En ces temps troublĂ©s oĂč la repentance est Ă©rigĂ©e au rang de vertu par les uns, de thĂ©rapie par les autres, il est bon d’en rechercher les origines. Ce que l’on appela longtemps l’Afrique noire française constitue le champ d’investigation le mieux adaptĂ© Ă  cette analyse.

« Les colonies françaises » Illustration de la couverture d'un cahier scolaire par G. Dascher, vers 1900. © J.-L. Charmet.

« Les colonies françaises »
Illustration de la couverture d’un cahier scolaire par G. Dascher, vers 1900. © J.-L. Charmet.

Se chargeant du « fardeau de l’homme blanc » de Kipling, emboĂźtant le pas de Ferry (Jules, pas Luc) pour mieux « faire reculer les antiques puissances de l’ignorance, de la superstition, de la peur, de l’oppression de l’homme par l’homme », le colonisateur a imposĂ© son imperium sur des territoires privĂ©s de toute rĂ©alitĂ© Ă©tatique, taillant sa route au milieu d’ethnies morcelĂ©es, le plus souvent repliĂ©es sur elles-mĂȘmes. Jusqu’alors celles-ci dĂ©fendaient un prĂ© carrĂ©, limitĂ© et quelque peu fluctuant, face aux intrusions de voisins plus belliqueux.

Un contentieux quelconque pouvait aussi dĂ©clencher un conflit trĂšs localisĂ©. Les villages devaient aussi faire face aux entreprises ravageuses de bandes pillardes, sinon s’enfuir Ă  leur approche pour se terrer en des lieux de sĂ»retĂ©. Parfois un chef plus ambitieux se lançait dans des opĂ©rations de conquĂȘte pour crĂ©er un ensemble territorial plus important mais toujours Ă©phĂ©mĂšre, qualifiĂ© de royaume, selon des critĂšres de comparaison audacieux car Ă©minemment europĂ©ens.

Bref, à son arrivée, le colonisateur, devant le vide politique et administratif qui béait devant lui, se crut obligé de le combler suivant bien évidemment un modÚle occidental. Selon des contingences logistiques ou de politique internationale, sans réel souci des réalités ethnographiques, on traça donc des frontiÚres, les plus rectilignes possible, en coupant à travers des ensembles humains et linguistiques.

Et c’est ainsi que la colonisation française se dĂ©veloppa dans des entitĂ©s pour le moins artificielles comme la CĂŽte d’Ivoire, le SĂ©nĂ©gal, le Soudan français, le Gabon, etc.

La dure rĂ©alitĂ© se dĂ©voila dans toute sa complexitĂ© lors d’une dĂ©colonisation Ă  marche forcĂ©e sinon bĂąclĂ©e selon le qualificatif utilisĂ© en privĂ© par le gĂ©nĂ©ral de Gaulle lui-mĂȘme, ou par le prĂ©sident HouphouĂ«t Boigny Ă  qui cette promotion pour le moins inattendue, fut infligĂ©e, au mieux comme une cuillĂ©rĂ©e d’huile de foie de morue, au pire comme un lavement. Il fallait refiler, illico presto, une indĂ©pendance d’état souverain Ă  ces entitĂ©s strictement administratives qui n’en avaient jamais eu. On notera d’ailleurs que les hommes politiques raisonnables qui en Ă©taient issus ne souhaitaient rien d’autre que fĂ»t donnĂ© du temps au temps, pour favoriser Ă  terme une indĂ©pendance viable, digne de ce nom.

Pour la plupart, ces anciennes colonies furent alors livrĂ©es Ă  des coteries ethniques, claniques, ou familiales qui s’employĂšrent gaillardement Ă  s’enrichir au dĂ©triment des populations, en gaspillant les ressources du pays dans des dĂ©penses aussi somptuaires qu’improductives. Elles ne manquĂšrent toutefois pas de prendre la prĂ©caution de faire assurer leur sĂ©curitĂ©, et surtout leurs arriĂšres, par l’ancien colonisateur (Ah, la Françafrique) ou par une rĂ©publique populaire « sƓur » (les GuinĂ©ens ne remercieront jamais assez le bienveillant SĂ©kou TourĂ© pour les bienfaits dont il les a couverts au nom d’un socialisme Ă  l’africaine).

DĂšs lors plus rien ne s’opposait Ă  l’enclenchement de la centrifugeuse infernale qui allait Ă©jecter les populations hors leurs frontiĂšres, vers l’ancien colonisateur de prĂ©fĂ©rence.

Les Ă©lites intellectuelles, les vraies, Ă©cƓurĂ©es par les pratiques de la classe dominante (prĂ©varication, concussion, nĂ©potisme, malversations diverses et variĂ©es
), ne pensĂšrent plus qu’à fuir vers des contrĂ©es plus « civilisĂ©es » (c’est le mot qu’utilisa Ă  Dakar en 2005, un Ă©tudiant sĂ©nĂ©galais qui me confiait son projet de gagner au plus tĂŽt la France ou les USA).

Les autres décolonisés « lambda » auxquels on avait promis une vie meilleure ne tardÚrent pas à faire leur la formule : « Une vie meilleure, oui mais ailleurs ». Au Nord, toute !

Vous connaissez la suite puisque vous la vivez désormais au quotidien.

Et c’est lĂ  que nous devons nous livrer sans retenue Ă  la repentance en disant un acte de contrition collective : « Mon Dieu, nous regrettons amĂšrement notre Ɠuvre de colonisation
 eu Ă©gard Ă  tous les mĂ©faits nĂ©s de la dĂ©colonisation. Amen. »

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