Vous ĂȘtes en Belgique francophone le prĂ©sident du Parti Populaire. Pourquoi avez-vous fondĂ© ce parti, qui dispose dĂ©sormais d’un dĂ©putĂ© national, et quelle est sa tendance politique ? Quels sont ses alliĂ©s au niveau europĂ©en ?

J’ai fondĂ© ce parti parce que je ne supportais plus le politiquement correct et que les politiques menĂ©es nous conduisent droit dans le mur. Le chĂŽmage wallon est catastrophique, avec un taux rĂ©el de 25 % ; le PIB wallon par habitant est de 86 % de la moyenne europĂ©enne alors que la Flandre est Ă  120 % ; l’immigration mĂšne Ă  un vĂ©ritable remplacement de population aggravĂ© par la montĂ©e de l’islam radical et du terrorisme ; l’enseignement francophone est bon dernier pour les tests Pisa internationaux ; la justice belge est un naufrage et la sĂ©curitĂ© publique n’est plus assurĂ©e. En outre, notre pays a multipliĂ© les niveaux de pouvoirs, ce qui le rend difficilement gouvernable. Le Parti Populaire est souverainiste et conservateur sur les valeurs. Nous sommes formellement alliĂ©s au UKIP britannique, aux DĂ©mocrates SuĂ©dois, Ă  Debout La France, mais nous nous sentons proches de tous les mouvements patriotes europĂ©ens et amĂ©ricains (Trump, Poutine, Orban,
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Vous revenez de Stockholm en SuĂšde oĂč s’est dĂ©roulĂ© ce 4 novembre 2016 un rassemblement patriotique. Pouvez-vous nous en dire plus. Qui y a pris part ?

Nos alliĂ©s au sein de l’ADDE (Alliance pour la dĂ©mocratie directe en Europe) y ont pris part avec nous, ainsi que des reprĂ©sentants du Heritage Foundation et de l’International Leader Summit, proches de Donald Trump. La dĂ©claration de Stockholm contient notre ADN commun : souverainetĂ© et rĂ©tablissement des frontiĂšres, dĂ©fense de nos valeurs et traditions, limitation des impĂŽts et dĂ©penses publiques, lutte implacable contre l’islam radical. Nous avons Ă©galement remis le prix de la libertĂ© d’expression Ă  un grand Monsieur : l’ancien prĂ©sident tchĂšque Vaclav Klaus, l’un des premiers eurosceptiques. Et militant anticommuniste. Un grand moment d’émotion pour nous tous. « Le politiquement correct affaiblit nos dĂ©fenses immunitaires en tant que sociĂ©tĂ© et l’Union europĂ©enne, tellement antidĂ©mocratique, est une nouvelle URSS, version soft », telles sont ses conclusions.

Le Parti Populaire organise un congrÚs le 27 novembre 2016, en Belgique prÚs de la frontiÚre française, en présence du député français Nicolas Dupont-Aignan. Pourquoi avez-vous invité le dirigeant de Debout la France ?

Parce qu’il est notre alliĂ© au sein de l’ADDE, qu’il mĂ©rite notre soutien et notre respect et que nous partageons un mĂȘme combat.

Au Parlement europĂ©en, les dĂ©putĂ©s de partis patriotiques et nationalistes siĂšgent au sein de diffĂ©rents groupes. Dans le futur, la formation d’un groupe rĂ©unissant la plupart de ces Ă©lus peut-elle ĂȘtre envisagĂ©e ?

Cela a du sens, car ensemble nous serions alors la troisiĂšme force politique du Parlement. Nous partageons nombre de valeurs communes avec ces partis dans les deux groupes. Donc Ă  terme, pourquoi pas. Ensemble, nos Ă©lecteurs reprĂ©sentent environ 30 % de l’électorat europĂ©en ! Dans le futur, les Ă©lections europĂ©ennes seront sans doute menĂ©es sous un seul sigle europĂ©en.

Lorsque le Parti Populaire s’est prĂ©sentĂ© aux Ă©lections, a-t-il Ă©tĂ© victime de discriminations, attaques du systĂšme ou persĂ©cutions ?

Nous sommes un parti dĂ©mocratique reprĂ©sentĂ© au parlement. Nous sommes boycottĂ©s par les mĂ©dias tĂ©lĂ©visĂ©s et gĂ©nĂ©ralement la presse Ă©crite. Les communistes du PTB (Parti du travail de Belgique) ont fait le mĂȘme rĂ©sultat aux Ă©lections que nous. Leur temps d’antenne est 20 fois supĂ©rieur. Ils sont nĂ©ostaliniens et nos mĂ©dias subsidiĂ©s les adulent. Nous ne pouvons quant Ă  nous que compter sur les rĂ©seaux sociaux et notre propre mĂ©dia : Le Peuple. Ceci dit, Le Peuple est un grand succĂšs et c’est l’avenir, comme la relation Trump/Breitbart l’a montrĂ©. Le systĂšme Ă©lectoral belge est quant Ă  lui sclĂ©rosĂ© avec des circonscriptions oĂč le seuil Ă©lectoral est de 5 % et en pratique souvent plus Ă©levĂ©. Les fraudes sont en outre massives lors des Ă©lections. Le systĂšme s’auto-reproduit au dĂ©triment des citoyens et de la bonne gouvernance du pays.

Votre pĂšre Ă©tait une importante personnalitĂ© socialiste au sein du bastion « rouge » de Charleroi. Pourquoi n’avez-vous pas suivi sa trajectoire politique ?

Mon pĂšre Ă©tait un grand Monsieur, rĂ©sistant arrĂȘtĂ© par la Gestapo Ă  16 ans. Le socialisme jusque dans les annĂ©es 1960-1970 Ă©tait un socialisme de responsabilitĂ© et d’émancipation des travailleurs. Mon pĂšre Ă©tait un gestionnaire scrupuleux et un militant dĂ©vouĂ©, intĂšgre et responsable. Depuis lors, le PS (Parti socialiste) est devenu un parti de parvenus, pratiquant le clientĂ©lisme, le nĂ©potisme et la corruption Ă  grande Ă©chelle et dont les Ă©lus n’ont qu’un objectif : se maintenir au pouvoir Ă  tout prix. Ils ont ruinĂ© la Wallonie. Ils doivent ĂȘtre chassĂ©s du pouvoir. C’est la condition du renouveau.

Vue de France, la Belgique semble ĂȘtre coupĂ©e en deux : une Flandre prospĂšre et une Wallonie Ă©conomiquement en retard. Comment expliquez-vous cette situation ?

D’un cĂŽtĂ© une mentalitĂ© d’entrepreneurs, issue de familles agricoles. De l’autre, une mentalitĂ© de lutte des classes archaĂŻque, instrumentalisĂ©e par le PS et les syndicats pour se maintenir au pouvoir et totalement inadaptĂ©e au XXIe siĂšcle. La Wallonie et son systĂšme corrompu ne survivent que grĂące aux transferts financiers venant de Flandre. Mais ceux-ci vont disparaĂźtre en raison de nouvelles lois de financement des RĂ©gions largement autonomes. « Le socialisme se termine quand l’argent des autres vient Ă  manquer », disait Churchill. Le systĂšme ne peut que s’écrouler, Ă  terme. La misĂšre et l’effondrement nous guettent et les dirigeants actuels ne font rien pour changer structurellement les choses. Le Parti Populaire est le seul espoir pour la Wallonie.

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