Toutes choses Ă©gales par ailleurs, j’ai toujours prĂ©fĂ©rĂ© Henri Beyle Ă  Stendhal son double. Allez donc savoir pourquoi. Peut-ĂȘtre parce que le premier Ă©tait plus sincĂšre et plus Ă©mouvant que le second, un tantinet prĂ©tentieux, soucieux de paraĂźtre autrement qu’il n’était, et surtout fort prudent dans ses rapports avec les autoritĂ©s du moment. Ne suspendit-il pas la parution de son Lucien Leuwen, abandonnĂ© en l’état, au minable motif de ne pas indisposer le pouvoir en place. Il n’en demeure pas moins un Ă©crivain talentueux mais aussi un observateur au regard pĂ©nĂ©trant.

Portrait de Stendhal par Ducis, 1835, BibliothÚque Sormani, Milan. Portrait mélancolique.

Portrait de Stendhal par Ducis, 1835, BibliothÚque Sormani, Milan. Portrait mélancolique.

C’est ainsi que, dans ce mĂȘme Lucien Leuwen, il fait dire Ă  l’un de ses personnages ce qui effectivement n’aurait pu passer inaperçu dans le microcosme politique de son Ă©poque : « Mon fils, quand vous croiserez un ministre, prenez-le systĂ©matiquement pour un imbĂ©cile, ces gens-lĂ  n’ont pas le temps de penser. »

Notre adepte de l’égotisme, s’il vivait de nos jours pourrait ajouter « ils n’ont pas le temps de se cultiver », lui qui soulignait dĂ©jĂ  de son temps que « la France (Ă©tait) un pays oĂč il (Ă©tait) plus important d’avoir une opinion sur HomĂšre que de l’avoir lu. »

Pareille affirmation serait-elle dĂ©placĂ©e au crĂ©puscule de la Ve RĂ©publique, quand un membre du gouvernement confond l’apĂŽtre Thomas le Didyme et Thomas d’Aquin ou qu’un autre affirme que les veuves vivent plus longtemps que leur conjoint ? Et que dire d’un chef d’État qui, livide, Ă©chevelĂ© au milieu des tempĂȘtes, plante la Guyane en plein milieu d’une mer des sarcasmes plus dĂ©chaĂźnĂ©e que pacifique.

Pierre Dac, catĂ©gorique, affirmait en son temps que « parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler Ă©taient les deux principes majeurs de ceux qui auraient mieux fait de la fermer avant de l’ouvrir ». Certes, mais Stendhal, beaucoup plus sournois, considĂ©rait que « la parole a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  l’homme pour cacher sa pensĂ©e ».

Parole !
 Parole !
 Parole !
 Il n’empĂȘche que le dandy grenoblois considĂ©rait la langue comme « le premier instrument du gĂ©nie d’un peuple », et que « la vraie patrie est celle oĂč l’on rencontre des gens qui vous ressemblent ».

Nos actuels gouvernants auraient-ils l’impudence de le contredire au dĂ©tour d’un pĂšlerinage Ă  Saint-Denis sur le tombeau de nos rois, ou d’une expĂ©rience ethnologique dans le quartier de la Goutte d’Or ?

Sartre, l’intello qui courait aprĂšs le prolo qui l’intimidait sinon l’effrayait, prĂ©tendait ne pas dĂ©sespĂ©rer Billancourt, Nos gouvernements ne maĂźtrisant plus des Ă©vĂ©nements qui les submergent, affectent de les prĂ©cĂ©der. Cocteau l’avait bien compris en affirmant « quand les Ă©vĂ©nements nous dĂ©passent, feignons d’en ĂȘtre les organisateurs ». Subterfuge bien ponctuel car pour Stendhal «à vouloir vivre avec son temps on meurt avec son Ă©poque ».

Notre prĂ©sident guĂ©rira-t-il de ses mains ointes, les Ă©crouelles qui frappent l’ENA. À Jupiter ne plaise. Si la guĂ©rison de cette prestigieuse institution Ă©tait attestĂ©e pourquoi ne pas soumettre Ă  la rĂ©flexion de ses candidats quelques sentences stendhaliennes comme « Dans tous les partis, plus un homme a d’esprit, moins il est de son parti », ou encore : « Le meilleur rĂ©gime politique est la monarchie absolue tempĂ©rĂ©e par l’assassinat. »

En cette pĂ©riode oĂč nos politiciens, coureurs de dot, tentent leur chance auprĂšs d’une Europe pour le moins dĂ©catie, je laisse Ă  mon invitĂ© du jour le soin de conclure : « La chance s’attrape par les cheveux, mais elle est chauve. »

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A propos de l'auteur

Jean-Pierre Brun

NĂ© Ă  Souk Ahras, Jean-Pierre Brun a sillonnĂ© l’AlgĂ©rie. Il a rejoint l’ArmĂ©e SecrĂšte et s’est retrouvĂ© Ă  Paris au sein de l’OAS MĂ©tro Jeunes
 Il est l'auteur de plusieurs livres aux Ă©ditions Dualpha.

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