Du 4 au 6 juillet se tiendra la dernière session plénière du Parlement européen avant la pause estivale. Il y a bien sûr eu cette brève session mardi 28 juin, afin de voter une résolution sur le Brexit, mais elle n’a certes pas épuisé la question, ni surtout résorbé la crise.

Les conséquences du Brexit sont d’ailleurs en suspens, tant le retrait de Boris Johnson à Londres répond à la timidité du conseil européen, lequel s’est borné à des banalités dans ses conclusions publiées le 29 juin, après deux jours de dialogue de sourds.

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C’est cependant ce sommet qui fera l’objet d’un débat mardi, non seulement sur le Brexit, mais encore sur la stratégie de l’UE en matière de sécurité commune ou encore sur l’Union des marchés de capitaux. Le déni du politique au service de l’économie ne se corrige pas aisément.

Autre débat mardi, et mis au vote mercredi, la mise en place d’un corps de gardes-frontières et gardes-côtes dépendant directement de l’UE. Contrairement au souhait initial de la Commission, toujours avide de fédéralisme, ce corps sera associé aux autorités nationales. Cet instrument pourrait s’avérer aussi vain que Frontex pour lutter contre l’invasion migratoire, mais une vraie volonté politique peut aussi métamorphoser la chenille en papillon. On doit cependant constater que cette protection des frontières extérieures du continent, les pays d’Europe peuvent l’assumer et en ont été privés par l’« ouverture » généralisée et les propos délirants d’Angela Merkel.

Enfin, le passage de témoin entre les Pays-Bas et la Slovaquie pour la présidence tournante de l’UE donne lieu à deux débats. Celui de mercredi matin permettra au Premier ministre slovaque, Robert Fico, de développer son agenda politique des six prochains mois pour l’UE et d’échanger avec les parlementaires. M. Fico, socialiste patriote et radicalement hostile au multiculturalisme, est une épine dans le pied de l’oligarchie. Il bénéficie de l’influence grandissante du groupe de Višegrad, et porte la revendication d’une Europe unie, mais au service des peuples, non au profit d’institutions internationales.

Aujourd’hui, l’Europe se divise sous nos yeux parce que la civilisation qui la constitue est reléguée au second rang, pour ne pas dire au dernier plan. Aussi voit-on des Britanniques qui retournent à leur insularité comme la France retrouverait son égoïsme jacobin, si toutefois elle en avait la force. Mais l’Europe centrale est dotée d’un autre ADN politique : celui de la coopération nécessaire dans un espace commun. C’est pourquoi les pays du groupe de Višegrad ne parlent pas de quitter l’UE, mais d’en faire ce qu’elle doit être à leurs yeux.

La confrontation de M. Fico avec les parlementaires permettra de prendre le pouls de ces positions contradictoires. Il semble certain que la décision de la Commission d’ouvrir de nouveaux chapitres de négociation pour l’adhésion de la Turquie à l’UE dans la foulée du Brexit appelle une opposition radicale de la nouvelle présidence : Robert Fico aura-t-il les épaules assez larges ?

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