13 février 2019

Presse écrite, radio, télévision… (02)

Par Richard Dessens

Le monopole de la liberté de la presse, même si « monopole » et « liberté » semblent antinomiques mais entrés dans le vocabulaire de la nouvelle religion morale démocratique, est toutefois peu à peu bien que confusément remis en cause encore du bout des lèvres. L’apparition de mouvements transversaux aux partis politiques moribonds traditionnels, l’émergence de nouvelles problématiques dues notamment à la mondialisation et à l’idéologie qui la sous-tend, sont en partie portées par l’explosion concomitante d’internet et de sa liberté incontrôlée et sauvage pouvant donner lieu par ailleurs à toutes les dérives et tous les délires. Ce nouveau médium ressemble par certains aspects à un brouillon confus et non structuré d’idées nouvelles qui n’ont que ce lieu pour s’exprimer et… être surtout diffusées largement et gratuitement. C’est bien là que le bât blesse pour la grande presse officielle et univoque.

La réaction arrive donc par deux canaux différents. D’abord il s’agit de discréditer globalement tout ce qui vient d’internet par d’autres sites que ceux de la grande presse officielle. La tâche est d’autant plus facilitée qu’une grande partie des informations diffusées sur internet sont en effet souvent au moins fantaisistes sinon scandaleuses. Mais ce sont les informations politiques qui sont visées par le monopole de la presse, informations qui sont volontairement mélangées à l’ensemble des délires de la toile. On met tout dans le même sac et on lance un discrédit général sur les idées diffusées par le médium internet. On les qualifie même en vrac de « fake news », « nouvelles truquées » littéralement, « fausses nouvelles », dont il faut rappeler que la grande loi sur la presse de 1881 réprime déjà la diffusion depuis près de 140 ans ! Il est vrai que la grande presse officielle ne diffuse pas de fake news mais se contente de « sort news », ou « nouvelles triées », qui ont l’avantage d’orienter l’information et d’en occulter celles non conformes à l’idéologie dominante. Ces « sort news » ne sont-elles pas aussi dangereuses et peut-être beaucoup plus perverses, que de prétendues « fake news » souvent la simple expression d’opinions contraires à la pensée officielle et donc « fake » du point de vue des dirigeants ? Pas de liberté (de la presse) pour les ennemis de la liberté (de penser).

Vous aviez dit « liberté de la presse » ? « Liberté d’opinion » ? Pluralité dans la diffusion de l’information ?

Vous aviez dit « liberté de la presse » ? « Liberté d’opinion » ? Pluralité dans la diffusion de l’information ?

Le second canal est légal. La nouvelle démocratie adore tout juridiciser pour mieux réprimer. Ainsi une proposition de loi interdisant les « fausses informations » pendant les trois mois précédant une élection a été adoptée en novembre 2018. Aux termes de la loi une fake news est constituée par « des allégations ou imputations inexactes ou trompeuses d’un fait de nature à altérer la sincérité du scrutin ». Cette définition est tellement large qu’elle peut être interprétée au bon vouloir des juges pénaux qui pourront sanctionner toute nouvelle politiquement incorrecte. En outre, un « Conseil de déontologie de la Presse » est aussi à l’étude, probablement pour dicter ce qu’il est légal ou pas de dire ou d’écrire ; à rapprocher du « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » dit Pacte de Marrakech, édifiant en matière de liberté de la presse et d’informations très orientées (sort news donc mais pas fake news !) :

« Nous devons en outre mettre à disposition de tous les citoyens des informations objectives, claires et fondées sur des données factuelles au sujet des avantages et des difficultés que présentent les migrations, en vue de démonter les discours trompeurs qui donnent une image négative des migrants » (en gras par l’auteur).

« Promouvoir une information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet, notamment en sensibilisant les professionnels des médias aux questions de migration et à la terminologie afférente, en instituant des normes déontologiques pour le journalisme et la publicité et en cessant d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse »… « le but étant d’amener le public à considérer les effets positifs qu’ont des migrations sûres, ordonnées et régulières ».

Presse et liberté, donc…

Vous aviez dit « liberté de la presse » ? « Liberté d’opinion » ? Pluralité dans la diffusion de l’information ? Rôle des médias dans le jugement objectif du peuple ?

Vous aviez dit… mais vous n’avez pas.

Permettez-moi un exemple personnel récent pour illustrer jusqu’où la liberté d’expression peut être muselée systématiquement au quotidien. Suite à la sortie d’un de mes livres – une biographie d’un grand journaliste emblématique du XIXe siècle, Henri Rochefort, publié aux éditions Dualpha –, je devais faire une conférence sur ce journaliste dans l’environnement agité de la fin du Second Empire, de la Commune et des débuts de la IIIe République.

Sujet très « politique et partisan » comme on peut le voir ! Conférence donnée à la Médiathèque de Sète, dépendant de la Mairie. D’abord programmée, quelques jours avant sa tenue j’apprends que ma conférence a été annulée avec pour motif le caractère « polémique » de mon éditeur ! C’est le terme employé avec gêne d’ailleurs, en m’indiquant que l’ordre n’est pas venu de la Médiathèque mais de « plus haut » (comprendre la Mairie, LR, de Sète).

Liberté d’expression non pas de la presse, mais d’un livre, non politique, mais édité par un « mauvais » éditeur au plan politique ! On croit rêver non ? Mon courrier indigné adressé au Maire de Sète est bien sûr resté sans réponse. Après la censure, le mépris. On peut surtout comprendre qu’un incident local très mineur comme celui-ci est caractéristique d’évidences morales toutes faites, discrétionnaires et liberticides, qui frappent la liberté de la presse, ou d’édition, pluraliste dans sa diffusion. Car là encore, la publication de mon livre ne posait évidemment aucune question de nature légale, sauf lorsqu’il s’agit de diffusion, le ton changea et le verrouillage s’enclencha immédiatement. Pour rien d’ailleurs en l’espèce. CQFD.

C’est dans ce fatras indescriptible fait de monopole de la grande presse officielle et de ses sort news, d’utilisation politique de prétendues fake news, de discrédit global d’internet, portail libertaire mais aussi des libertés interdites ou limées jusqu’à l’os, d’encadrement « déontologique » de la presse pour renforcer la « bonne terminologie » à employer, qu’émergent quelques groupes de presse qui tentent d’informer autrement ou de réinformer un peuple en passe de désenchantement et d’incrédulité dangereuse face à l’information intelligente orientée et univoque qui l’assaille sans cesse, drapée dans sa suffisance aveugle.

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