par Olivier Bault.

Les nĂ©gociations se poursuivent toujours en Autriche et en Allemagne aprĂšs les Ă©lections qui ont Ă©tĂ© marquĂ©es, Ă  des degrĂ©s diffĂ©rents dans les deux pays, par une poussĂ©e de la droite nationale. En Autriche, c’est comme prĂ©vu avec le parti national-conservateur FPÖ que l’ÖVP de Sebastian Kurz discute pour former un gouvernement. L’ÖVP ayant adoptĂ© sous l’impulsion de Kurz les grands points du programme du FPÖ, un accord de gouvernement est probable si le futur chancelier accepte de confier le ministĂšre de l’IntĂ©rieur Ă  ce parti. Heinz-Christian Strache, le chef du FPÖ, en a fait une condition pour gouverner avec l’ÖVP. Le 3 novembre, les deux partis ont annoncĂ© avoir dĂ©jĂ  convenu de leur engagement en faveur de la prĂ©sence de l’Autriche dans l’Union europĂ©enne, de la discipline budgĂ©taire et d’une rĂ©duction des prestations sociales pour les immigrants.

En ce qui concerne l’UE, la future coalition mettra l’accent sur le principe de subsidiaritĂ© si souvent bafouĂ©. Strache a particuliĂšrement soulignĂ© la question migratoire comme Ă©tant essentielle Ă  ses yeux pour assurer un meilleur avenir et une vie sĂ»re Ă  ses petits-enfants. Il s’est dit particuliĂšrement inquiet du dĂ©veloppement d’une sociĂ©tĂ© islamiste parallĂšle en Autriche et de l’influence de l’Arabie saoudite et du Qatar. Sebastian Kurz – un catholique pratiquant – a promis aux Autrichiens qu’il formerait un nouveau gouvernement avant NoĂ«l et il semble que sa promesse devrait ĂȘtre tenue.

En Allemagne, par contre, la formation d’une coalition intĂ©grant la CDU-CSU, les libĂ©raux du FDP et les Verts semble plus ardue tant les divergences sont grandes entre ces partis sur les questions essentielles. LĂ  aussi, la question de l’immigration est centrale, et notamment celle du droit d’asile. Alors que les deux partis frĂšres de centre droit, la CDU de la chanceliĂšre Angela Merkel et la CSU bavaroise, ont convenu sous la pression de la CSU d’instaurer un plafond annuel de 200 000 demandeurs d’asile, les Verts et les libĂ©raux refusent le principe mĂȘme d’un plafonnement.

De mĂȘme, en ce qui concerne la prolongation de la suspension des regroupements familiaux, en vigueur pour le moment jusqu’à mars 2018, seule la CDU-CSU est pour, alors que les Verts sont contre et que le FDP voudrait que la question soit Ă©tudiĂ©e au cas par cas. Autre question difficile, celle de l’énergie et du rĂ©chauffement climatique. Les Verts voulaient 100 % d’énergies renouvelables Ă  l’horizon 2030 tandis que le FDP refuse toute politique Ă©nergĂ©tique qui compromettrait la compĂ©titivitĂ© allemande. Finalement, les Ă©cologistes semblent prĂȘts Ă  renoncer Ă  la date limite de 2030 pour fermer toutes les centrales au charbon, mais continuent de s’accrocher au but irrĂ©aliste de 100 % d’énergies renouvelables Ă  plus long terme.

Les divergences abondent aussi en ce qui concerne les régimes des retraites, le marché du travail et la fiscalité, notamment entre les libéraux qui voudraient plus de libéralisme et les Verts qui souhaiteraient plus de socialisme. Mais tous se rejoignent sur au moins un point : ils veulent éviter à tout prix de nouvelles élections !

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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