Le justement encensĂ© pape François redonne au christianisme ses lettres de noblesse : Ă  savoir que c’est une religion de pauvres et pour les pauvres, mĂȘme si JĂ©sus a dit un jour : « Vous avez toujours les pauvres avec vous, mais moi, vous ne m’avez pas toujours. »

Dans ses pamphlets, CĂ©line ne manque pas de s’en prendre au christianisme, vĂ©ritĂ© idĂ©ologique Ă©lĂ©mentaire et souvent oubliĂ©e.

Ce monstre sacrĂ© de notre littĂ©rature dĂ©teste que l’on s’en prenne au judaĂŻsme au nom du sacro-saint christianisme (voyez Bloy, Drumont, Chabauty, Delassus, et quelques milliers d’autres).

Et cela donne dans les Beaux Draps : « Ainsi Drumont et Gobineau se raccrochent Ă  leur MĂšre l’Église, leur christianisme sacrissime, Ă©perdument. Ils brandissent la croix face au Juif, patentĂ© suppĂŽt des enfers, l’exorcisent Ă  tout goupillon. Ce qu’ils lui reprochent surtout, avant tout, par dessus tout, c’est d’ĂȘtre le meurtrier de JĂ©sus, le souilleur d’hostie, l’empĂȘcheur de chapelets en rond
 Que ces griefs tiennent peu en l’air ! La croix antidote ? Quelle farce ! »

C’est que longtemps avant l’apparition de saint Bergoglio (il sera prochainement auto-canonisĂ© Ă  la tĂ©lĂ©), CĂ©line avait sa petite idĂ©e sur la question : « PropagĂ©e aux races viriles, aux races aryennes dĂ©testĂ©es, la religion de “Pierre et Paul” fit admirablement son Ɠuvre, elle dĂ©catit en mendigots, en sous-hommes dĂšs le berceau, les peuples soumis, les hordes enivrĂ©es de littĂ©rature christianique, lancĂ©es Ă©perdues imbĂ©ciles, Ă  la conquĂȘte du Saint Suaire, des hosties magiques, dĂ©laissant Ă  jamais leurs Dieux, leurs religions exaltantes, leurs Dieux de sang, leurs Dieux de race. »

Et puis, regardant le peu ragoĂ»tant bilan tiers-mondiste de ces missions catholiques sans les favelas latinos, africaines ou philippines, (on aime le pauvre, alors on le fabrique), CĂ©line ajoute : « Crime des crimes, la religion catholique fut Ă  travers toute notre histoire, la grande proxĂ©nĂšte, la grande mĂ©tisseuse des races nobles, la grande procureuse aux pourris (avec tous les saints sacrements), l’enragĂ©e contaminatrice. »

Et il ponctue, notre grand philosophe – au marteau nietzschĂ©en ou presque : « La religion catholique aura fiĂšrement jouĂ© tout son rĂŽle lorsque nous aurons disparu, sous les flots de l’énorme tourbe, du gĂ©ant lupanar afro-asiate qui se prĂ©pare Ă  l’horizon. »

Shocking ! Mais il faut comprendre que l’on aime exporter ce que l’on a fabriquĂ© en masse !

Et notre vieux paĂŻen indĂ©sirable (car CĂ©line est certainement le dernier grand paĂŻen de notre littĂ©rature) de conclure : « Ainsi la triste vĂ©ritĂ©, l’aryen n’a jamais su aimer, aduler que le dieu des autres, jamais eu de religion propre, de religion blanche. Ce qu’il adore, son cƓur, sa foi, lui furent fournis de toutes piĂšces par ses pires ennemis. »

Mais CĂ©line n’oublie pas qu’il ne faut jamais ĂȘtre sentimental ; et que l’on ne rĂ©colte que ce que l’on sĂšme : « Il est bien normal qu’il en crĂšve, le contraire serait le miracle. »