Donald Trump – Ă  qui je consacre une Ă©tude(1) – a relancĂ© la question de l’immigration. Il a dĂ» reconnaĂźtre toutefois que lui aussi est petit-fils d’immigrĂ©, que tous les AmĂ©ricains sont des immigrĂ©s, qu’il sera difficile de dĂ©cider qui ou qui n’est pas un bon immigrĂ© (voir son interview par Woodward).

Or, nous avons trois idĂ©es fausses concernant l’AmĂ©rique


La premiĂšre est qu’elle est une terre d’immigration. Or c’est faux du point de vue « vieil amĂ©ricain » : « on » lui a imposĂ© ce destin.

La deuxiĂšme est que c’est un « nouveau monde » Ă  l’usage des EuropĂ©ens.

La troisiĂšme, enfin, est que l’AmĂ©rique servirait de refuge Ă  tous les misĂ©reux et pourchassĂ©s du monde. Cette proposition est aussi fausse que les prĂ©cĂ©dentes.

Le point de vue des « Américains de souche », comme on dirait maintenant, et de leurs penseurs était tout différent au début du siÚcle dernier.

Sur ces sujets passionnants et censurĂ©s par la sottise ambiante, je conseille les lectures suivantes : Madison Grant et sa race qui passe ; Lothrop Stoddard et sa marĂ©e montante des races de couleur ; enfin Kenneth Roberts et sa critique de l’Europe qui veut quitter son foyer.

Leurs trois livres ont Ă©tĂ© publiĂ©s autour des annĂ©es 20, aprĂšs le dĂ©sastre de la Ire Guerre mondiale et la RĂ©volution russe : ils sont alors populaires en AmĂ©rique et inspirent les politiciens et juristes qui, autour du prĂ©sident Harding, ont imposĂ© un « immigration Act » mettant fin Ă  l’immigration massive venue d’Europe du sud et de l’est. Adolf Hitler, alors en prison aprĂšs l’échec de son putsch Ă  Munich, fĂ©licite dans un passage rarement citĂ© de Mein Kampf (on est quand mĂȘme en 1924) les AmĂ©ricains d’avoir un État raciste.

Madison Grant dĂ©peint un New York affolant et perdu dans le flot migratoire et la mongrelization, les « racial nondescripts », « l’affreux mĂ©tissage » qui dĂ©coule de la venue des Slaves, Juifs, Italiens, Polonais, Balkaniques, Grecs etc. Ses accents apocalyptiques rappellent bien sĂ»r CĂ©line, Francis Scott Fitzgerad (qui cite Grant et Stoddard dans le mal lu Gatsby) et une nouvelle de Lovecraft, autre raciste militant, nommĂ©e La Rue.

Le sociologue Edward Allsworth Ross se met de la partie pour condamner toute immigration europĂ©enne et ne lui voir que des inconvĂ©nients ethniques, culturels, sociaux et mĂȘme moraux. Et de tonner contre les Italiens et les gangs violents, les Irlandais et la combine politique, les Juifs et les arnaques, les Slaves et la fainĂ©antise


Comme on le voit, le combat contre l’immigrĂ© est vieux comme le siĂšcle, et il se verra toujours reprocher le mĂȘme comportement, quelle que soit sa race ou sa religion ! Les lieux communs ont la vie dure.

Ma conclusion ? Elle est simple. Lorsque les partisans de l’immigration accusent les nationalistes et les xĂ©nophobes europĂ©ens de penser comme Hitler et les racistes (ici amĂ©ricains), ils ont raison – et ils le savent.

On fera donc rentrer tout le monde.

(1) Donald Trump, le candidat du chaos de Nicolas Bonnal, 202 pages, 25 euros, Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire », dirigĂ©e par Philippe Randa. Pour commander le livre, cliquez ici.

A propos de l'auteur

Nicolas Bonnal

Essayiste et chroniqueur politique, Nicolas Bonnal est l’auteur d’une quinzaine de livres sur la politique, l’identitĂ©, l’initiation et le cinĂ©ma
 Derniers livres parus aux Éditions Dualpha : Le paganisme au cinĂ©ma ; La chevalerie hyperborĂ©enne ; le Graal et Donald Trump, le candidat du chaos. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s en Espagne.

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