On est tous plus ou moins mĂ©tissĂ©s, on a tous des copains de toute origine. Le problĂšme n’est pas dans les gens. Il est dans les minoritĂ©s, il est dans la politique, il est dans ce plus vieux mĂ©tier du monde.

Combien ton vote ? Car la minorité est une notion créée par la politique.

92 % des noirs ont votĂ© Clinton ; 92 % des musulmans ont votĂ© pour Hollande en 2012 au deuxiĂšme tour. C’est mĂȘme grĂące Ă  eux qu’il est passĂ©. 75 % des minoritĂ©s (les juifs, les Latinos, les Asiatiques) votent dĂ©mocrate en AmĂ©rique, combien en France votent Ă  gauche ?

Question : pourquoi ces minorités victimes du racisme, de la misÚre sociale, votent comme les barons de Wall Street, les stars hollywoodiennes ou le Qatar ? Oui, pourquoi les minorités jouent le jeu du Soros (le cercueil, en grec ancien) et des multimilliardaires ?

Ici, il faut comprendre que ce n’est pas la Gauche contre la Droite (les musulmans, de gauche ?), ni le « choc des civilisations », mais le systĂšme contre toute sociĂ©tĂ©. Et les oligarques fonctionnent comme les bolcheviques.

Emmanuel Todd a rĂ©cemment Ă©voquĂ© Ă  propos des Ă©lections US un mercenariat Ă©lectoral pour les dĂ©mocrates. Il aurait pu ajouter que la mĂȘme attitude prĂ©vaut en France. Todd hurle aprĂšs les cathos zombie qui font de sales coups aux musulmans, il oublie de rajouter que ces musulmans votent comme un seul homme pour le PS qui tue ou dĂ©place un million de musulmans en Syrie et ailleurs. Le PS se maintient et retournera aux affaires en 2022 en faisant voter ses minoritĂ©s, doit-il pour cela comme Obama/Hillary remplir la France de minoritĂ©s et de rĂ©fugiĂ©s.

Le mercenariat Ă©lectoral veut dire ce qu’il veut dire : on achĂšte les votes avec de prodigieux dĂ©ficits, on entretient une culture juridique paranoĂŻaque (tout le monde vous hait, tout le monde veut vous gazer), aussi bien en France qu’en AmĂ©rique, et on rentabilise cette clientĂšle le jour des Ă©lections – en sachant que le petit blanc complexĂ© hĂ©sitera toujours : le Fillon-Trump est dĂ©crĂ©tĂ© nazi, facho, catho (c’est pire selon Joffrin), homophobe, antisĂ©mite, antisocial, macho, donc comment osez-vous ? Plus trĂšs sĂ»r de lui, le petit blanc hĂ©site, surtout le jeune qui a Ă©tĂ© bien effĂ©minĂ© (lisez La BoĂ©tie) et essorĂ© par son Ă©ducation internationale (et non plus nationale), et cela donne les votes roses en attendant les rĂ©volutions orange. La femme blanche est accusĂ©e chez Trump d’avoir votĂ© rĂ©publicain, elle n’a pas votĂ© pour le parti de la minoritĂ© fĂ©minine victime du fĂ©minicide de nos chers mĂ©diatiques. Et Hillary n’a pu atomiser la terre du machisme russe Ă  cause d’Elle.

Mais vous vous rendez compte oĂč on va terminer ? Comment en est-on arrivĂ©-là ?

L’explication est simple : il y a le systĂšme moderne ou postmoderne, la machine de Cochin ou d’Ostrogorski (gĂ©nial envoyĂ© russe qui dĂ©crivit le dĂ©sastre en AmĂ©rique) qui veut du vote, du quantitatif, et qui veut fonctionner. Il y a de l’autre la sociĂ©tĂ© plus ou moins traditionnelle, plus ou moins conservatrice, et qui doit ĂȘtre diabolisĂ©e et remplacĂ©e. Ostrogorski explique comment on dĂ©traque une grande ville amĂ©ricaine avec le fraĂźchement arrivĂ© allemand ou l’irlandais. L’immigrĂ© manipulĂ© servait Ă  s’emparer d’une ville.

