par Nicolas Boileau.

« Un ennemi surpris est à demi vaincu » (Sun Tse)

La victoire aisĂ©e de François Fillon, gros sursaut de la France profonde, a surpris la marĂ©chaussĂ©e mĂ©diatique, elle a donc aussi surpris le nĂ©o-FN et ses cadres « comme il faut », qui bien que « comme il faut », n’ont pas su se faire recevoir Ă  Sciences Po. Il faut croire que le fait d’avoir chassĂ© JMLP et ses « dĂ©plorables » dans les conditions que l’on sait n’a pas suffi.

François Fillon est pour le nĂ©o-FN une sĂ©rieuse Ă©pine dans le talon. VoilĂ  quelqu’un qui a su remettre le haineux François CopĂ© Ă  sa place, qui a pris ses distances avec les humanistes islamistes et qui a proposĂ© un plan de bonne entente avec la Russie. Tout cela Ă©videmment coupe l’herbe sous le pied au nĂ©o-FN d’autant que chez François Fillon, on ne sent pas d’hostilitĂ© a priori contre la famille chrĂ©tienne ou cette France un peu routiniĂšre dont le nĂ©o-FN a prĂ©tendu se moquer.

Il ne reste au nĂ©o-FN qu’à diaboliser François Fillon en utilisant prĂ©cisĂ©ment les armes des adversaires. Alain JuppĂ©, en vieille rosiĂšre, le traite dĂ©jĂ  de Röhm, de SS, de diable-vauvert et de tout ce qui passera par la tĂȘte de la LICRA et des islamistes ; le nĂ©o-FN, lui, brandit le dĂ©sastre libĂ©ral et le plan antisocial.

Or ici aussi on commence Ă  nous entourlouper. La famine du Venezuela, la reculade de Cuba, les coupures d’eau boliviennes et les 80 % d’effondrement monĂ©taire argentin montrent que le caudillisme et le souverainisme-Ă©tatisme des tiers-mondistes de droite ont de beaux jours « derriĂšre » eux. Car s’il y a une vĂ©ritĂ© Ă  dĂ©monter ces jours-ci, et elle est d’importance Ă  mon sens, c’est que le mythe nĂ©olibĂ©ral a la vie dure et qu’il doit ĂȘtre dĂ©construit. Nous crevons d’avoir trop d’impĂŽts, trop de rĂšglements, trop de jours ƓuvrĂ©s pour l’État tentaculaire ; nous crevons de socialisme, et c’est ce socialisme humanitaire qui a fait venir tous ces immigrĂ©s. Les libertariens ont aussi raison sur ce point providentiel.

Et ce qu’Hillary Clinton a rĂȘvĂ© de faire avec ses minoritĂ©s raciales, plurielles et assistĂ©es, Marine Le Pen rĂȘve de le faire avec son Français de souche, entitĂ© pourtant non reconnue au nĂ©o-FN, tĂȘtard mal aguerri, Ă©ternel promis aux dĂ©lices de l’État-providence, mais ronchonnant ensuite du « trop d’intervention Ă©tatique ».

Quant Ă  François Fillon, une fois au pouvoir, il pourra trahir. Mais il n’a rien promis. Comme dit Ambrose Bierce : l’optimisme est un dĂ©sordre intellectuel.

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