LE 25 AOÛT 2018, UN ALLEMAND DE 35 ANS EST TUÉ À COUPS DE COUTEAU À CHEMNITZ LORS D’UNE ALTERCATION AVEC DEUX JEUNES ÉTRANGERS, UN SYRIEN ET UN IRAKIEN. À QUELQUES EXCEPTIONS PRÈS, LES MÉDIAS FRANÇAIS ONT COUVERT LES MANIFESTATIONS QUI ONT SUIVI CE MEURTRE ENTRE INCOMPRÉHENSION ET STIGMATISATION. POUR NOMBRE D’ENTRE EUX, NOUS SOMMES EN PRÉSENCE D’UNE COLÈRE ILLÉGITIME.

À la suite du meurtre d’un jeune allemand dĂ©nommĂ© Daniel H., plusieurs manifestations ont Ă©tĂ© organisĂ©es dans la ville de Chemnitz, situĂ©e dans l’est de l’Allemagne. Qui est la victime, quelles sont les circonstances du meurtre, pour quelle raison Daniel H. a-t-il Ă©tĂ© tuĂ©, qui sont les manifestants, pour quelles raisons manifestent-ils ? VoilĂ  quelques questions que se posent – ou ne se posent pas – les mĂ©dias français. Retour sur les rĂ©ponses apportĂ©es, qui ont abouti Ă  la construction mĂ©diatique d’une agitation fomentĂ©e par de dangereux extrĂ©mistes.

LES CIRCONSTANCES DE L’AGRESSION : LA THÈSE DU HARCÈLEMENT DE RUE DÉMENTIE SANS AUCUN FONDEMENT

L’Express nous apprend que « la victime Ă©tait un Allemand d’origine cubaine ». « Deux hommes ont Ă©galement Ă©tĂ© blessĂ©s dans l’altercation, survenue lors du festival de la ville de Chemnitz ».

Selon le site Deutsche Welle, « Daniel H., est mort dimanche Ă  l’hĂŽpital, aprĂšs avoir Ă©tĂ© poignardĂ© dans la nuit, au cours d’une altercation entre une dizaine de personnes ».

Les motivations des agresseurs ne sont pas donnĂ©es : pour 20 Minutes, « les deux suspects du meurtre, ĂągĂ©s de 22 et 23 ans, sont soupçonnĂ©s d’avoir « sans justification, Ă  plusieurs reprises, portĂ© des coups de couteau » Ă  la victime Ă  la suite d’une « altercation verbale », selon le Parquet ».

Quasiment tous les titres de presse et sites d’information français accrĂ©ditent les dĂ©clarations de la Police : selon celles-ci, il est totalement exclu que Daniel H. se soit fait agressĂ© aprĂšs s’ĂȘtre interposĂ© pour mettre fin Ă  un harcĂšlement de rue exercĂ© par les deux agresseurs.

Le site d’information Deutsch Welle nous apprend cependant que selon les mĂ©dias allemands, des « rumeurs » accrĂ©ditent la thĂšse du harcĂšlement de rue comme Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur de la rixe. Le site d’information RT fait Ă©tat d’un procĂšs-verbal d’interpellation des 2 agresseurs, authentifiĂ© par la Police, qui donnerait des dĂ©tails sur l’agression elle-mĂȘme, et pas seulement sur les agresseurs. « Une version non censurĂ©e du PV est encore disponible sur les sites de droite extrĂȘme », apprend-on Ă  la lecture du site d’information I24. Les Ă©lĂ©ments contenus dans le procĂšs-verbal « fuité » (une sorte de Chemnitz leak) ne sont pas retranscrits dans les mĂ©dias mainstream. On n’en saura donc pas plus sur les motivations des agresseurs ni sur les tĂ©moignages d’éventuel tĂ©moins. La fuite d’un document officiel, qui a abouti selon LibĂ©ration à la suspension d’un gardien de prison, n’aura donc pas Ă©tĂ© exploitĂ©e par les mĂ©dias mainstream. L’investigation n’est pas allĂ©e plus loin que la dĂ©pĂȘche de l’AFP et le communiquĂ© de la Police de Chemnitz. Si aucun Ă©lĂ©ment connu ne permet d’attribuer le meurtre de Daniel H. Ă  une situation de harcĂšlement de rue qu’il aurait voulu faire cesser, aucun Ă©lĂ©ment ne permet de l’écarter. C’est pourtant ce qui a Ă©tĂ© fait allĂšgrement. On attendra donc le procĂšs des deux agresseurs pour se forger une opinion.

