« Les dĂ©sordres sociaux et politiques de ces populations les avaient tellement abruties qu’elles se voyaient sur le point d’ĂȘtre rĂ©duites en esclavage, mais ne s’en effrayaient pas. Les Barbares Ă©taient dĂ©jĂ  presque Ă  leur vue sans qu’elles bougeassent, ni songeassent Ă  se fortifier contre eux. Personne ne voulait pĂ©rir et personne nĂ©anmoins ne cherchait les moyens de ne pas pĂ©rir. Tout Ă©tait dans une inaction, une lĂąchetĂ©, une nĂ©gligence inconcevables. L’on ne songeait qu’à boire, Ă  manger et Ă  dormir. »

Quel peut bien ĂȘtre le marionnettiste qui, par une telle manipulation, cherche Ă  dĂ©stabiliser le corps social europĂ©en pour justifier davantage les impostures populistes qui se multiplient ? Certes le style surannĂ© de l’auteur laisserait Ă  penser qu’il provient de l’enfer de quelque bibliothĂšque nationale d’un État europĂ©en. Encore qu’il puisse s’agir d’un texte totalement apocryphe


Non ! Ne cherchez pas davantage. Il est de Salvien, un prĂȘtre chrĂ©tien romain du Ve siĂšcle.

Est-il souhaitable pour autant de s’en prĂ©valoir en ces temps d’amalgames combien pervers ? Et pourtant, n’est-ce pas Fernand Braudel, un historien incontestĂ© quoique quelque peu oubliĂ©, qui aimait Ă  dire que « le prĂ©sent est fait Ă  90 % du passĂ©. »

Maurice Druon, chantre reconnu de la « RĂ©sistance » n’était-il pas convaincu que « le maintien du souvenir est un devoir envers l’avenir ». Pourquoi alors refuser de puiser Ă  la source d’enseignements intemporels ?

L’obtention Ă  tout prix d’un prĂ©tendu confort intellectuel justifierait-elle l’attitude de nos Tartuffes du troisiĂšme millĂ©naire :

« Cachez cette infection que nous ne saurions voir.

Par de telles images les ùmes sont blessées

Et cela fait venir de coupables pensĂ©es  »

Mais de quelles coupables pensĂ©es s’agit-il ? Je n’ose mĂȘme pas les Ă©voquer.

Gibbon, l’auteur de la monumentale et trĂšs controversĂ©e Histoire du dĂ©clin et de la chute de l’Empire romain, comme ces vieux singes auxquels on n’apprend pas Ă  faire des grimaces, soulignait a contrario ce qui avait contribuĂ© Ă  faire la force de Rome : «  La rĂ©publique avait Ă©galement pour principe le sentiment de l’honneur et celui de la vertu [
] Les citoyens brĂ»laient du dĂ©sir de mĂ©riter les honneurs d’un triomphe, et l’ardeur de la jeunesse romaine se convertissait en une noble Ă©mulation Ă  la vue des portraits de ses ancĂȘtres [
] Lorsque le consul dĂ©ployait l’étendard de la rĂ©publique, chaque citoyen contractait par serment l’obligation de combattre pour sa patrie  »

Je voudrais ĂȘtre une mouche pour me glisser dans une classe d’un lycĂ©e actuel pour entendre commenter ce texte
 On peut rĂȘver, non ? Avant d’entrer dans le vif du sujet, le professeur consciencieux se devrait de traduire en langue vernaculaire des termes inconnus ou mĂ©connus de l’auditoire : « honneur », « vertu », « noble Ă©mulation », « serment », « patrie »  Autant de concepts ignorĂ©s par l’immense majoritĂ© de nos tĂȘtes blondes, brunes ou autres
 Je vous laisse le choix de la couleur.

Il lui faudrait ensuite dĂ©monter le postulat d’un Occident malfaisant par nature dont le seul salut passe par une contrition totale et une repentance intĂ©grale pour son Ɠuvre de dĂ©sintĂ©gration des « civilisations premiĂšres », cachĂ©e bien Ă©videmment sous les oripeaux d’un humanisme hypocrite et d’un progrĂšs ravageur.

TreiziĂšme travail d’Hercule me direz-vous. Oui mais, ce brave HĂ©raklĂšs Ă©tait d’ascendance divine. Alors
 Puisque nous baguenaudons dans l’AntiquitĂ© pourquoi ne pas recourir aux enseignements d’Alexandre le Grand. ConfrontĂ© au fameux nƓud gordien que nul ne pouvait dĂ©lier par sa seule dextĂ©ritĂ©, il avait gagnĂ© du temps en le tranchant.

Qui osera trancher le sac de nƓuds dans lequel l’Europe est enfermĂ©e depuis des dĂ©cennies ?

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