par L. Fandor.

Pendant que la mairie de Toulouse livre bataille contre les squats sauvages, un hĂŽtel dĂ©saffectĂ© au nord de la ville (75, Rue de la GlaciĂšre) a Ă©tĂ© rĂ©quisitionnĂ© le dimanche 15 octobre par le collectif AutonoMIE afin d’y loger
 des mineurs isolĂ©s Ă©trangers. Pour ne pas dire clandestins. 

C’est face Ă  un vĂ©ritable cercle vicieux que l’on se retrouve dĂ©sormais Ă  Toulouse. DĂšs qu’un squat est Ă©vacuĂ© ou qu’un campement illĂ©gal est dĂ©mantelĂ©, il est immĂ©diatement remplacĂ© par plusieurs autres. Ainsi, le moindre bĂątiment vide ou vacant est pris d’assaut et occupĂ© illĂ©galement
 Tel est le cas de cet ancien hĂŽtel de deux Ă©tages maintenant habitĂ© par prĂšs de 70 personnes ! Sur la page Facebook du collectif, les organisateurs sont ravis : « La nĂ©gociation avec la police a pu se faire sans stress. Tous les voyants sont au vert pour que le lieu se pĂ©rennise
 mais on reste vigilants tant que la procĂ©dure n’est pas officiellement dĂ©clenchĂ©e !« . Sous couvert d’une « grande aventure collective« , comme ils nomment cette occupation illĂ©gale d’une propriĂ©tĂ© privĂ©e, le collectif AutonoMIE se rĂ©jouit donc de l’aide qu’il apporte Ă  ces mineurs Ă©trangers. Une trentaine de chambres sont maintenant nettoyĂ©es, rĂ©habilitĂ©es et mises Ă  disposition de ces jeunes personnes.

Faux mineurs isolés étrangers. Vrais clandestins

« Par cette action, le collectif souhaite, non seulement donner un toit Ă  ces mineurs Ă©trangers, mais surtout porter Ă  l’attention mĂ©diatique la situation de ces jeunes. Alors que le dĂ©partement a pour obligation de prendre en charge et de scolariser les mineurs isolĂ©s quelle que soit leur nationalitĂ©, la Haute-Garonne a mis en place depuis 2016 un systĂšme de discrimination visant Ă  mettre les migrants Ă  l’écart de l’Aide Sociale Ă  l’Enfance » prĂ©cise le collectif AutonoMIE. Sur le papier, leurs revendications pourraient sembler louables si leurs donnĂ©es n’étaient pas -volontairement- tronquĂ©es. Effectivement, dĂšs qu’ils arrivent dans notre dĂ©partement, les mineurs isolĂ©s Ă©trangers sont orientĂ©s vers le Dispositif DĂ©partemental d’Accueil, d’Evaluation et d’Orientation des Mineurs IsolĂ©s (DDAEOMI). Cette structure se doit d’évaluer les personnes Ă©trangĂšres se prĂ©sentant comme mineures et de procĂ©der Ă  un vrai cas par cas quant Ă  leur prise en charge
 Et le nombre de « faux mineurs » ne cesse de s’accroĂźtre.

En rĂ©alitĂ©, les 70 personnes qui squattent, en ce moment l’hĂŽtel dĂ©saffectĂ© de la Rue de la GlaciĂšre n’ont pas Ă©tĂ© reconnus comme mineurs par le dĂ©partement. De plus, il est catĂ©goriquement faux de dire que les personnes qui se voient refuser le statut de « mineur » sont dĂ©laissĂ©es et se retrouvent seules puisque ces derniĂšres sont prises en charge dans des structures habilitĂ©es Ă  l’aide sociale et Ă  l’enfance. Des centres d’accueils existent et ces personnes peuvent y loger dans l’attente d’une dĂ©cision du juge des enfants. Quand on sait que 1 427 000 euros par an sont utilisĂ©s pour le bon fonctionnement du DDAEOMI, les raccourcis que font les membres d’AutonoMIE apparaissent un peu faciles et tĂ©moignent d’une mauvaise foi militante, servant leur idĂ©ologie « sans-frontiĂ©riste ».

Un deux poids, deux mesures souvent favorable aux clandestins

La tolĂ©rance des pouvoirs publics et des policiers envers ce collectif occupant illĂ©galement un bĂątiment privĂ© est Ă  mettre en contraste avec l’initiative menĂ©e par le Bastion Social cet Ă©tĂ© Ă  Lyon. Occupant et rĂ©habilitant un bĂątiment public laissĂ© Ă  l’abandon depuis plusieurs dĂ©cennies, c’est sous le slogan « les nĂŽtres avant les autres », qu’ils ont tentĂ© d’offrir un toit aux français mal-logĂ©s ou en situation de prĂ©caritĂ©. Les mĂ©dias se sont offusquĂ©s, la justice a Ă©tĂ© bien plus expĂ©ditive que lorsque qu’une rĂ©sidence privĂ©e est squattĂ© et le Bastion Social a Ă©tĂ© dĂ©logĂ© aprĂšs seulement 3 semaines. ConsĂ©quence : Denise, retraitĂ©e handicapĂ©e, qui n’a pas menti sur son Ăąge, s’est de nouveau retrouvĂ©e Ă  la rue lorsque les policiers ont procĂ©dĂ© au dĂ©logement. Elle a depuis Ă©tĂ© relogĂ© grĂące aux militants Lyonnais. Du cĂŽtĂ© de Toulouse, aucune procĂ©dure d’expulsion n’a encore Ă©tĂ© enclenchĂ©e contre les squatteurs de l’hĂŽtel, propriĂ©tĂ© de Toulouse-MĂ©tropole depuis quelques mois
 Deux poids, deux mesures.

Article paru sur le site Infos Toulouse.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.