QUI SONT LES MANIFESTANTS ? « DE DANGEREUX EXTRÉMISTES »

Qui sont les manifestants qui se sont rassemblés par milliers contre la violence et la politique migratoire de la chanceliÚre allemande ?

Pour certains médias, ce sont essentiellement des néo-nazis : pour LCI, nous sommes en présence de « manifestations néo-nazies en Allemagne ». Idem pour le Huffpost, « néo-nazis et pro-migrants se font face à face ».

La disqualification des manifestants passe plus souvent par leur assimilation Ă  l’extrĂȘme droite. Un qualificatif censĂ© faire peur, en particulier en Allemagne. Pour Le Parisien, on assiste Ă  « des affrontements entre l’extrĂȘme droite et ses opposants Ă  Chemnitz ». Le Monde évoque « deux rassemblements d’extrĂȘme droite », tout comme LCI, etc.

La prĂ©sence de hooligans dans les manifestations, qui y trouvent des occasions de se dĂ©fouler de façon malsaine en marge des cortĂšges, est par contre couverte de façon discrĂšte dans les mĂ©dias français. Cette information est pourtant importante : le journal allemand Handelsblatt global nous informe que des hooligans se sont rassemblĂ©s aprĂšs la manifestation du 26 aoĂ»t et ont commencĂ© Ă  traquer des gens de couleur. Violence politisĂ©e ou violence gratuite ? Les mĂ©dias français n’ont aucun doute, il s’agit de militants politiques violents.

Certains organes de presse et sites d’information prĂ©sentent certains participants aux manifestations anti-immigration sans leur affubler de connotations nĂ©gatives. Ils ne sont pas dĂ©signĂ©s par des termes globalisants (nĂ©o nazis, militants d’extrĂȘme droite) mais par leur nom, leur Ăąge ou leur profession : Le Monde donne la parole Ă  Margot qui tĂ©moigne : « Depuis que tous ces Syriens, ces Irakiens et ces Afghans sont arrivĂ©s, ça a complĂštement changĂ©. Nos gamins se font emmerder dans la rue, moi-mĂȘme j’hĂ©site Ă  sortir la nuit ». LibĂ©ration interviewe une Ă©lectrice de l’AfD : «Tous les gens qui ont manifestĂ© lundi soir n’étaient pas des nazis ». Ces quelques nuances ne suffisent cependant pas Ă  effacer la prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale des manifestations comme Ă©tant organisĂ©es et constituĂ©es par des activistes d’« extrĂȘme droite ».

DES CHASSES AUX ÉTRANGERS CONTESTÉES

Pour de nombreux journaux, de vĂ©ritables chasses aux migrants ont Ă©tĂ© menĂ©es par certains manifestants. Ce terme est employĂ© par L’Obs, Le Monde, etc. Une « chasse aux Ă©trangers » aurait Ă©tĂ© organisĂ©e le 26 aoĂ»t selon Ouest France et l’AFP par des « 800 militants d’extrĂȘme droite ».

Quelques jours plus tard, quelques dĂ©clarations viennent tempĂ©rer ces affirmations, voire les contredire. Le 1er septembre, selon Junge Freiheit, le bureau du Procureur gĂ©nĂ©ral de Saxe affirme qu’il n’y a pas eu de « chasse anti-immigrĂ©s » lors des manifestations Ă  Chemnitz. « Au vu de l’ensemble des informations dont nous disposons, les fonctionnaires n’ont dĂ©couvert aucune photo ou vidĂ©o qui soutiendrait l’existence d’une chasse anti-immigrĂ©s ». Le 5 septembre, c’est le Premier ministre de Saxe qui affirme dans l’hebdomadaire de centre gauche Der Spiegel : « Il n’y a pas eu de chasse Ă  l’homme ni de pogroms Ă  Chemnitz ». Le 7 septembre, RT France nous informe que « le chef du renseignement allemand affirme que les «chasses collectives » Ă  Chemnitz sont une « fausse information» destinĂ©e Ă  «dĂ©tourner l’attention de l’opinion publique ». « Il y a de bonnes raisons de croire qu’il s’agit d’une fausse information intentionnelle pour Ă©ventuellement dĂ©tourner l’attention de l’opinion publique du meurtre Ă  Chemnitz ». On ne peut ĂȘtre plus clair. On attend les dĂ©mentis de ceux qui se sont empressĂ©s de crier aux pogroms de sinistre mĂ©moire


