« Quel grand artiste pĂ©rit avec moi » : le 9 juin 68, c’est par ces mots que l’empereur NĂ©ron regrettait son nĂ©cessaire suicide afin d’Ă©chapper au chĂątiment que le SĂ©nat lui avait promis. DĂ©bauchĂ©, cruel, paranoĂŻaque, l’homme s’Ă©tait peu Ă  peu attirĂ© la haine du peuple par ses crimes et sa façon de trainer son titre dans la boue en jouant au troubadour. AprĂšs avoir bien profitĂ© du trĂŽne sur lequel il s’Ă©tait assis par le poison, NĂ©ron trouvait enfin son juste chĂątiment, ouvrant par sa mort une pĂ©riode tourmentĂ©e, l’annĂ©e 69 ayant vu se succĂ©der quatre empereurs.

Aujourd’hui, c’est François Hollande qui reprend la posture du tyran, dĂ©montrant une fois de plus ce qu’il est vraiment dans ce que d’aucuns voient comme un exercice de transparence Ă  la suĂ©doise. Cette vision optimiste des choses doit hĂ©las Ă  l’indulgence de quelques bouffons qui constatent que celui dont ils lĂšchent la main devient gentiment indĂ©fendable. Psychopathe, obnubilĂ© par sa personne dont il souligne Ă  l’envi le caractĂšre exceptionnel, l’homme s’est livrĂ© Ă  deux journalistes tout au long du quinquennat, dĂ©sireux de les Ă©blouir par son extraordinaire personnalitĂ©. Ce n’est pas la premiĂšre fois que le triste personnage fait Ă©talage des prĂ©bendes qu’il pense devoir Ă  l’intelligence qu’il se prĂȘte. Il y a de cela quelques dĂ©cennies, le haut fonctionnaire François Hollande expliquait aux camĂ©ras que son statut lui permettait de bien vivre sans forcĂ©ment travailler, faisant de lui un privilĂ©giĂ©. Orgueilleux, dĂ©jĂ .

Parvenu Ă  la magistrature suprĂȘme, le prĂ©sident poursuit sur son arrogante lancĂ©e en se livrant tout entier aux hommes de plume ravis de l’aubaine. Tout le monde y passe. Gardien des institutions, François Hollande s’en prend Ă  la magistrature, traitant juges et procureurs de planquĂ©s jouant les vertueux, hostiles au monde politique. On les comprend compte tenu des interventions rĂ©guliĂšres du monde politique dans le cours de la justice, histoire de dissimuler les affaires qui Ă©gaient rĂ©guliĂšrement l’actualitĂ©. La progĂ©niture des ministres Fabius, Touraine et Taubira peut en tĂ©moigner.

Plus grave encore, le personnage, au bord de l’orgasme, explique tout le caractĂšre jouissif du pouvoir. En effet, du haut de son trĂŽne, il commande au monde de la finance. Peut-ĂȘtre pour assurer une juste rĂ©partition des richesses ? Non, juste pour son bon plaisir, pour combler son inextinguible soif de grandeur. Il est vrai qu’il est le grand prĂ©sident d’un grand pays, sans doute le premier pays europĂ©en, dit-il.

S’agissant de la France profonde, celle qui souffre sous sa fĂ©rule, celle qui subit la violence, le communautarisme, les attentats, l’insĂ©curitĂ©, les taxes et impĂŽts en tous genres, cette France-lĂ , il en Ă©voque les citoyens en parlant des sans-dents. Bien entendu, il serait faux de voir dans cette expression un quelconque mĂ©pris pour ce peuple qui lui paie un coiffeur à  10 000 euros par mois. En fait, ce prĂ©sident misĂ©ricordieux dit avoir Ă©tĂ© frappĂ© par le fait que les gens peu Ă  l’aise financiĂšrement renoncent en premier aux soins dentaires, d’oĂč une dentition clairsemĂ©e. HĂ©las, non content d’ĂȘtre profondĂ©ment mĂ©prisant, ce malotru est capable d’une rare muflerie comme son ex-compagne en a fait l’expĂ©rience. Le prĂ©sident a nĂ©anmoins Ă©tĂ© quelque peu nĂ©gligeant en oubliant le prĂ©cepte de la romanciĂšre russe Alexandra Marinina selon qui il faut craindre la vengeance d’une femme bafouĂ©e. Son ex-compagne s’est donc fait un devoir de corriger les propos de François Hollande, prĂ©cisant que c’est bien en se moquant que le personnage utilisait cette expression. Qui en doutait ?

À sa mort, NĂ©ron aurait ajoutĂ© un vers de l’Illiade : « Le galop des coursiers rĂ©sonne Ă  mes oreilles », faisant rĂ©fĂ©rence aux cavaliers venus se saisir de sa personne.

François Hollande ferait bien de se mĂ©fier, mĂȘme s’il se prĂ©vaut de l’absolue loyautĂ© de ses commensaux, les chevaux sont sellĂ©s.

Article paru Ă©galement sur lesobservateurs.ch.

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Yvan Perrin

PrĂ©sident de l’UDC neuchĂąteloise. Collaborateur rĂ©gulier du site helvĂ©tique "Les Observateurs", il est devenu un correspondant tout aussi rĂ©gulier d'"EuroLibertĂ©s" en Suisse.

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