Ça y est, c’est fait. Attendue, espĂ©rĂ©e, la clarification de la situation politique par les urnes en Catalogne a tournĂ© au cauchemar au soir du jeudi 21 dĂ©cembre 2017. La vox populi a offert Ă  la Catalogne et Ă  l’Espagne la pire des situations ! Si les partis hostiles Ă  l’indĂ©pendance sont majoritaires en voix, prĂšs de 52 %, ils sont minoritaires en siĂšges au Parlement local de Barcelone. Une solution, provisoire, schizophrĂ©nique !affiche Carles Puigdemont

Examinons de plus prĂšs les rĂ©sultats des uns et des autres. Les sĂ©paratistes, qui retrouvent quasiment leur dernier score avec 47,6 % des 82 % de votants, obtiennent 70 des 135 siĂšges du Parlement rĂ©gional, soit deux de plus que la majoritĂ© absolue, mais deux de moins qu’en 2015. Ils posent un dĂ©fi majeur Ă  l’Espagne et affrontent, une fois de plus,  Mariano Rajoy, chef du gouvernement central de Madrid et administrateur, provisoire, de la GĂ©nĂ©ralitĂ©. Au sein de cette coalition indĂ©pendantiste, les Ă©lecteurs ont placĂ© en tĂȘte avec 34 dĂ©putĂ©s, la liste « Ensemble pour la Catalogne », celle justement de Carles Puigdemont, le PrĂ©sident destituĂ© qui vient d’ĂȘtre rĂ©Ă©lu dĂ©putĂ©. « L’Etat espagnol a Ă©tĂ© vaincu. Rajoy et ses alliĂ©s ont perdu le plĂ©biscite qu’ils cherchaient », a-t-il dĂ©clarĂ© depuis Bruxelles oĂč il est exilĂ©.

Une opposition majoritaire en voix, minoritaire en siĂšges

Le camp unioniste est dispersĂ©. Le Parti populaire du Premier ministre espagnol subit une « raclĂ©e » majeure en ne retrouvant que trois fauteuils de parlementaires sur les huit sortants. PODEM, « Catalogne en commun », le parti de la maire de Barcelone, la gauchiste Ada Colau, qui est favorable Ă  un rĂ©fĂ©rendum d’autodĂ©termination mais hostile Ă  l’indĂ©pendance, a obtenu huit siĂšges. En revanche, le jeune parti CIUDADANOS emmenĂ© par la brune Ines Arrimadas , caracole en tĂȘte des opposants Ă  la sĂ©cession avec 25 % des voix et 37 dĂ©putĂ©s. Mais, mĂȘme en ajoutant les siĂšges de tous ces mouvements, ils n’en cumulent que 57. C’est la quadrature du cercle
.

Fracturée, la Catalogne sera difficilement gouvernable

Sur le papier, il y a une majoritĂ©. Conduite par qui ? Le leader sortant, Puigdemont, est toujours poursuivi pour « rĂ©bellion, sĂ©dition et malversation de fonds publics » pour avoir organisĂ© un rĂ©fĂ©rendum illĂ©gal. Son Vice-prĂ©sident issu de la gauche radicale, qui vient d’ĂȘtre comme lui rĂ©Ă©lu, est toujours sous les verrous. Il avait menĂ© campagne depuis sa cellule grĂące aux
.tweets ! Au moment oĂč ces lignes sont Ă©crites, Rajoy et Puigdement, sĂ©parĂ©ment bien sĂ»r, vont s’exprimer. L’enjeu est Ă©norme, et aucun des deux ne veut et ne peut perdre la face. Il n’y a plus, dĂ©sormais, d’alternative : il faut, une fois pour toutes, trancher dans le vif. La seule solution rĂ©side dĂ©sormais, selon nous, dans l’organisation lĂ©gale d’un rĂ©fĂ©rendum constitutionnel sur, effectivement, oui ou non, la sĂ©paration de la Catalogne d’avec l’Espagne. Ceux qui ont jouĂ© avec le feu, qui bĂ©nĂ©ficient, encore, d’un injuste dĂ©coupage Ă©lectoral favorisant la province contre Barcelone, la ruralitĂ© contre les villes catalanes Ă  l’exception de GĂ©rone, fief de Puigdemont, en seront pour leurs frais : il n’y a pas, « aujourd’hui et maintenant », de majoritĂ© pour l’indĂ©pendance.