UN COMPTAGE DES MANIFESTANTS APPROXIMATIF

La manifestation du 1er septembre a Ă©tĂ© particuliĂšrement importante en nombre de manifestants. Alors que l’agence de presse anglaise Reuters dĂ©nombre 6 000 manifestants parmi les anti Merkel, ils sont systĂ©matiquement moins dans les mĂ©dias français : 4 500 pour Sud-Ouest, France 24, Le Parisien, etc. L’AFP, qui donne la matiĂšre premiĂšre Ă  ces journaux semble avoir une technique diffĂ©rente de celle de l’agence de presse anglaise pour dĂ©nombrer les manifestants. Le comptage des manifestants serait-il sujet Ă  des unitĂ©s de mesures diffĂ©rentes en France et en Allemagne ?

UNE CONTEXTUALISATION DES MANIFESTATIONS PLUS QUE LIMITÉE

A lire les mĂ©dias mainstream, comme France Info qui met dĂ©sormais en ligne des reportages en commun avec France 2, l’élĂ©ment dĂ©clencheur des manifestations serait le meurtre de Daniel H. et le ressentiment de certains allemands en raison des aides sociales distribuĂ©es aux migrants.

Pas un mot sur l’amertume de nombreux allemands face au laxisme des autoritĂ©s qui ne renvoient pas systĂ©matiquement les dĂ©linquants dĂ©boutĂ©s du droit d’asile, comme l’agresseur de Daniel H. et le meurtrier de Susanna à Wiesbaden, ce qui avait dĂ©jà choqué l’opinion publique allemande en juin.

Pas un mot non plus sur la longue liste des agressions au couteau d’allemands par des migrants mise en ligne sur le site de l’AfD. Des agressions au couteau recensĂ©es Ă©galement par le site du think tankconservateur Gatestone Institute dĂšs la fin de l’annĂ©e 2017. Pas un mot non plus sur les autres manifestations anti-immigration organisĂ©es dans les autres villes allemandes, passĂ©es sous silence en leur temps par les mĂ©dias français, qui traduisent un rejet de la politique migratoire de Madame Merkel. Nombre de journaux et de commentateurs ont prĂ©fĂ©rĂ© parler d’une spĂ©cificitĂ© est-allemande, propice Ă  tous les dĂ©bordements.

L’EXASPÉRATION DE LA POPULATION PASSÉE SOUS SILENCE

La couverture mĂ©diatique des manifestations Ă  Chemnitz a Ă©tĂ© marquĂ©e par la mise en relief systĂ©matique d’élĂ©ments pĂ©riphĂ©riques au meurtre de Daniel H. Son contexte et l’explication de l’exaspĂ©ration d’une partie de la population allemande ont cĂ©dĂ© la place Ă  la couverture de violences sporadiques et de la prĂ©sence de rares nostalgiques du 3e Reich dans les manifestations.

Il n’en fallait pas plus pour que des personnalitĂ©s de la gauche allemande, pratiquant un amalgame qu’ils sont si prompts Ă  dĂ©noncer, demandent la mise sous surveillance du parti anti-immigration AFD. MalgrĂ© la couverture mĂ©diatique si dĂ©favorable aux manifestants et aux organisateurs des manifestations, Challenges nous apprend le 7 septembre que « le SPD (est) devancĂ© par l’AfD aprĂšs les manifestations de Chemnitz, dans un sondage ». Ce qui semble dĂ©montrer qu’outre Rhin, les mĂ©dias mainstream perdent Ă©galement en influence


Article paru sur le site de l’OJIM.

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