Rappelons que depuis l’arrivĂ©e de Vladimir Poutine au pouvoir, la Russie connaĂźt la plus longue pĂ©riode de marasme Ă©conomique, dĂ» pour l’essentiel Ă  la baisse du prix du pĂ©trole, mais aussi aux sanctions Ă©conomiques de l’Union europĂ©enne.

Lors du Forum Ă©conomique du 17 juin Ă  Saint-PĂ©tersbourg, le PrĂ©sident russe n’a pas manquĂ© de rappeler qu’il « n’avait pas oubliĂ© comment tout a commencé » et de redire que « ce n’est pas la Russie qui a provoquĂ© l’actuel effondrement Ă©conomique ». Vladimir Poutine estime cependant ne pas ĂȘtre rancunier et ĂȘtre prĂȘt Ă  coopĂ©rer avec tous les partenaires europĂ©ens. « Le marchĂ© europĂ©en est prĂȘt Ă  coopĂ©rer avec notre pays. Les hommes politiques europĂ©ens doivent se tourner vers le commerce, se montrer raisonnables, ouverts d’esprit et flexibles », a-t-il dĂ©clarĂ©.

S’agissant des sanctions en cours de l’Union europĂ©enne, il n’est pas inutile de rappeler, qu’en plus du tort majeur infligĂ© aux agriculteurs europĂ©ens et aux entreprises de l’UE, en rĂ©action la Russie avait imposĂ© un embargo sur une sĂ©rie de produits alimentaires en provenance de l’Union europĂ©enne en aoĂ»t 2014.

Pour l’heure, il semblerait, selon des sources bruxelloises, que les sanctions Ă©conomiques arrĂȘtĂ©es Ă  la suite de la rĂ©volte des pro-russes dans la partie orientale de l’Ukraine et qui ont eu pour effet de dĂ©stabiliser le secteur financier russe, pourraient ĂȘtre prolongĂ©es par l’Union europĂ©enne bien avant la fin de juillet, alors que les sanctions devaient pourtant prendre fin Ă  cette date. C’est pendant le discours du prĂ©sident russe, le 17 juin, que le renouvellement et la prolongation des sanctions pour une annĂ©e ont Ă©tĂ© annoncĂ©s.

En prononçant son discours, Vladimir Poutine a aussi rappelĂ© qu’il avait pu constater que les hommes d’affaires français et allemands souhaitaient coopĂ©rer avec son pays et que la dĂ©gradation des relations n’était pas le fait de ce dernier.

Par ailleurs, tout en s’opposant Ă  toute forme de nouvelle « guerre froide », il a reconnu que si les nĂ©gociations actuelles n’étaient pas faciles, c’était la seule façon de parvenir Ă  une solution acceptable.

Toujours Ă  propos des sanctions, le Premier ministre italien a insistĂ© sur le fait que l’engrenage de reprĂ©sailles a eu des consĂ©quences importantes pour les producteurs europĂ©ens et qu’avec les sanctions, elles ont eu un impact nĂ©gatif pour toutes les parties. La veille du discours de Vladimir Poutine, Jean-Claude Juncker a cependant rappelĂ© que les sanctions Ă©conomiques ne seraient pas levĂ©es tant que la Russie n’aurait pas mis en Ɠuvre un accord mettant fin au conflit dans l’Est de l’Ukraine, condamnĂ© par l’UE. Il considĂšre que « c’est le seul moyen de reprendre les discussions et de lever les sanctions Ă©conomiques qui ont Ă©tĂ© imposĂ©es. »

Certains observateurs estiment cependant que la premiĂšre rencontre entre Jean-Claude Juncker et Vladimir Poutine en Russie, depuis la mise en place des sanctions, permet d’entrevoir un espoir de retrouver des relations commerciales habituelles avec l’UE. Lors de ces manifestations enfin, le prĂ©sident russe a confirmĂ© que la Russie avait surmontĂ© le pire de la crise Ă©conomique et qu’il avait l’intention de se concentrer sur une reprise de la croissance « excĂ©dant les 4 %. »

Rappelons cependant que le PIB russe a chutĂ© de 3,7 % en 2015 et le FMI prĂ©voit que l’économie russe se contractera encore de 1,5 %, avant de connaĂźtre une lĂ©gĂšre reprise en 2017.

Enfin, Ă  propos de la Syrie, le prĂ©sident russe considĂšre qu’il n’est pas souhaitable de remplacer un rĂ©gime totalitaire par un autre et qu’il convient d’agir par des moyens dĂ©mocratiques. Si toute procĂ©dure de sortie du conflit apparait comme difficile, il considĂšre cependant que le prĂ©sident Assad devait Ă©galement ĂȘtre impliquĂ© dans la procĂ©dure politique, la rĂ©daction d’une nouvelle constitution et la mise en Ɠuvre d’élections parlementaires. Il semblerait que Bachar el Assad y ait consenti, mais sous la protection de l’ONU.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.