L’on veut, ici, envisager d’un Ɠil critique l’action gaullienne, depuis l’édition princeps du livre intitulĂ© Vers l’armĂ©e de mĂ©tier jusqu’au dĂ©part du chef du Gouvernement Provisoire de la RĂ©publique, en janvier 1946, dans un fort vacarme de portes claquĂ©es.

Vers l’armĂ©e de mĂ©tier de Charles De Gaulle : 2 Ă©ditions diffĂ©rentes


Vers l’armĂ©e de mĂ©tier de Charles De Gaulle : 2 Ă©ditions diffĂ©rentes


Pour les innombrables hagiographes du GĂ©nĂ©ral, cette pĂ©riode est celle du « visionnaire de la guerre moderne, tant admirĂ© Ă  Berlin », du « premier rĂ©sistant français au nazisme », du « libĂ©rateur de la patrie » qui dĂ©laisse le Pouvoir, parce que son attachement profond Ă  la dĂ©mocratie l’empĂȘche de recourir Ă  la force pour libĂ©rer la France de l’emprise des politicards de bas Ă©tage, dont les communistes et leurs compagnons de route furent indĂ©niablement les pires.

Pour un Ă©crivain d’histoire « rĂ©visionniste », un peu au fait des rĂ©alitĂ©s du IIIe Reich et de la IIe Guerre mondiale, cette vision traditionnelle est dangereuse : elle risque de le faire mourir de rire
 ce qui, aprĂšs tout, est plus grave que de se retrouver devant la 17e Chambre correctionnelle de Paris.

En 1934, dans l’Ɠuvre citĂ©e plus haut, de Gaulle se fait le propagandiste Ă  la fois des divisions blindĂ©es et d’une armĂ©e de mĂ©tier, ces prĂ©toriens dont ne veut presque aucun politicien français. Ni les deux Édouard (Herriot et Daladier), ni LĂ©on Blum n’y sont favorables (en dĂ©pit d’une lĂ©gende contraire). Seul l’avocat d’affaires d’extrĂȘme droite Paul Reynaud est emballĂ©.

De Gaulle a empruntĂ© l’idĂ©e d’un emploi compact des engins blindĂ©s en divisions, qu’il nomme cuirassĂ©es ou mĂ©caniques, Ă  divers officiers gĂ©nĂ©raux : le Français Jean-Baptiste Estienne (qui, le premier, l’envisagea en 1917), l’Autrichien Ludwig von Eimannsberger (le vĂ©ritable inspirateur d’Adolf Hitler, d’Heinz Guderian, d’Erich von Manstein, etc.), les Britanniques Percy Hobart et surtout John-Frederik Fuller (dont les travaux furent trĂšs apprĂ©ciĂ©s d’Adolf Hitler).

Le fort beau style de Vers l’armĂ©e de mĂ©tier est la seule originalitĂ© de l’Ɠuvre. De Gaulle n’a rien compris au rĂŽle de l’aviation de combat, entrevu par le gĂ©nĂ©ral Philippe PĂ©tain, en octobre 1917, lorsqu’il a conçu l’attaque de La Malmaison. L’idĂ©e fut reprise par les Britanniques en novembre 1917 et, en juillet 1918, lors de l’offensive de la 6e armĂ©e de Charles Mangin : ce 18 juillet 1918, sont engagĂ©s de façon coordonnĂ©e 500 chars et 600 avions, dont le rĂŽle est de mitrailler les troupes allemandes ainsi que de bombarder les zones de concentration d’artillerie et les nƓuds de communication.

Mangin ne fait alors que suivre la Directive n° 5, datĂ©e du 12 juillet 1918, signĂ©e par Philippe PĂ©tain : « La surprise sera obtenue par la soudainetĂ© de l’attaque, soit Ă  la faveur d’une prĂ©paration par l’artillerie et l’aviation de bombardement, soit Ă  la faveur de l’action de rupture des chars d’assaut ouvrant la voie Ă  l’infanterie et Ă  l’artillerie. Le rĂŽle de l’aviation est de la plus haute importance. »

AppliquĂ© de façon massive au dĂ©but d’une guerre, ce principe est le premier fondement du Blitzkrieg, le second Ă©tant la destruction au sol de la plus grande partie de l’aviation ennemie et la paralysie des mouvements des unitĂ©s adverses par un bombardement surprise des aĂ©rodromes et des axes de communication. Adolf Hitler et Heinz Guderian ont amalgamĂ© les idĂ©es de l’État-Major GĂ©nĂ©ral français de 1918 Ă  celles du gĂ©nĂ©ral italien Giulio Douhet.

Le 6 avril 1935, Ă  l’École de Guerre, le marĂ©chal PĂ©tain, au cours d’une confĂ©rence occultĂ©e par les bons auteurs, disait : « On peut se demander si l’avion ne dictera pas sa loi dans les conflits de l’avenir
 La victoire appartiendra Ă  celui qui saura le premier exploiter au maximum les propriĂ©tĂ©s des engins modernes et combiner leur action pour anĂ©antir les moyens de l’adversaire. »

En deux phrases, le vieux marĂ©chal en a dit bien plus que tout le verbiage romantique gaullien de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

Dans la vision gaullienne, en effet, l’aviation ne sert qu’à l’épandage d’écrans de fumĂ©e pour permettre une progression des chars Ă  l’abri des rĂ©actions ennemies, en plus d’ĂȘtre une source d’information (« l’éclairage », en relais de l’obsolĂšte cavalerie).

