par Olivier Bault.

Les Autrichiens voteront dimanche pour renouveler leur Conseil national, c’est-Ă -dire la chambre basse de leur parlement. Le parti social-dĂ©mocrate (SPÖ) du chancelier Christian Kern est au coude Ă  coude avec les nationaux-conservateurs du Parti de la libertĂ© d’Autriche (FPÖ), dirigĂ©s par Heinz-Christian Strache, pour la deuxiĂšme place, avec environ 25 % des intentions de vote pour chacun de ces deux partis. Le Parti populaire autrichien (ÖVP), de centre-droit, est donnĂ© vainqueur avec plus de 30 % des intentions de vote. Sous la direction du jeune ministre des Affaires Ă©trangĂšres Sebastian Kurz, qui a de fortes chances de devenir le nouveau chancelier, ce parti a beaucoup durci le ton sur les questions d’immigration et d’islamisation aprĂšs l’élection prĂ©sidentielle autrichienne dans laquelle la victoire avait Ă©chappĂ© de peu au candidat anti-immigration du FPÖ, Norbert Hofer.

Quoi qu’il en soit, si le FPÖ arrive deuxiĂšme, l’actuelle coalition SPÖ-ÖVP sera probablement remplacĂ©e par une coalition ÖVP-FPÖ, ce qui aura tout pour dĂ©plaire Ă  Bruxelles, Berlin et Paris. Car pour Heinz-Christian Strache, « l’islam ne fait pas partie de l’Autriche », l’immigration doit ĂȘtre stoppĂ©e nette et l’asile accordĂ© uniquement Ă  titre temporaire.

Normalement, ces Ă©lections auraient dĂ» ĂȘtre convoquĂ©es en 2018 seulement, mais Sebastian Kurz a mis fin Ă  la grande coalition avec les sociaux-dĂ©mocrates aprĂšs avoir pris la tĂȘte de son parti en mai. L’apparent virage Ă  droite pris par le ministre des Affaires Ă©trangĂšres a permis Ă  l’ÖVP de dĂ©passer Ă  nouveau le FPÖ dans les sondages. Outre la promesse de limiter l’immigration et de rĂ©duire les prestations sociales en faveur des Ă©trangers, l’interdiction du voile intĂ©gral dans les lieux publics (en vigueur depuis le 1er octobre) et la promesse de fermer les Ă©coles maternelles islamiques, ÖVP et FPÖ se rejoignent sur l’annonce de baisses d’impĂŽts et d’une cure d’amaigrissement de l’administration.

L’actuel chancelier social-dĂ©mocrate Christian Kern a annoncĂ© qu’il ne souhaitait pas renouveler la « grande coalition » en cas de dĂ©faite Ă©lectorale, ce qui rend une coalition des droites encore plus probable. Si ce scĂ©nario se confirme, cela compromettra un peu plus, aprĂšs le mauvais score du parti d’Angela Merkel aux Ă©lections allemandes de septembre, les rĂȘves d’Emmanuel Macron pour un noyau dur fĂ©dĂ©ral au sein de l’UE, car l’Autriche aura des positions encore plus proches de celles, plus souverainistes, du Groupe de Visegrad que le leader du FPÖ envisage mĂȘme de rejoindre.

Pendant ce temps aux Pays-Bas, quatre partis politiques sont enfin parvenus Ă  former un gouvernement sous la houlette du premier ministre Mark Rutte aprĂšs plus de 200 jours de nĂ©gociations. Le Parti de la libertĂ© (PVV) de Geert Wilders, aux positions trĂšs hostiles Ă  l’immigration et Ă  l’islam, a Ă©tĂ© exclu de cet accord alors qu’il Ă©tait arrivĂ© deuxiĂšme aux Ă©lections en mars, mais avec seulement 13 % des voix (le VVD du premier ministre Rutte Ă©tait arrivĂ© premier avec 21 % des voix). Ce sont donc trois partis de centre-droit – le parti libĂ©ral du premier ministre, le parti « chrĂ©tien-dĂ©mocrate », et « l’Union chrĂ©tienne » – qui formeront une coalition avec le parti de gauche libĂ©rale-libertaire D66, faisant du PVV la principale force d’opposition.

Article paru dans le quotidien Présent.

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