VoilĂ  l’ahurissante dĂ©claration de Joseph Biden, vice-prĂ©sident amĂ©ricain, lors d’une visite Ă  Riga, capitale de Lettonie : « Les États-Unis sont prĂȘts Ă  envoyer en Europe de l’Est une brigade blindĂ©e supplĂ©mentaire, cela fera 4 200 soldats de plus  »

À l’en croire, l’état-major de cette brigade sera basĂ© en Pologne. On notera que c’est Ă  Varsovie que se tenait, cet Ă©tĂ© dernier, une rĂ©union de l’Otan Ă  l’occasion de laquelle François Hollande, Angela Merkel et Matteo Renzi avaient pour vain objectif de susciter l’éventuelle naissance d’une dĂ©fense europĂ©enne autonome.

VoilĂ  une nouvelle qui pourrait bien ĂȘtre reportĂ©e aux calendes grecques, sachant que Joseph Biden affirme dans la foulĂ©e : « Le renforcement des forces de l’Otan dans la rĂ©gion est le plus important depuis la fin de la « Guerre froide » ». Nous voilĂ  prĂ©venus.

Ce n’est pas tout, le sommet de Varsovie prĂ©voyant encore de dĂ©ployer dans les pays baltes et en Pologne quatre bataillons, soit plusieurs milliers de soldats, qui seraient de la sorte dirigĂ©s : formation allemande pour celui de Lituanie, canadienne pour son homologue letton, anglaise pour les Estoniens, et amĂ©ricaine pour ce gros morceau qu’est la Pologne, pays qui, pour de multiples raisons, surtout mauvaises, n’en finit plus de se considĂ©rer comme supplĂ©tif amĂ©ricain au lieu de jouer la place centrale de longue date dĂ©tenue en Europe, malgrĂ© tous les soubresauts historiques qu’on sait.

Assez logiquement, Alexandre Grouchko, reprĂ©sentant permanent de la Russie auprĂšs de l’Otan, constate « que les dĂ©cisions de l’Otan transforment les pays de l’Europe de l’Est en un polygone pour le dĂ©ploiement de ses troupes. »

Tout aussi logiquement, Hollande et Merkel, pourtant censĂ©s incarner « le noyau dur de l’Europe » ne pipent mot. Nous sommes dĂ©cidĂ©ment loin du couple jadis incarnĂ© par le gĂ©nĂ©ral De Gaulle et Konrad Adenauer. Nous sommes tout aussi loin de l’Europe tout court et de ses fondamentaux d’origine. Autrefois, il Ă©tait coutume de perdre la guerre avant de collaborer. François et Angela grillent une Ă©tape et s’acharnent Ă  collaborer avant mĂȘme que la guerre – ici faite d’influences commerciales, de diktats diplomatiques et de pressions plus ou moins amicales – n’ait vĂ©ritablement commencĂ©.

Mais savent-ils seulement que nous sommes malgrĂ© tout en guerre ? Non contre l’adversaire conjoncturel qu’est le terrorisme islamique, mais contre cet ennemi structurel qu’est cet autre couple infernal, celui formĂ© par l’empire des mers, avec pour capitales Londres et Washington, ayant toujours voulu rĂ©duire cet autre empire terrestre que demeure l’Europe, voire l’Eurasie. Cela, le gĂ©nĂ©ral De Gaulle l’avait compris et Vladimir Poutine le sait plus que tout autre.

Jamais la lecture des Ɠuvres de Jacques Bainville n’aura Ă©tĂ© d’une actualitĂ© aussi brĂ»lante.

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