Le CongrĂšs juif mondial (CJM) a exprimĂ© dimanche dans un communiquĂ© de sĂ©rieuses inquiĂ©tudes quant Ă  la forte reprĂ©sentation du parti autrichien FPÖ suite aux Ă©lections lĂ©gislatives.

« Il est triste et affligeant qu’une telle plate-forme reçoive plus du quart des voix et devienne le deuxiĂšme parti du pays. Ce parti est encore plein de xĂ©nophobes et de racistes et est, en quelque sorte, trĂšs ambigu avec le passĂ© nazi de l’Autriche. Mon seul espoir est qu’il ne finisse pas au gouvernement », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident du CJM, Ronald Lauder.

Ronald Lauder.

Ronald Lauder.

« Ce qui s’est passĂ© aujourd’hui est Ă  bien des Ă©gards pire que l’élection de Kurt Waldheim en tant que prĂ©sident de l’Autriche il y a 30 ans. Le FPÖ d’aujourd’hui dĂ©passe de loin les limites dĂ©mocratiques acceptables », a-t-il ajoutĂ©.

La dĂ©mocratie a ainsi des « limites »  posĂ©es doctement par le CJM urbi et orbi.

Rappelons que M. Ronald Lauder est amĂ©ricain et ancien ambassadeur Ă  Vienne. Ses dĂ©clarations au nom du CJM reflĂštent donc la position de la grande dĂ©mocratie amĂ©ricaine et de son pouvoir Ă©conomique et financier mondialisĂ©. Cela rappelle, Ă  un niveau bien plus restreint, les dĂ©clarations de l’Église de France il y a quelques annĂ©es, mettant en garde contre le vote, probablement diabolique, Front National.

Les religions du Livre sont dĂ©cidĂ©ment peu dĂ©mocratiques
 religions juive, chrĂ©tienne ou musulmane. Les limites, et c’est un euphĂ©misme, qu’elles posent Ă  la dĂ©mocratie et Ă  la volontĂ© des peuples, ressemblent fort Ă  leurs interdits de toutes sortes et Ă  leur obsession de retrouver un pouvoir politique perdu mais toujours prĂȘt Ă  revenir, de grĂ© ou de force antidĂ©mocratique. Ces « opiums des peuples » sont incorrigibles


Mais l’Autriche n’oublie pas qu’elle est et reste le cƓur de l’Europe. CƓur gĂ©ographique et dernier cƓur ensanglantĂ© il y a un peu plus de quatre siĂšcles par le siĂšge de Vienne par les Musulmans ottomans en 1683.

L’élection du 15 octobre met le FPÖ en deuxiĂšme ou troisiĂšme position Ă  quelques voix prĂšs, un gain de 7 % par rapport aux derniĂšres Ă©lections, avec environ 26 % des voix. Son entrĂ©e au gouvernement fait peu de doute, le parti vainqueur (ÖVP, chrĂ©tien-conservateur), avec plus de 30 %, de Sebastian Kurz, ne pouvant gouverner dans le cadre d’une autre alliance, sauf Ă  s’allier aux sociaux-dĂ©mocrates de Christian Kern, comme Angela Merkel l’a fait jusqu’au mois dernier en Allemagne.

HypothĂšse Ă  Ă©carter compte tenu des positions de Sebastian Kurz, souvent proches de celles du FPÖ. Restent quelques incertitudes et conditions pour cela : les positions du FPÖ de Heinz-Christian Strache sur l’Europe, sa volontĂ© de rejoindre le Groupe de Visegrad et, comme l’AfD en Allemagne, tourner la page de la « repentance » Ă©ternelle, sont autant de thĂšmes que M. Kurz veut aborder.

L’UE, elle, exige du FPÖ un acte de soumission et de subordination pour sa participation au gouvernement. C’est toujours mieux qu’en 2000 lorsque Jorg Haider, alors leader du FPÖ, avait dĂ©jĂ  participĂ© au Gouvernement autrichien sous les huĂ©es et les indignations de l’Europe de Bruxelles s’arrogeant mĂȘme le droit de prendre des sanctions contre l’Autriche. Punie, l’Autriche. DĂ©cidĂ©ment c’est beau la dĂ©mocratie conditionnelle postmoderne !

À bas les peuples, vive l’UE ! C’est un peu comme la libertĂ© conditionnelle des prisonniers, et c’est ainsi que les peuples europĂ©ens sont dĂ©sormais Ă  considĂ©rer.

Mais un autre rĂ©sultat ne manque pas de surprendre : les Verts obtiennent 4 % des voix et n’auront aucun reprĂ©sentant au Parlement
 alors qu’il y a un an, c’est le candidat Vert qui Ă©tait Ă©lu Ă  la PrĂ©sidence de l’Autriche ! Curieuse mathĂ©matique autrichienne : 51 % un jour = 4 % un autre jour !

Sebastian Kurz va devenir Ă  31 ans le dirigeant europĂ©en le plus jeune. On ne peut que se rĂ©jouir d’un retour de la jeunesse, peut-ĂȘtre dĂ©complexĂ©e et peu concernĂ©e par les miasmes de notre histoire rĂ©cente dans laquelle la pensĂ©e dominante des vieux barbons et des bonnes consciences veut empĂȘtrer, culpabiliser et enliser les partisans d’une Europe nouvelle.

 

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