Pour un biologiste, ce qui diffĂ©rencie l’homme du reste du rĂšgne animal, c’est le nĂ©ocortex Ă  six couches superposĂ©es et interconnectĂ©es de neurones qui conditionne ses facultĂ©s d’intelligence, de sens moral et de sens artistique, le tout contribuant Ă  cette transcendance, facultĂ© spĂ©cifiquement humaine, qui permet d’établir une rĂ©flexion Ă©thique, de mĂ©diter sur l’Univers ou sur les relations entre l’homme et son environnement rĂ©el ou supposĂ© – entre autres exemples possibles : spĂ©culer sur l’existence de divinitĂ©(s) ou sur les Droits de l’Homme.

euthanasie

Le libre arbitre n’a rien de spĂ©cifiquement humain. N’importe quel Ă©leveur de chien, de chat ou de cheval, pour prendre des exemples simples, sait que leurs choix varient beaucoup selon l’humeur du moment. Tout au plus peut-on envisager que seul l’humain soit capable – pas toujours, loin de lĂ  – de laisser son sens moral orienter ses choix, alors que le non-humain ne se laisse(rait) guider que par son affectivitĂ©, telles ces femelles qui, ayant perdu un petit, adoptent un orphelin au lieu d’en faire leur repas.

Cette introduction a pour but de dĂ©finir ce que devrait ĂȘtre la logique du comportement face au crĂ©tin congĂ©nital (au sens mĂ©dical du terme) ou Ă  l’individu qui a dĂ©finitivement perdu son activitĂ© cĂ©rĂ©brale par maladie ou par traumatisme. En clair, la bonne question Ă  se poser en matiĂšre d’éthique Ă  propos d’un tel sujet serait celle-ci : est-il un ĂȘtre humain, celui qui n’a pas ou n’a plus de cerveau humain en Ă©tat de fonctionner ?

De la mĂȘme façon, mais dans un autre registre, comment doit-on agir lorsqu’on est confrontĂ© Ă  un malade conscient, en totale invaliditĂ© du fait de la sĂ©nilitĂ© ou d’une maladie incurable, qui est incapable de mettre fin Ă  ses jours ou n’en a pas le courage, alors qu’il exprime sa ferme et constante volontĂ© de mourir au plus vite ?

L’euthanasie revient, en dĂ©finitive, Ă  provoquer la mort de sujets en situation physique ou morale de cul-de-sac douloureux et angoissant, ainsi que des « enveloppes corporelles vides ».

Et le problĂšme, dĂ©jĂ  inutilement et singuliĂšrement compliquĂ© depuis des millĂ©naires par les esthĂštes autoproclamĂ©s en intentions divines, est devenu, depuis les annĂ©es 1980, une grave question d’économie politique, ce qui, Ă  l’ùre globalo-mondialiste, est l’argument unique Ă  considĂ©rer pour nos maĂźtres, mĂȘme si les gens bien Ă©levĂ©s enrobent la chose de sirop d’érable ou la prĂ©sentent comme un morceau de sucre candi Ă  ne sucer qu’en derniĂšre extrĂ©mitĂ©.

Depuis des millĂ©naires, des gens parfaitement inutiles aux hommes raisonnables – et, pour le coup, le terme d’homme devient un gĂ©nĂ©rique qui n’embrasse pas trop la femme – ennuient tout le monde avec des impĂ©ratifs qui auraient Ă©tĂ© dictĂ©s par un personnage divin, interdisant de tuer qui ne menace pas immĂ©diatement la vie d’autrui. Or, il n’est que trop Ă©vident que ces doctes thĂ©ologiens devraient se taire sur la grave question de l’euthanasie, Ă©touffant sous le poids de leur indispensable repentance et de leurs remords.

D’abord, l’existence d’une divinitĂ© crĂ©atrice paraĂźt bien bizarre dans un Univers en perpĂ©tuelle mutation alĂ©atoire. Ensuite, la vie terrestre Ă©tant stricto sensu un enfer, on voit mal comment l’on pourrait attribuer une quelconque bontĂ© Ă  cette divinitĂ© et moins encore sa paternitĂ© Ă©minente des humains. AprĂšs tout, mĂȘme le pĂšre le plus dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© ne fait pas autant souffrir ses enfants que les sieurs Allah, JĂ©hovah-YahvĂ©, Dieu le pĂšre et concurrents, car en matiĂšre de « seul vrai dieu », il y a foule.

