Les pĂ©riodes prĂ©Ă©lectorales Ă©voquent furieusement les tournĂ©es « Âge tendre » au cours desquelles les vieilles idoles se donnent l’illusion de revivre leur jeunesse perdue sous les vivats de septuagĂ©naires nostalgiques.

Sur la scĂšne politique, Il est de notoriĂ©tĂ© publique que, quand l’un de ces « showmen » est applaudi, ses confrĂšres s’imaginent recevoir des claques. D’ailleurs, Adolphe Thiers, expert en ce domaine, faisait un constat frappĂ© au coin du bon sens : « En politique, il ne faut pas trop rĂ©ussir ». Edouard Herriot en praticien confirmĂ©, en remettait une couche : « L’homme politique supporte avec plus de peine les succĂšs de ses amis que les succĂšs de ses adversaires. »

Et dans ces luttes intestines, les protagonistes ne doivent jamais oublier que s’il est inconvenant de frapper une femme mĂȘme avec une rose, en politique on ne doit jamais frapper un compagnon Ă  terre
 on doit l’achever.

La rĂ©cente nĂ©gociation du traitĂ© « Union europĂ©enne-Canada » illustre une fois de plus les difficultĂ©s rencontrĂ©es par nos distinguĂ©s eurocrates pour mener Ă  terme leurs petites affaires. Pour Ă©radiquer la survivance malfaisante de la nation, vĂ©ritable bouillon de culture des eurosceptiques, ils ont poussĂ© Ă  la crĂ©ation de rĂ©gions nouvelles, notamment par le jeu subtil de l’attribution de subventions d’autant plus importantes que ladite rĂ©gion empiĂšte sur les frontiĂšres Ă©tatiques. Et voilĂ  que les Wallons prĂ©tendaient n’en faire qu’à leur tĂȘte pendant que les pays mĂ©diterranĂ©ens comme l’Espagne, l’Italie ou la GrĂšce sont encore obligĂ©s de monter Ă  Bruxelles pour sauvegarder leur place au soleil malgrĂ© tous ces importuns qui leur font de l’ombre. Qui peut dĂšs lors contester la rĂ©alitĂ© du dĂ©rĂšglement climatique ?

S’il est une idĂ©e reçue qui fait rugir ou tordre de rire nos « concitoyens » europĂ©ens, c’est bien le cartĂ©sianisme qui caractĂ©riserait le Français. De fait, je ne suis pas loin de leur emboĂźter le pas. Pourquoi ? Sollicitons simplement le rĂ©vĂ©lateur judiciaire. CartĂ©sien le Français, alors qu’il ne s’étonne mĂȘme pas que son code de procĂ©dure pĂ©nale laisse Ă  un prĂ©venu innocent la possibilitĂ© de plaider coupable. De mĂȘme, oĂč se nichait la logique lorsqu’il Ă©tait permis au juge de libĂ©rer sur parole un prĂ©venu inculpĂ© pour faux tĂ©moignage ? Et Ă©largir pour bonne conduite un chauffard homicide condamnĂ© Ă  sept ans de prison
 CartĂ©sien le Français ! Lui qui raffole des proverbes et autres dictons comme « À l’impossible nul n’est tenu » ou « Impossible n’est pas français. »

Mais, au fait, est-ce ce mĂȘme français cartĂ©sien qui a conduit son maĂźtre-penseur Ă  aller se faire voir en SuĂšde pour mourir Ă  Stockholm ?

Des utopistes, ou plutĂŽt des malveillants, voudraient que, pour bĂ©nĂ©ficier du droit d’asile, un migrant puisse pratiquer le français, une langue bourrĂ©e de subtilitĂ©s. Quelques exemples


À l’AssemblĂ©e Nationale, les entorses au rĂšglement ne nĂ©cessiteront pourtant jamais la consultation d’un kinĂ©sithĂ©rapeute. En matiĂšre d’application des lois, le vice de forme n’impliquera pas davantage le recours Ă  la chirurgie esthĂ©tique ou Ă  une cure d’amaigrissement.

Et dans la vie courante : imaginons un malheureux moldo-valaque portant un collier de suppositoires au motif que le mĂ©decin lui aurait prescrit la suspension du traitement. Non vraiment, le Français est une langue vraiment trop difficile pour ĂȘtre imposĂ©e Ă  quiconque. Le volapuk, cher Ă  MongĂ©nĂ©ral, ou le pidgin suffiraient-ils Ă  leur bonheur ? J’en toucherai un mot Ă  Najat.

Alors que les scientifiques en charge de la courbe de popularitĂ© du prĂ©sident Hollande s’apprĂȘtent Ă  quitter leur aĂ©ronef d’observation pour emprunter le bathyscaphe du professeur Piccard, il est bon de rappeler un principe physico-chimique indispensable Ă  la comprĂ©hension des mĂ©canismes de propulsion centrifuge : les artifices des politiciens en dĂ©route ne devraient fonctionner exclusivement qu’à la poudre d’escampette.

Vous ĂȘtes libre, ces jours-ci ? Oui ? Si nous dĂ©barrassions l’Irak, la Lybie et la Syrie de leurs odieux dictateurs pour donner Ă  leurs peuples asservis le « Flower Power » dans un printemps arabe resplendissant. Let’s go. On juge l’arbre Ă  ses fruits et comme aimait Ă  le prĂ©ciser ce bon Churchill : « Les AmĂ©ricains finissent toujours par trouver la bonne solution aprĂšs avoir essayĂ© toutes les mauvaises ! »

Mais en ces temps difficiles, soyons compatissants et reconnaissons que, faute de mieux, nos dirigeants pratiquent la politique du pire.

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