La Guerre d’Espagne ne change en rien sa conception surannĂ©e. C’est la campagne de Pologne, l’automne de 1939, qui lui fait comprendre enfin la nĂ©cessitĂ© d’une action combinĂ©e du char et de l’avion de combat. Faute de soutien aĂ©rien, sa 4e Division CuirassĂ©e connaĂźt trois Ă©checs sanglants au mois de mai 1940.

À la fin de la guerre, le gĂ©nĂ©ral fera paraĂźtre une 2e Ă©dition de son livre, dans laquelle le rĂŽle de l’aviation de combat sera glorifiĂ©, ce qui permettra Ă  ses hagiographes de pĂ©rorer sur les « prophĂ©ties » gaulliennes !

La monumentale dĂ©faite du printemps de 1940 fait la fortune du politicien qui sommeillait (Ă  peine) sous l’uniforme. L’armistice de juin 1940 procure, en effet, au gĂ©nĂ©ral de brigade Ă  titre temporaire ce dont il rĂȘvait depuis l’adolescence : rendre un service signalĂ© Ă  la France, telle qu’il la rĂȘve. Il devient le premier Français Ă  proclamer qu’il reste en guerre contre l’Allemand, mais ses Forces Françaises Libres resteront toujours squelettiques (60 000 combattants, en plus de quelques dizaines de politiciens, de journalistes et de hauts fonctionnaires).

Ses capacitĂ©s de manƓuvrier politique lui permettent facilement de dominer en Alger Henri Giraud, l’homme des AmĂ©ricains, aprĂšs qu’un complot aux multiples composantes l’ait dĂ©barrassĂ© de l’Amiral de la Flotte, François Darlan.

De son cĂŽtĂ©, Jean Moulin a jouĂ© un rĂŽle majeur dans la lĂ©gende gaulliste, rĂ©ussissant Ă  persuader les Britanniques que toute la RĂ©sistance intĂ©rieure Ă©tait derriĂšre de Gaulle, ce qui Ă©tait un pieux, mais Ă©norme, mensonge : les communistes n’obĂ©issaient qu’au Tsar rouge, les socialistes se mĂ©fiaient du GĂ©nĂ©ral, par ailleurs gĂ©nĂ©ralement haĂŻ des rĂ©sistants issus de l’armĂ©e. On comprend mieux que, dĂšs qu’il en a eu la possibilitĂ©, de Gaulle ait magnifiĂ© la personne de Jean Moulin.

En bon nationaliste, de Gaulle dĂ©teste les Anglais qui l’ont beaucoup aidĂ© – dans leur seul intĂ©rĂȘt, cela va sans dire. Il est repoussĂ© par Roosevelt qui a perçu chez lui un parfait autocrate.

L’étĂ© de 1944, moitiĂ© par sectarisme, moitiĂ© pour complaire Ă  Staline dont il espĂšre le soutien, il laisse le PCF et sa milice ultraviolente des FTP organiser une Ă©puration illĂ©gale, au moins aussi coĂ»teuse en vies de Français que l’avait Ă©tĂ© la rĂ©pression des actes de RĂ©sistance par l’Occupant
 faute de statistiques exactes, on pĂ©rore toujours sur l’importance numĂ©rique des pertes des uns et des autres.

En 1944-1946, de Gaulle dĂ©montre qu’il n’est pas un homme d’État. Il ne daigne pas rĂ©concilier les Français, rejetant l’ensemble des pĂ©tainistes, dont beaucoup, haĂŻssant les Allemands, avaient tentĂ© de limiter les dĂ©gĂąts durant l’administration de l’État français, parfaitement lĂ©gale, puisque lĂ©gitimĂ©e par un vote massif des Ă©lus Front Populaire, le 10 juillet 1940.

Ce dĂ©sastre des annĂ©es 1944-1946 (et mĂȘme au-delĂ ), subi par la Nation française, est davantage la consĂ©quence de la structure mentale du GĂ©nĂ©ral – qui fut un paranoĂŻaque insensible Ă  la douleur d’autrui – que des circonstances de la LibĂ©ration. Il est Ă  noter, toutefois, que de Gaulle a toujours considĂ©rĂ© que les Français, dans leur quasi-totalitĂ©, n’avaient rien Ă  se reprocher Ă  propos du gĂ©nocide d’une partie des Juifs rĂ©sidant en France, perpĂ©trĂ© par l’Occupant


Ce ratage de 1944-1946 continue d’exercer sa formidable capacitĂ© de nuisance. Certains Français en souffrent encore, au moins dans leur amour de la patrie. D’autres habitants de la France, moins attachĂ©s Ă  l’honneur de la Nation et de l’État qu’à leurs intĂ©rĂȘts personnels, continuent d’exploiter mensonges et lĂ©gendes, grĂące Ă  des lois, iniques comme l’est toute lĂ©gislation de circonstance ou particulariste, et l’on vise singuliĂšrement la loi codifiant une partie de l’écriture historique de cette pĂ©riode, votĂ©e Ă  l’initiative du communiste Gayssot, le 13 juillet 1990.

Toute opinion est affaire de point de vue. EnvisagĂ©e de Sirius, comme eĂ»t dit Voltaire, l’action gaullienne de 1940 Ă  1946 peut sembler une Ă©popĂ©e – en miniature, si on la rapporte Ă  l’ensemble de la situation europĂ©enne en cette Ă©poque de feu et de sang – ou un bel espoir national, irrĂ©mĂ©diablement gĂąchĂ© par un chef, certes emblĂ©matique, mais trĂšs infĂ©rieur Ă  son devoir.

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99