : « À Florence, il y a plus de dix ans, je rencontrais souvent des Africains vendant des produits faux fabriquĂ©s par des Chinois, souvent dans Prato Ă  proximitĂ©. Avec une population de 191 104, il compte 45 000 Chinois. »

Linh Dinh incrimine les États-Unis (pauvres États-Unis, comparez le film de Tony Scott Domino Ă  Vertigo de Hitchcock et vous comprendrez que ce pauvre pays est moins la source que le laboratoire de leur modernitĂ© maligne). Il souligne le rĂŽle de la culpabilisation dans cet anĂ©antissement de l’Europe. Certes, mais je crois aussi au rĂŽle collaborateur des EuropĂ©ens, Ă  leur paresse intellectuelle, Ă  leur soumission mĂ©diatique, Ă  leur incurie politique, Ă  leur obĂ©sitĂ© intellectuelle et morale, mĂȘme si je dois me faire insulter par tel mal Ă©levĂ©. La BoĂ©tie l’a dit bien avant 1945 que nous aimions nous soumettre et nous dĂ©mettre. Il n’a pas dit par contre comment amender une ex-civilisation qui prĂ©fĂšre disparaĂźtre sous les huĂ©es et dans les nuĂ©es du nihilisme.

Sources

Lin Dinh – Lewrockwell.com.

Nicolas Bonnal – Comment les peuples sont devenus jetables (Amazon.fr) ; la culture comme arme de destruction massive.

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