Ni la crĂ©ation ni la rĂ©demption ne paraissent admirables, sauf Ă  ressasser les antiques billevesĂ©es sur l’impĂ©nĂ©trabilitĂ© des voies d’une divine providence, qui paraĂźt de plus en plus improbable Ă  mesure que l’on s’enfonce dans les complexitĂ©s de la physique des particules et de la biologie.

Les thĂ©ologiens n’ont Ă  l’évidence aucune voix au chapitre, l’histoire humaine dĂ©montrant que le soi-disant chef-d’Ɠuvre de la crĂ©ation ne s’amĂ©liore guĂšre, en dĂ©pit de millĂ©naires de prĂȘchi-prĂȘcha et de quelques essais de rĂ©demption officiellement estampillĂ©e surnaturelle.

Le problĂšme de l’euthanasie – soit, celui de la mort compassionnelle – devrait donc se rĂ©sumer Ă  une rĂ©flexion humaniste, d’ordre Ă©thique. Le malade conscient, en fin de vie, Ă©clairĂ© sur son cas par un mĂ©decin fiable, devrait ĂȘtre seul habilitĂ© Ă  dĂ©cider de l’opportunitĂ© de sa mort, aprĂšs un dĂ©lai de rĂ©flexion-confirmation de quelques semaines ou de quelques mois ; l’expĂ©rience mĂ©dicale intervenant pour en dĂ©montrer la nĂ©cessitĂ©. Ni politicard ni prĂȘtre n’ont le droit d’interfĂ©rer avec cette dĂ©cision souveraine. Il en va de mĂȘme pour l’ĂȘtre nĂ© ou devenu idiot, la dĂ©cision appartenant aux pĂšre et mĂšre du sujet mineur, Ă  son conjoint ou Ă  ses enfants, s’il est un dĂ©ment majeur.

Mais tout ceci n’est que raisonner, en toute bonne foi, sur la comĂšte. Car l’on oublie l’omnipotence du clergĂ© de la nouvelle divinité : Mammon (ou quel que soit le nom dont on voudra l’affubler), soit le dieu-Économie, accouplĂ© Ă  sa parĂšdre la Finance – l’argent qui circule pour alimenter, en fin de circuit, les superprofits des maĂźtres de la nouvelle Ăšre.

DĂ©biles mentaux intĂ©graux et dĂ©ments, cancĂ©reux au stade terminal, dĂ©crĂ©pits et invalides absolus reprĂ©sentent un fabuleux marchĂ©, en accroissement constant Ă©tant donnĂ© le vieillissement de la population et la pollution dĂ©mographique d’une planĂšte oĂč les moins douĂ©s (c’est un dĂ©licat euphĂ©misme) se reproduisent le plus.

Ces ĂȘtres qui n’en peuvent plus de souffrir physiquement et moralement, ces zombies dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©s, ces individus qui n’ont d’humaine que l’apparence morphologique, sont une source d’emplois et une occasion de dĂ©penses communautaires. Qu’ils soient dĂ©pourvus de joie de vivre ou de spĂ©cificitĂ© humaine importe peu Ă  l’économiste et au financier, donc Ă  leurs larbins du demi-monde de la politique, des mĂ©dias et de l’administration. Ces ĂȘtres, qui ne veulent plus vivre ou sont inconscients de ce qu’est une vie d’humain, sont condamnĂ©s Ă  traĂźner un peu plus une existence misĂ©rable ou dĂ©pourvue de sens, parce qu’ils sont de petits rouages Ă©conomiques.

Mammon a remplacĂ© les autres divinitĂ©s, sans apporter davantage de grandeur, de noblesse ni mĂȘme d’agrĂ©ment Ă  l’humanitĂ© souffrante. Une fois encore, l’éthique est sacrifiĂ©e Ă  la toute-puissance des grands prĂȘtres. Et cela ne plaide guĂšre en faveur de l’esprit humain.

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A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spĂ©cialisĂ© en MĂ©de­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naĂŻf et vrai machiavel ; La tĂ©nĂ©breuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie mĂ©dicale et politique ; Dictionnaire de la RĂ©volution française,
) et d'essais (RĂ©flexions sur le Pouvoir. De Nietzsche Ă  la Mondialisation ; Le XXIe siĂšcle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,
). Il a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York en mai 1980.

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