Cochin Ă©crit dans sa magistrale Ă©tude sur les sociĂ©tĂ©s de pensĂ©e : « L’individualisme sape la famille comme les autres Ă©difices sociaux. La citĂ© de rĂȘve ne sera faite que d’atomes humains directement agglomĂ©rĂ©s. Cet individualisme est l’Ɠuvre propre de la RĂ©volution, de l’esprit jacobin, car le reste se serait fait comme ailleurs sans eux. D’eux, cette rage d’« affranchir » que nous voyons sĂ©vir aujourd’hui, et d’affranchir les gens contre leur volonté ; cette rage aussi d’égalitarisme ennemi de toute Ă©lite et cette fiĂšvre de nivellement rĂȘvant pour tous le mĂȘme programme d’instruction, d’éducation et de fonction, tous Ă©tant dĂ©crĂ©tĂ©s Ă©galement capables. »

Cochin d’enfoncer le clou : « C’est l’individualisme rĂ©volutionnaire qui est, on le voit, la premiĂšre condition du bon fonctionnement des rouages de la machine. Destruction de tout organisme politique, corps d’État et corps professionnels, destruction de toute foi, de toute idĂ©e commune, de tout esprit de corps et surtout de l’idĂ©al religieux. »

Comme dit Houellebecq, l’individu doit ĂȘtre nu devant le marchĂ©. Idem pour le corps Ă©lectoral. Pour recrĂ©er l’homme nu, le citoyen dont rĂȘve un dĂ©lirant comme Vincent Peillon dans son opus sur la RĂ©volution, il faut mettre Ă  bas le corps social. C’est le systĂšme : « Tu seras robot, consommateur, citoyen programmĂ©, Ă©lecteur du Valls ou dĂ©mocrate ». Et la minoritĂ© doit servir Ă  dĂ©truire la sociĂ©tĂ© d’avant. On dĂ©truira cette sociĂ©tĂ© en affolant par les tsunamis ou les attentats, comme l’écrit Naomi Klein.

La minoritĂ©, c’est ce qui doit ĂȘtre affranchi ; comme ces marchĂ©s qui doivent ĂȘtre dĂ©rĂ©glementĂ©s. La minoritĂ© dĂ©pendante des assistantes sociales, c’est l’atome idĂ©al, comme la mĂšre cĂ©libataire qui vote anti-macho. Le marchĂ© n’agit pas autrement. Ils sont deux alliĂ©s objectifs, comme on disait dans ma jeunesse ; ils iront jusqu’au bout de leur valse, comme le Joker et sa derniĂšre conquĂȘte.

Les traĂźtres ou les amis sont partout. Surtout pas de racisme ou de dĂ©lire identitaire. Tout le monde est divisĂ©. Nous sommes dans la « mystĂ©rieuse partie d’échecs » (Omar KhayyĂąm, CIII) du prisonnier : les piĂšces n’ont pas de couleur, on les reconnaĂźt Ă  leur mouvement.

Le reste est comme toujours du CĂ©line : « Nous pĂ©rirons tous en chƓur, avec plaisir en somme, dans un monde que nous aurons mis cinquante siĂšcles Ă  barbeler de contraintes et d’angoisses. »

Car lĂ  est le problĂšme : on transforme de l’humanitĂ© en minoritĂ© pour nous manipuler et pour nous dĂ©truire.

Bibliographie

Bonnal – Lettre ouverte à la vieille race blanche

Cochin –La RĂ©volution et la libre pensĂ©e

Klein – La thĂ©rapie de choc

Ostrogorski – Democracy and the organization of political parties

Filmographie

Le prisonnier (Checkmate)

Sturges – The Great McGinty (« Gouverneur malgrĂ© lui », film de 1941)

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