lesautres

AprĂšs avoir vendu la thĂšse selon laquelle les colons ne souhaitaient guĂšre dĂ©poser une demande d’asile en Suisse, le SecrĂ©tariat d’État aux Migrations travaille sur le concept « Halle » qui vise Ă  obtenir la mise Ă  disposition par l’armĂ©e de 5 Ă  10 halles susceptibles d’accueillir les futurs arrivĂ©s. Bien entendu, on prĂ©cise que la chose n’interviendrait qu’en cas d’extrĂȘme urgence, soit plus de 30 000 entrĂ©s irrĂ©guliĂšres sur le territoire en quelques jours. Étonnant cas de figure pour des gens que la Suisse n’intĂ©resse manifestement pas selon le secrĂ©tariat en question.

En fait, les choses sont relativement simples. AprĂšs avoir choisi de doubler Angela Merkel sur sa gauche en allant rĂ©cupĂ©rer les migrants dans les eaux territoriales libyennes, le prĂ©sident du conseil italien Matteo Renzi commence Ă  ĂȘtre un peu dĂ©passĂ© par les Ă©vĂ©nements. Il est vrai qu’Ă  la cadence de 5 000 cas par jour, on le serait Ă  moins. Imitant sa consƓur teutonne, l’homme compte sur l’Union europĂ©enne pour absorber sa gĂ©nĂ©rositĂ© et demande lui aussi une rĂ©partition sur l’ensemble du territoire europĂ©en. HĂ©las, l’Italie n’est pas l’Allemagne et personne ne veut lui rendre ce service, sauf la Suisse bien sĂ»r.

Au cours de l’Ă©tĂ©, nombre de migrants ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s dans leur course vers le nord par notre frontiĂšre qui leur vaudrait d’ĂȘtre enregistrĂ©s en Suisse s’ils la franchissaient. Petit-Ă -petit, c’est une dĂ©clinaison transalpine de la Jungle de Calais qui a vu le jour Ă  CĂŽme. La chose a permis Ă  une Ă©lue socialiste tessinoise de transgresser la loi en faisant passer des requĂ©rants clandestinement, chose saluĂ©e par les caciques de son parti qui louent son courage de mettre ses convictions en avant mĂȘme si la chose devait lui valoir quelque dĂ©sagrĂ©ment.

DerniĂšrement, c’est le Conseiller fĂ©dĂ©ral Didier Burkhalter qui est allĂ© se pencher sur le problĂšme, prĂ©cisant que les accords de Dublin prĂ©voient une marge d’apprĂ©ciation humanitaire. QuestionnĂ© Ă  ce sujet par la ConseillĂšre nationale CĂ©line Amaudruz, le gouvernement a fait savoir que « le rĂšglement Dublin prĂ©voit que tout État Dublin peut dĂ©roger aux critĂšres de responsabilitĂ©, notamment pour des motifs humanitaires et dans des cas de rigueur. Il peut alors dĂ©cider d’examiner une demande de protection internationale introduite sur son territoire, mĂȘme si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critĂšres de responsabilitĂ©. ConformĂ©ment Ă  sa pratique, la Suisse n’applique cette dĂ©rogation que lors de circonstances exceptionnelles. »

ExtrĂȘme urgence, circonstances exceptionnelles, disent-ils. En fait, le coup est bien montĂ©. FidĂšle Ă  sa politique collaborationniste avec l’UE, la majoritĂ© du Conseil fĂ©dĂ©ral prĂ©pare l’arrivĂ©e des invitĂ©s de Renzi chez nous. Naturellement, la venue de l’hiver provoquera extrĂȘme urgence et circonstances exceptionnelles nĂ©cessaires Ă  justifier la dĂ©rogation aux accords de Dublin. Les cantons ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  prospecter en vue de dĂ©nicher les endroits susceptibles de digĂ©rer la vague qui s’annonce. L’opĂ©ration suscite ici ou lĂ  quelques rĂ©ticences pour le moins Ă©tonnantes, les collectivitĂ©s publiques concernĂ©es ayant pour la plupart acceptĂ© la nouvelle loi sur l’asile qui prĂ©voit d’imposer les colons sans l’accord de la population.

Une fois enregistrĂ©s, les requĂ©rants nous seront systĂ©matiquement retournĂ©s par leur pays de destination comme objet de notre compĂ©tence. Avec un taux d’Ă©vaporation de l’ordre de 60 % dans les centres d’accueil de la ConfĂ©dĂ©ration, cela fait beaucoup de monde. Dans la pratique, cela reviendra Ă  adapter lĂ©gĂšrement les Accords de Dublin, du style : « La Suisse est compĂ©tente pour traiter toutes les demandes d’asile dont les autres pays ne veulent pas. »

Celles et ceux qui ont prĂȘtĂ© allĂ©geance Ă  Bruxelles plutĂŽt qu’Ă  leur propre pays en seront ravis. Les patriotes un peu moins, qui devront ouvrir leur porte-monnaie pour financer la gĂ©nĂ©rositĂ© gauchiste. Les autres avant les nĂŽtres, encore et toujours. Cette situation me rappelle les mots de Laval durant la guerre : « Nous n’avons pas d’autre chemin Ă  suivre que celui d’une collaboration loyale avec l’Allemagne et l’Italie ». Un peu comme nous en matiĂšre d’asile donc !

Article paru Ă©galement sur lesobservateurs.ch.

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