Entretien avec Philippe Randa, Directeur du site EuroLibertés

Propos recueillis par Guirec SÚvres, publiés sur le site SynthÚse nationale

La France, les États-Unis et le Royaume-Uni ont donc bombardĂ© la Syrie pour punir le rĂ©gime de Bachar al-Assad d’avoir utilisĂ©, ce qu’il dĂ©ment, des armes chimiques contre les rĂ©duits djihadistes Ă  Douma prĂšs de Damas
 Quelle est votre rĂ©action ?

N’étant pas mieux informĂ© que l’ensemble de nos compatriotes, je ne peux que livrer quelques constatations de simple bon sens au vu des dĂ©clarations faites et des informations diffusĂ©es ces derniers jours
 Tout d’abord sur l’intĂ©rĂȘt qu’aurait eu le prĂ©sident syrien Ă  utiliser des armes chimiques : aprĂšs des annĂ©es de guerre oĂč bien peu de monde misait sur sa survie politique, il a rĂ©ussi non seulement Ă  se maintenir au pouvoir tout en apparaissant comme un acteur Ă  part entiĂšre de la lutte contre l’État islamique, Ă  reconquĂ©rir la quasi-totalitĂ© de son pays aux mains des rebelles et Ă  voir ses liens avec la Russie et l’Iran renforcĂ©s
 Mais pour dĂ©loger une poignĂ©e de rebelles assiĂ©gĂ©s, il aurait couru le risque de compromettre son image internationale et donc Ă  terme son avenir ? Étonnant, non ? À qui profiterait donc ce « crime », sinon avant tout et uniquement Ă  ses ennemis ?

Un garçon marche au milieu des immeubles détruits par les bombardements du régime syrien à Douma dans la Ghouta orientale, le 19 mars 2018 (HAMZA AL-AJWEH (AFP/Archives)).

Un garçon marche au milieu des immeubles détruits par les bombardements du régime syrien à Douma dans la Ghouta orientale, le 19 mars 2018 (HAMZA AL-AJWEH).

Tout de mĂȘme, selon le ministĂšre des ArmĂ©es, « depuis les attaques du 7 avril 2018, le groupe [rebelle] Jaish al-Islam a nĂ©gociĂ© avec le rĂ©gime et la Russie son dĂ©part de Douma, tĂ©moignant du succĂšs de la manƓuvre employĂ©e » 

Seulement, rien ne prouve que cela n’aurait pas Ă©tĂ© le cas sans attaque chimique
 Le ministĂšre des ArmĂ©es reconnaĂźt ne disposer d’aucune « preuve stricto sensu », seulement d’un « haut degrĂ© de confiance »  Idem pour Emmanuel Macron qui a « la preuve que, la semaine derniĂšre, des armes chimiques ont Ă©tĂ© utilisĂ©es, au moins du chlore, et qu’elles ont Ă©tĂ© utilisĂ©es par le rĂ©gime de Bachar al-Assad  »  Cette dĂ©claration prĂ©sidentielle fait fĂącheusement songer au sketch Le SĂąr Rabindranath Duval de Francis Blanche et Pierre Dac quand le premier demande au second s’il est capable de « dire le numĂ©ro de la carte d’identitĂ© d’un spectateur »  « Oui, je peux le dire »  « Vous prouvez vraiment le dire ? »  « Oui, je peux  »  « Il peut le dire, c’est formidable ! » 

Si Bachar-el-Assad n’a rien fait de criminel, pourquoi tout ce cirque ?

Peut-ĂȘtre parce que tout le monde y trouve son compte
 et peut-ĂȘtre mĂȘme Bachar al-Assad aussi ! La victoire de Donald Trump Ă  la prĂ©sidence des USA est entachĂ©e de soupçons d’ingĂ©rence russe : donc, en attaquant l’alliĂ© syrien de Vladimir Poutine, il dĂ©ment toute complicitĂ© entre eux vis-Ă -vis de l’opinion publique, non seulement amĂ©ricaine, mais Ă©galement internationale
 Pour les Anglais, c’est Ă©galement une façon de « tacler » la Russie qu’elle accuse d’avoir tentĂ© d’empoisonner sur son sol l’ex-espion SergueĂŻ Skripal et sa fille Ioulia
 Pour Emmanuel Macron, quoi de mieux qu’une intervention militaire inopinĂ©e pour dĂ©tourner l’opinion publique française des mouvements de grĂšve des cheminots, de la chienlit dans plusieurs universitĂ©s françaises
 et de l’intervention des gendarmes Ă  la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ? Le timing est parfait !

Et l’intĂ©rĂȘt pour Bachar al-Assad ?

Rappelons que selon les rĂšgles de l’ONU, seules trois possibilitĂ©s pouvaient justifier des frappes militaires et aucune n’était remplie. Les USA et leurs alliĂ©s ont agressĂ© la Syrie au nom d’une bien abracadabrantesque exigence morale qu’il serait aisĂ© de leur renvoyer dans la figure comme un boomerang
 L’intĂ©rĂȘt pour Bachar al-Assad ? D’abord, cette totale illĂ©galitĂ© de l’agression contre son pays qui bafoue le droit international, ce que personne ne peut contester ; ensuite, qu’y a-t-il de mieux pour unir un peuple et un rĂ©gime politique qu’une agression Ă©trangĂšre ? C’est vieux comme le monde
 Et quelles consĂ©quences fĂącheuses ? 71 des 103 tirs ont Ă©tĂ© interceptĂ©s par la dĂ©fense antiaĂ©rienne syrienne selon la Russie qui indique Ă©galement que « les frappes occidentales n’ont fait, selon des informations prĂ©liminaires, aucune victime au sein de la population civile ou de l’armĂ©e syrienne ». Certes, c’est en dĂ©calage avec la dĂ©claration du ministre français des Affaires Ă©trangĂšres Jean-Yves Le Drian qui a affirmĂ© sur BFMTV qu’une « bonne partie de l’arsenal chimique du rĂ©gime syrien a Ă©tĂ© dĂ©truite » et plus en adĂ©quation avec ce que l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a reconnu, soit que toutes les installations visĂ©es Ă©taient « complĂštement vides » et « évacuĂ©es » depuis plus de trois jours
 Quant Ă  Donald Trump, il a tweetĂ© comme Ă  son habitude : « On n’aurait pu obtenir de meilleur rĂ©sultat. Mission accomplie ! »  Rien n’empĂȘche de croire qu’il dise vrai, mĂȘme si les buts recherchĂ©s – comme la vĂ©ritĂ© dans la sĂ©rie X-files – sont parfois ailleurs
 !

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Philippe Randa,
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