Depuis de nombreuses semaines, la marine italienne sauve chaque jour des centaines voire des milliers de migrants arrivant de Libye sur des embarcations de fortune. Compte tenu des conditions d’accueil dans la Botte, point besoin n’était d’être grand clerc pour comprendre que ces personnes n’auraient aucune envie d’y rester et chercheraient leur bonheur au nord, soit dans notre belle Suisse si bienveillante.

Le temps de remonter des côtes de Méditerranée, les voici en vue de notre pays. On apprend ainsi qu’au cours de la première semaine de juillet, 1 321 personnes sont entrées illégalement en Suisse par le Tessin, la moitié d’entre elles, 665 précisément arrivant d’Érythrée. Pour leur plus grand malheur, ces migrants ont été arrêtés par les gardes-frontières et pour l’essentiel, 966 cas, reconduits en Italie. Jusque-là, on aurait tendance à se dire que nos frontières sont bien gardées mais le diable se cache dans les détails comme on le lit ensuite : « Selon les gardes-frontières, toutes les personnes qui entrent illégalement en Suisse ne sont pas considérées comme des réfugiés au sens de la convention relative au statut de réfugié. Ceux qui demandent l’asile en Suisse sont renvoyés vers les centres d’accueil de la Confédération. »

On ne peut donc que constater que si les personnes concernées n’ont pas pu forcer notre porte, c’est simplement parce qu’elles étaient mal informées et n’ont pas prononcé le mot sésame « asile ». Fort heureusement, à leur prochaine venue, les intéressés auront reçu toutes les indications nécessaires et ne manqueront pas d’être pris en charge à nos frais pour une très longue durée voire leur vie durant compte tenu de leur faible intérêt pour le travail.

Au vu de la situation, on ne peut que se remémorer les propos tenus par les pontes socialistes lors de leur conférence de presse du 13 juin dernier. Ouverture des frontières et renforcement de l’intégration sur le marché du travail constituent les axes principaux de la démarche. Comme d’habitude, la Conseillère nationale vaudoise Cesla Amarelle a tenu les propos les plus intéressants : « Tout le monde a un intérêt prépondérant à ce que chaque personne, qui restera en Suisse à long terme, soit bien intégrée, aussi vite que possible. »

Chaque personne qui restera en Suisse à long terme. Ces mots sonnent comme un aveu après la votation du 5 juin sur la révision de la Loi sur l’Asile* (acceptée) qui voulait des procédures plus rapides et plus justes. C’est donc bien une vague migratoire sans précédent que cette révision préparait et non ce qui a été vendu à la population suisse. Toujours lors de la conférence de presse, le Conseiller national argovien Cédric Wermuth apporta la touche d’humour en précisant qu’il fallait s’éloigner d’une logique de sanctions et de durcissements au profit d’une logique d’intégration et d’accueil en focalisant sur les 95 % de migrants qui peuvent et veulent s’intégrer. Diantre ! Autant que ça ? Les statistiques auraient plutôt tendance à donner tort au bouillant politicien au vu du taux de requérants vivant à nos crochets, mais peu importe, c’est l’illusion qui compte.

Face à ces élucubrations, les personnes clairvoyantes feront donc leur le propos d’Alexandre Dumas fils : « Une illusion de moins, c’est une vérité en plus ». La vérité, c’est que malheureusement, après 10 ans, seul un quart des personnes admises provisoirement travaille, ce qui laisse les trois autres quarts à la charge du contribuable. Bien évidemment, pour le PS, c’est notre faute puisque nous ne faisons pas suffisamment pour intégrer ces personnes sur le marché du travail. Les autres avant les nôtres, encore et toujours.

Cela dit, les camarades auraient tort de se gêner, avec la complicité de la plupart des autres partis, ils sont parvenus à faire avaler la révision voulue par la Conseillère fédérale socialiste Simonetta Sommaruga. Le signal est désormais clair, entrez, braves gens, et faites comme chez vous !

Il sera bien vite trop tard pour reprendre à notre compte les mots de Jules Renard : « Vous êtes ici chez vous, mais n’oubliez pas que j’y suis chez moi ». Précisément, nous sommes de moins en moins chez nous.

Article paru sur lesobservateurs.ch.

*Voir ICI l’éditorial de Roger Köppel sur le sujet (25.04.16).

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