Michel Grimard, président du ROUE.

La premiĂšre se montre condescendante, l’interlocuteur Ă©tant docile, la deuxiĂšme se montre neutre, l’interlocuteur l’étant lui-mĂȘme, la troisiĂšme se montre ferme, l’interlocuteur Ă©tant agressif. Telle est l’attitude du PrĂ©sident Emmanuel Macron, Ă  l’égard, de Washington, de TĂ©hĂ©ran et de Moscou. Il suit son suzerain amĂ©ricain, directement, dans ses aventures guerriĂšres, comme en Syrie, oĂč le prĂ©texte invoquĂ© pour frapper, masque les arriĂšres pensĂ©es qui sous-tendent cette intervention militaire, qui est d’autant plus irresponsable, que sans la capacitĂ© Ă  assumer l’avenir, elle ne peut qu’engendrer les mĂȘmes dĂ©sastres. Ceux qui jalonnent depuis trente ans nos interventions dans le monde arabe.

Macron Trump

Il le suit, par vassal interposĂ©, en s’empressant de condamner la Russie pour l’empoisonnement, Ă  Londres, de l’ancien espion russe, avant mĂȘme que des preuves irrĂ©futables, engageant la responsabilitĂ© de la Russie, aient Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es. Il le suit, passivement, en demeurant particuliĂšrement timorĂ©, face Ă  ses tirades agressives contre l’Iran et Ă  son transfert de l’ambassade des États-Unis Ă  JĂ©rusalem, en violation du droit international. Si le PrĂ©sident français se dit craindre l’escalade au Moyen-Orient, le mieux serait d’éviter d’y participer.

Rare pantomime, Ă  laquelle s’est livrĂ© le PrĂ©sident Donald Trump, n’a Ă©tĂ© aussi dĂ©placĂ©e pour une visite d’État et combien fut dĂ©cevante l’apathie de son hĂŽte, le PrĂ©sident Emmanuel Macron, qui n’est pas sorti grandi de cette gestuelle.

Si l’on a frĂ©quemment recours Ă  des symboles, pour illustrer positivement ou nĂ©gativement des faits, ils ne peuvent se retrouver dans des mimiques ridicules, comme celles qui ont marquĂ© cette visite d’État. Mais convenait-il de la hisser Ă  un tel niveau, pour fĂȘter les dĂ©saccords qui caractĂ©risent aujourd’hui les relations entre les deux pays ?

Dans ce jeu stupide, lamentable, du leader qui mĂšne le bal, dans cette compĂ©tition du dĂ©passement de l’autre, c’est incontestablement Donald Trump qui l’a emportĂ© et imposĂ© son rythme. Il est vrai qu’en vantardises, mufleries et autres indĂ©cences, il est le plus douĂ©.

Dieu merci, Emanuel Macron n’a pas eu ce comportement lors de ce match. Par contre, se prĂ©valoir comme il le fait d’une relation trĂšs spĂ©ciale liĂ©e Ă  un commun esprit de dissidence du systĂšme, laisse coi, car l’histoire recĂšle de nombreux rebelles au systĂšme, dont la proximitĂ© exhalait le soufre.

Pour arriver Ă  se comprendre, quand tout vous oppose, n’en doutons pas, il s’agit bien d’une relation particuliĂšre. D’autant plus exceptionnelle, qu’elle dĂ©bouche sur le vide. Aussi, affirmer que la France et les États-Unis sont porteurs d’idĂ©es communes, alors qu’ils divergent sur la plupart des problĂšmes d’actualitĂ©, est pour le moins dĂ©concertant.

Attitude déroutante que celle du Président français, docile devant le Président Donald Trump, véhément devant le CongrÚs, démagogue devant les étudiants.

Sur l’Iran il pratique un double langage. Face au PrĂ©sident amĂ©ricain, il glisse vers sa position, considĂ©rant qu’un nouvel accord ne peut ĂȘtre exclu, mais devant le CongrĂšs il martĂšle son attachement au texte en vigueur.

La discussion d’un nouvel accord n’est pas impossible, mais elle demeure subordonnĂ©e Ă  l’exĂ©cution, pleine et entiĂšre, de celui conclu en juillet 2015 et Ă  condition qu’il ne ligote pas la politique Ă©trangĂšre et de dĂ©fense, de l’Iran.

Prendre en compte l’ensemble des craintes que peut susciter l’Iran n’impose pas de lui interdire, en dehors de la bombe nuclĂ©aire, d’assumer sa souverainetĂ© nationale, en matiĂšre de dĂ©fense et de relations internationales.