Les indépendantistes Corses comme ceux du FLNKS auraient tort de se réjouir prématurément

On sait que le dimanche 3 dĂ©cembre, les Ă©lecteurs corses ont votĂ© majoritairement pour la liste coagulant autonomistes et indĂ©pendantistes, enfin ceux qui se sont dĂ©placĂ©s, car un inscrit sur deux n’a pas voté ! Alors, Messieurs SimĂ©oni et Talamoni, les deux PrĂ©sidents sortants de l’exĂ©cutif et du « lĂ©gislatif » corses, peuvent bien pĂ©rorer, se rĂ©jouir, se congratuler, se fĂ©liciter de leur performance, « à vaincre sans pĂ©ril, on triomphe sans gloire ». La seule satisfaction que l’on puisse ressentir Ă  l’issue de ce scrutin marquĂ© par un recul considĂ©rable du Front National qui, avec 3 % des suffrages, n’obtient aucun siĂšge, – alors que sa PrĂ©sidente avait Ă©tĂ© en tĂȘte lors de l’élection prĂ©sidentielle du printemps dernier-, c’est que les institutions politico-administratives de la collectivitĂ© territoriale corse sont simplifiĂ©es. En effet, dĂ©partements et rĂ©gion fusionnant, leurs compĂ©tences s’additionnent.

En Nouvelle-CalĂ©donie, le Premier ministre Edouard Philippe a fait la « tournĂ©e des popotes ». En 2018 , l’üle et ses dĂ©pendances se prononceront sur leur maintien ou non au sein de la RĂ©publique française. Si la question Ă©tait clairement posĂ©e, il ne fait aucun doute que les Ă©lecteurs, toutes ethnies confondues, voteraient contre l’indĂ©pendance. Mais la question posĂ©e n’est pas encore rĂ©digĂ©e et tout dĂ©pendra des options prĂ©sentĂ©es au peuple gĂ©ographiquement mĂȘlĂ©, des Canaques, des « caldoches », des Wallisiens et autres indonĂ©siens. Dans les deux cas touchant la plus proche comme la plus Ă©loignĂ©e de nos Ăźles, l’intĂ©gritĂ© de notre territoire est menacĂ©e. Nous ne ne pourrons pas plaire Ă  tout le monde. Quand je dis « nous », ce sont les patriotes, ce sont les Français attachĂ© Ă  l’unitĂ© de leur pays, qu’il soit continental ou  « exotique ». Mais les rĂ©alitĂ©s historiques comme gĂ©ographiques nous commandent d’ĂȘtre pragmatiques. On ne gouverne pas des Ăźles comme la Seine-et-Marne ou le Loir-et-Cher ! Il y a dans ces zones aux caractĂšres culturels bien trempĂ©s, parfois, opposĂ©s, des spĂ©cifiĂ©s dont il faut, nĂ©cessairement, tenir compte. Justement, l’autonomie, l’autogouvernement pour les questions qui ne relĂšvent pas du domaine rĂ©galien, offrent des solutions susceptibles de contenter tout le monde : ceux qui veulent que l’unitĂ© nationale soit respectĂ©e et, « en mĂȘme temps » comme dirait Emmanuel Macron, ceux qui veulent «  de l’air » pour rĂ©gler localement leurs affaires administratives, Ă©conomiques et politiques. De plus, rien n’empĂȘcherait, sous rĂ©serve de modification institutionnelle, que ces possessions insulaires puissent directement coopĂ©rer avec leurs voisins dans un dialogue rĂ©gional fructueux : Cagliari n’est pas loin d’Ajaccio, NoumĂ©a n’est pas trĂšs Ă©loignĂ©e de Port Vila ! C’est tout le mal que l’on peut souhaiter Ă  ces deux perles du collier français !

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A propos de l'auteur

Jean-Claude Rolinat

Jean-Claude Rolinat a Ă©tĂ© successivement cadre administratif, documentaliste et journaliste dans la presse d’opinion. Il a publiĂ© plusieurs ouvrages consacrĂ©s Ă  l’histoire contemporaine et rĂ©digĂ© les biographies du gĂ©nĂ©ral Peron (Argentine), du marĂ©chal Mannerheim" (Finlande), et de Ian Smith (RhodĂ©sie), "Le Canada français, de Jacques Cartier au gĂ©nocide tranquille" (avec RĂ©mi Tremblay). Dernier livre paru : "La Bombe africaine et ses fragmentations", prĂ©facĂ© par Alain Sanders (Éd. Dualpha).

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