« Il n’y a jamais eu aussi peu de morts sur les routes françaises », a affirmĂ© Édouard Philippe lundi 28 janvier 2019. En 2018, 3 259 personnes ont perdu la vie dans des accidents de voiture, soit 189 de moins que l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

« Ce sont 116 vies Ă©pargnĂ©es depuis le 1er juillet 2018, date d’entrĂ©e en vigueur des 80 km/h ».

Conclusion : « Donc vous voyez, j’avais raison ! ».

D’oĂč nombre de commentaires, beaucoup s’efforçant de rĂ©cuser le rapport de cause Ă  effet. Mais abordent-ils la question de la bonne maniĂšre ?

Tentons donc une approche objective.

Avancer un chiffre aussi prĂ©cis, 116 vies sauvĂ©es et pas 115 ou 117, au seul fait de la diminution de la vitesse en occultant tous les autres paramĂštres, et sur le simple recul d’une annĂ©e, scientifiquement ne tient pas debout. NĂ©anmoins cette corrĂ©lation entre accidentalitĂ© et vitesse existe et relĂšve mĂȘme d’une Ă©vidence.

Pourquoi ? D’abord, aller moins vite, permet de disposer de davantage de temps pour rĂ©agir. Ensuite, sachant que l’énergie d’une collision augmente avec le carrĂ© de la vitesse, si cette vitesse diminue, ses effets diminuent Ă©videmment dans la mĂȘme proportion. Mais alors, pourquoi s’arrĂȘter aux 80 km/h ? Car enfin, Ă  70 km/h le nombre de morts diminuera encore, Ă  60 km/h, cette diminution continuera, Ă  50 km/h, elle sera encore davantage significative et elle atteindra son maximum Ă  0 km/h, la voiture, enfin dĂ©finitivement immobile, restant au garage. Il s’agit donc, un peu comme pour un mĂ©dicament, de s’interroger sur le bon rapport avantage/risque.

DĂ©montrer que plus la vitesse diminue, moins elle est dangereuse (encore que dans certaines circonstances, comme le dĂ©passement elle soit une sĂ©curitĂ©) chacun le sait. Il est donc indispensable d’introduire une composante sociale dans cette notion de vitesse, pour dĂ©terminer oĂč on doit placer le curseur. Les 90 km/h avaient Ă©tĂ© admis, comme les 130 km/h sur les autoroutes. Mais les 80 km/h imposĂ©s sans discussion possible n’ont pas Ă©tĂ© perçus de la mĂȘme façon. Trop c’est trop ! Les usagers, surtout en milieu rural les ont ressentis comme une pompe Ă  fric.

On pense naturellement aux radars, mais beaucoup n’ont pas manquĂ© de remarquer que cette contrainte incite aussi davantage Ă  recourir aux autoroutes, exemptĂ©es curieusement de cet abaissement de 10 km/h. Si vous voulez rouler plus vite, payez ! Sont venus s’y ajouter la diabolisation de la voiture (tout en profitant de l’argent qu’elle rapporte), la frĂ©nĂ©sie culpabilisante de ceux qui savent, les Ă©checs d’un permis hors de prix, les injonctions morales des Ă©cologistes mondains et l’incontinence normative de l’État. Le plus Ă©tonnant finalement, c’est que toute cette machine de guerre engagĂ©e contre le peuple pour le plier aux bonnes soumissions, ne l’ait pas fait se rĂ©volter plus tĂŽt !

Pour mieux cerner ce que devrait ĂȘtre cette vitesse sociale, il conviendrait de considĂ©rer deux statistiques, moins fantaisistes que celles du Premier ministre :

Celle du rapport entre le nombre de morts et l’augmentation du parc : 15 000 000 vĂ©hicules en 1975, prĂšs de 14 000 morts ; 40 000 000 vĂ©hicules en 2018, 3 259 morts.

Soit une diminution de 77 % du nombre de morts pour une augmentation de 260 % des vĂ©hicules pendant la mĂȘme pĂ©riode.

Et celle de l’indice de circulation. Il est mesurĂ© en milliards de kilomĂštres parcourus sur un an par l’ensemble des vĂ©hicules. Pour le calculer, le rĂ©seau est rĂ©parti en sections, puis on multiplie le trafic moyen journalier de chaque section par la longueur de cette section, puis par 365.

On constate ainsi qu’en vingt ans, entre 1985 et 2005, en mĂ©tropole, le nombre de tuĂ©s a Ă©tĂ© divisĂ© par plus de 2, alors que la circulation augmentait de prĂšs de 80 %. Des rĂ©sultats qui tiennent aussi Ă  l’amĂ©lioration du rĂ©seau comme Ă  celle des voitures : ABS, anti patinage, rĂ©partiteur, ceinture de sĂ©curitĂ©, etc. Si la limitation de vitesse reste indispensable, elle n’est donc pas le seul facteur. Il reste cependant à mieux la dĂ©finir et mieux la gĂ©rer, peut-ĂȘtre en s’inspirant de pays dans lesquels les gens ne se tuent pas davantage, sans rafales de panneaux sautant chaque fois sans continuitĂ© d’une vitesse Ă  une autre : 30, 50, 70, 80, 90, 110, 130
 et sans faire du permis une Ă©preuve de droit.

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A propos de l'auteur

Philippe Joutier

Inspecteur, puis Directeur dĂ©partemental au MinistĂšre de la Jeunesse et des Sports. Titulaire d’un DEST de biologie du Conservatoire National des Arts et MĂ©tiers, il est Ă©galement ancien auditeur de l’Institut des Hautes Études de la DĂ©fense Nationale et a fait partie d’un groupe ministĂ©riel de lutte contre les sectes
 Il est l'auteur des livres “Les Extrafrançais” et "Les corruptions religieuses" aux Ă©ditions Dualpha.

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