La différence entre un optimiste et un pessimiste, disait Jean Giono, est que le second est souvent mieux informé que le premier.

La Bureaucratie européenne : la maison des fous ?

La Bureaucratie européenne : la maison des fous ?

La formule est loin d’ĂȘtre fausse. Mais la vĂ©ritĂ©, comme toujours, est Ă©galement ailleurs. Bref, je suis un optimiste. Nous Ă©lisons des reprĂ©sentants et oublions qu’ils ne nous reprĂ©senteront pas. Nous Ă©valuons un contexte favorable pour nous dire que c’est le bon moment et le bon endroit pour bouger les lignes. Serait-ce sur ce point que nous ne serions pas assez informĂ©s ? Y aura-t-il convergence des deux ?

Le Conseil de l’Europe Ă©tait rĂ©uni ces jeudi 28 et vendredi 29 juin Ă  Bruxelles pour dĂ©cider d’une politique migratoire claire sur fond d’opposition entre la politique bureaucratique et la politique des Nations. Pour la premiĂšre fois, la machine europĂ©enne trouvait face Ă  elle une force prĂ©tendue dĂ©terminĂ©e. L’Autriche, la Pologne, l’Italie, la RĂ©publique TchĂšque, la Hongrie, la Slovaquie avaient choisi de prendre en charge leur destin pendant que la Grande Bretagne aurait dĂ©jĂ  pris en charge le sien.

L’Union EuropĂ©enne dĂ©cide de prendre en charge le dossier des migrants ou l’Union EuropĂ©enne aura vĂ©cu.

Mais depuis 1938, les confĂ©rences produisent des petits Munich. Il y a dĂ©sormais toujours cet indĂ©crottable satisfecit des petits matins qui prolongent des nuits d’ennui.

Ce vendredi à 4 h 30, Donald Tusk, Président du Conseil européen est sur tweeter : « EU28 leaders have agreed on #euco conclusions incl. Migration ». Waouh, le monde peut respirer !

« C’est l’Europe qui l’a emporté ! » se fĂ©licite le PrĂ©sident Macron.

Les dirigeants rĂ©affirment leur engagement Ă  mener une politique europĂ©enne pour gĂ©rer les flux migratoires. A priori, gĂ©rer, ils savent faire. Ce doit ĂȘtre pour ça qu’ils sont contents.

Les « EuropĂ©ens » ont acceptĂ© la possibilitĂ© de crĂ©er des plates-formes de dĂ©barquement des Migrants sous le contrĂŽle du Haut-Commissariat aux RĂ©fugiĂ©s, autoritĂ© de l’ONU, donc. De lĂ , nous apprenons que l’Union EuropĂ©enne a autoritĂ© sur l’ONU.

Au passage, nous pouvons Ă©galement noter qu’aucun pays europĂ©en ne s’est portĂ© volontaire pour accueillir ces plateformes de dĂ©barquement. Elles seront donc sur le sol d’un pays tiers, certainement en Afrique du Nord. De lĂ , nous apprenons que l’Union EuropĂ©enne a autoritĂ© sur le Maghreb, au minimum. Il est probable que ces pays apprennent cette dĂ©cision comme nous, au petit matin.

L’autodĂ©termination des Nations est une plaisanterie.

C’est lĂ  que nous pouvons revenir Ă  l’intention de partenariat Euro-mĂ©diterranĂ©en qui implique de rendre possible une politique d’intĂ©gration Ă©conomique et sociale en MĂ©diterranĂ©e. C’est le processus de normativitĂ© de Barcelone initiĂ© en 1995.

Cette perception de la dĂ©claration de non-discrimination, qui appelle les Africains Ă  venir en Europe, exprime Ă©galement la volontĂ© « d’europĂ©aniser » la MĂ©diterranĂ©e, impliquant de faire des États du Maghreb la frontiĂšre de l’Union europĂ©enne, comme ce fut le cas pour l’extrĂȘme Est de l’Europe, frontiĂšre avec l’Asie.

Du point de vue normatif, cette phase sera marquĂ©e par une sorte de tentation d’uniformisation lĂ©gislative et rĂ©glementaire en matiĂšre de droit des Ă©trangers dans tout le bassin occidental mĂ©diterranĂ©en.

Dans l’ouvrage GĂ©opolitique de la conspiration contre les peuples (https://francephi.com/livre/geopolitique-de-la-conspiration-contre-les-peuples), je mets en Ă©vidence ce processus d’utilisation des migrants non seulement pour des questions de dĂ©veloppement dĂ©mographique de l’Europe, mais Ă©galement pour Ă©largir l’Union Ă  l’Afrique du Nord et que le Sahara soit la frontiĂšre naturelle de l’Europe. C’est donc Ă  une double victoire de cette Europe des technocrates que nous venons d’assister Ă  Bruxelles.

Les travaux prĂ©paratoires du Conseil de l’Europe s’apprĂȘtaient Ă  renverser la pyramide europĂ©enne. Tout est remis Ă  l’endroit et nous pouvons replonger la tĂȘte vers le sol, refermer nos Ă©paules et reprendre une posture de soumission. La technocratie l’a emportĂ© et rien ne changera. Des plateformes de dĂ©barquement ? En quoi la dĂ©termination des migrants, des gens qui risquent leur vie de la maniĂšre la plus concrĂšte serait-elle enrayĂ©e ? Comment rester optimiste ?

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