Plus personne ne va Ă  Rome. Le pape aimĂ© des mĂ©dias est aussi dĂ©testĂ© par la base Ă©lectorale qu’Hillary Clinton, et ce n’est pas peu dire. MĂȘme les chats bottĂ©s du journal La Croix le reconnaissent : « La chute est aussi spectaculaire qu’étonnante. D’aprĂšs les estimations du Vatican publiĂ©es Ă  chaque fin d’annĂ©e, le cumul des audiences hebdomadaires et spĂ©ciales, des cĂ©lĂ©brations liturgiques et des angĂ©lus dominicaux du pape a diminuĂ© en 2015 Ă  3,2 millions de participants contre 5,9 millions durant l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente » (SĂ©bastien Maillard, 2 fĂ©vrier 2016).

Alors poursuivons notre microcroisade anti-papiste. Pourquoi s’en prendre Ă  l’islam quand on a un catholicisme pareil ? Le pape souhaite notre enterrement comme Goldman Sachs et Sutherland sur la question migratoire. Je suis passĂ© par l’Italie, et j’en ai vu partout, des rĂ©fugiĂ©s, des crĂšve-misĂšre, des paramilitaires mĂȘme, des gras migrants qui font penser aux rats (aux Topi) du conte de Buzzati. À la fin, ces rats qui ont progressivement envahi un grenier contrĂŽlent toute la maison et rĂ©duisent la famille en esclavage. À la bonne mode catho, la famille sourit tristement au narrateur demeurĂ© libre. Car on a le derriĂšre large.

Ceux qui pleurent l’Italie de Buzzati et de Dino Risi peuvent lire le quotidien Il Giornale, proche des positions favorables Ă  la Russie (dĂ©couvrez l’excellent Piero Ostellino). Les autres se rabattront sur la traduction de dame BĂ©atrice sur son site Benoit-et-moi-2016, du texte d’Antonio Socci, preux harceleur de ce pape odieux. Voici ce qu’il en dit de ce revirement sournois :

« ‹ Quelle tristesse qu’un pape qui, pendant trois ans, au lieu d’ĂȘtre un sage pasteur se comporte en tribun extrĂ©miste de comitĂ© politique, traitant superficiellement et avec des doses massives de dĂ©magogie un sujet aussi dĂ©licat et dramatique ;

  • quelle tristesse qu’un pape qui ensuite change soudainement ses positions en fonction des sondages, pour rĂ©cupĂ©rer le consensus ;
  • qui sait si cela va durer ou si demain il reviendra aux tons habituels, Ă©tant lui-mĂȘme habituĂ© Ă  dire tout et son contraire.
  • quelle tristesse qu’un pape qui au lieu de « chercher les choses de lĂ -haut » et d’annoncer le Christ (unique espĂ©rance et unique salut de l’homme), s’occupe toujours et seulement des choses de ce monde comme un homme politique quelconque (et surtout sans mĂȘme ce minimum de prĂ©paration et de professionnalisme qu’exigeraient certains problĂšmes complexes). »

François se reniera comme Pierre dans trois mois !

J’en reviens Ă  LĂ©on Bloy : « Et ce cortĂšge est contemplĂ© par un peuple immense, mais si prodigieusement imbĂ©cile qu’on peut lui casser les dents Ă  coups de maillet et l’émasculer avec des tenailles de forgeur de fer, avant qu’il s’aperçoive seulement qu’il a des maĂźtres, les Ă©pouvantables maĂźtres qu’il tolĂšre et qu’il s’est choisis. »

Comme dit Alain JuppĂ©, candidat naturel de la droite catho : « Moi je vais Ă  la messe car c’est le seul endroit oĂč l’on ne m’emmerde pas ! »

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