Le rejet du JCPOA montrerait une nouvelle fois le peu de considĂ©ration et mĂȘme le mĂ©pris des États-Unis et de Donald Trump, en particulier, Ă  l’égard du Conseil de SĂ©curitĂ©. Cette attitude rejoint sa sortie humiliante, pour Emmanuel Macron, lorsque rĂ©pondant Ă  une question il s’en est pris violemment Ă  l’accord, menaçant sans retenue l’Iran, lui prĂ©disant un avenir apocalyptique.

La retenue d’Emmanuel Macron n’était pas de mise ; il devait, comme il l’a fait devant le CongrĂšs, demander sans faiblesse, Ă  Donald Trump de demeurer dans l’accord et d’en respecter concrĂštement sa mise en Ɠuvre. Ces propos sur l’isolationnisme, le retrait et l’immobilisme, mĂ©ritaient d’ĂȘtre adressĂ©s directement au PrĂ©sident amĂ©ricain.

La fougue qui l’animait lors de ces interventions critiques devant le CongrĂšs ne justifie pas sa passivitĂ© avec Donald Trump, premier acteur de la politique des États-Unis. Le contraste entre la rĂ©ception accordĂ©e par le PrĂ©sident amĂ©ricain au PrĂ©sident français et ensuite Ă  la ChanceliĂšre allemande est certes flagrant, mais j’opte volontiers pour la dignitĂ© de cette derniĂšre rencontre, plutĂŽt que pour le faste bouffon de la premiĂšre, La ChanceliĂšre a exprimĂ© directement et sans fard, les questions qui posent problĂšme.

Par son rĂ©sultat dĂ©cevant au regard de la mise en scĂšne, la visite d’Emmanuel Macron s’inscrit en nĂ©gatif. Aucune inversion ni inflĂ©chissement perceptible des positions trumpistes.

Le PrĂ©sident est restĂ© de marbre, les radicalisant mĂȘme, par vanitĂ©. Pas la moindre avancĂ©e sur le climat, aprĂšs la sortie de Washington de l’accord de Paris. Quasiment rien sur les droits de douane et le commerce international. Raidissement sur l’accord de juillet 2015 signĂ© avec l’Iran. Maintien du transfert de l’ambassade, des États-Unis Ă  JĂ©rusalem en violation du droit international. Triste bilan, face Ă  un triste sire.

S’aligner, Ă©pouser toutes les querelles de notre grand alliĂ© transatlantique, au dĂ©triment de la Russie, demeure l’impĂ©ratif de notre politique Ă©trangĂšre. Pour lui plaire, on n’hĂ©site pas Ă  maintenir des sanctions devenues obsolĂštes. Indolores pour les États-Unis, mais pĂ©nalisantes pour l’Europe et particuliĂšrement nuisibles pour la France.

On s’acharne Ă  sĂ©vir contre la Russie pour son annexion de la CrimĂ©e, en oubliant que cette derniĂšre souhaitait massivement retrouver sa patrie d’origine, l’Ukraine lui Ă©tant Ă©trangĂšre. De mĂȘme qu’il faudrait sacrifier nos intĂ©rĂȘts pour Kiev, qui avance Ă  reculons dans les rĂ©formes essentielles Ă  sa rĂ©habilitation et oĂč rĂšgnent encore un rĂ©gime douteux et un prĂ©sident plus corrompu que le prĂ©cĂ©dent. Notre utilitĂ© nous commande de rechercher l’apaisement avec cette puissante nation russe, ce vaste pays du continent europĂ©en, qui aprĂšs nous avoir tendu maintes fois la main, n’a plus envie de se faire constamment rabrouer.

Le charme d’une visite d’État semble avoir eu raison des grands principes qui animaient le candidat Emmanuel Macron. Oublier l’impermĂ©abilitĂ© Ă  toutes les vieilles pratiques et Ă  l’ancien systĂšme.

Le PrĂ©sident Macron doit se ressaisir, car s’il est normal de rappeler les liens du passĂ©, les combats pour la libertĂ©, il n’est pas nĂ©cessaire d’ĂȘtre dithyrambique.

D’autant plus que, les annĂ©es passant, les voies choisies par les États-Unis les ont conduits vers l’abaissement des idĂ©aux fondateurs de leur pays. S’entretenir avec les gouvernants des diffĂ©rentes nations du monde est constructif, mais il convient de ne pas franchir certaines limites, quand la rĂ©putation de l’interlocuteur est sulfureuse. La proximitĂ© avec ce type de personnage n’est guĂšre honorable.

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