L’unitĂ© de façade des 27 pourrait se fissurer ; en tout cas c’est ce que laissent apparaĂźtre les rĂ©centes tensions entre Theresa May et Jean-Claude Juncker et ceci laisse entendre qu’un accord de sortie ne serait pas possible sur deux ans, alors que les Ă©quipes de la Commission n’ont plus guĂšre d’illusion sur un calendrier, Ă  l’origine ambitieux, mis en place par les États membres et Ă©mettent les plus expresses rĂ©serves sur la possibilitĂ© d’aboutir Ă  un accord d’ici mars 2019.

Lors du dernier sommet, les chefs d’État et de gouvernement europĂ©ens ont d’ailleurs laissĂ© apparaĂźtre leur vive inquiĂ©tude, ce qui pourrait aboutir au pire, voir Ă©merger de fortes diffĂ©rences entre les 27 et permettre plus que jamais au Royaume-Uni, de briller lĂ  oĂč il excelle, Ă  savoir diviser pour rĂ©gner.

Nul doute en effet, que lors des multiples dĂ©bats Ă  venir, concernant les nombreux chapitres Ă  renĂ©gocier et lors desquels les sujets financiers seront Ăąprement discutĂ©s, il y aura parmi les 27, une division « entre ceux qui ne voudront pas payer un centime de plus que nĂ©cessaire et ceux qui ne voudront pas se faire avoir d’un centime » comme l’a fait remarquer le PrĂ©sident de la Commission europĂ©enne le 29 avril, Ă  l’issue du conseil europĂ©en. Les contributeurs nets n’entendent pas payer « un Kopeck de plus » et les bĂ©nĂ©ficiaires nets n’accepteront pas que l’on touche Ă  leur rĂ©cent, continu et confortable pactole.

À la question de savoir comment gĂ©rer le puits financier que le Brexit laissera (dans un premier temps la perte nette serait de 9 Ă  12 milliards d’euros), des divergences de fond persistent entre les 27 sur ce qu’il serait possible d’accorder ou non au Royaume-Uni.

L’accord, en thĂ©orie, serait limpide : les 27 pays se sont en effet mis d’accord sur la mĂ©thode de divorce – soit 26 Ă©tapes de nĂ©gociation – ceci Ă  l’occasion d’une rĂ©union de moins 3 heures et les Chefs d’État et de gouvernement se seraient Ă©galement mis d’accord en moins d’une minute, sur le texte prĂ©parĂ© par les sherpas. NĂ©anmoins, l’unitĂ© des 27 pourrait ĂȘtre de courte durĂ©e.

En effet, le Conseil europĂ©en de juin prochain pourrait aussi ĂȘtre celui d’un nouvel Ă©cueil, avec la nouvelle distribution des agences europĂ©ennes devant quitter le Royaume-Uni. Les prĂ©sidents du Conseil et de la Commission prĂ©senteront alors une proposition, des critĂšres et un processus pour sĂ©lectionner la nouvelle localisation des deux agences europĂ©ennes actuellement installĂ©es au Royaume-Uni : l’agence europĂ©enne du mĂ©dicament, et l’autoritĂ© bancaire europĂ©enne. On observe ici, que les États bĂ©nĂ©ficiant dĂ©jĂ  de plusieurs agences europĂ©ennes rĂ©clament des « critĂšres objectifs », alors que ceux n’en ayant pas demandent une rĂ©partition Ă©quitable.

Notons que la France, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Irlande et des États du Nord de l’UE sont dĂ©jĂ  candidats pour hĂ©berger l’agence europĂ©enne du mĂ©dicament et l’on peut dĂ©plorer ici le peu de volontarisme des autoritĂ©s françaises, alors mĂȘme que la France est lourdement pĂ©nalisĂ©e par la rĂ©partition actuelle des agences europĂ©ennes et qu’une ville comme Lyon leader mondial du vaccin et de l’homĂ©opathie, aurait une vocation naturelle Ă  recevoir l’Agence europĂ©enne du MĂ©dicament.

Vers une rĂ©unification de l’Irlande ?

Les autoritĂ©s irlandaises actuelles se sont assurĂ© la victoire Ă  un futur referendum sur l’avenir de l’Irlande du Nord, en faisant insĂ©rer dans les conclusions du Conseil le fait que l’Irlande du Nord serait automatiquement membre de l’Union europĂ©enne, si elle votait en faveur d’un regroupement avec la RĂ©publique d’Irlande (Eire). Aucun des 27 ne s’est opposĂ© Ă  cette requĂȘte, mais cette option reste assez hypothĂ©tique ; l’Irlande le sait et ce processus pourrait prendre quelques dĂ©cennies. La situation est cependant claire dĂ©sormais.

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