par Francis Bergeron.

L’affaire est sensationnelle : cette annonce de l’arrestation au Japon du plus important des prĂ©sidents d’une entreprise française dĂ©passe l’entendement. C’est – dans le domaine des affaires – un tremblement de terre identique Ă  celui qui avait secouĂ© la classe politique aprĂšs l’arrestation du prĂ©dateur sexuel Strauss-Kahn, en 2011.

Certains ont du mal Ă  y croire. Ils craignent une opĂ©ration d’intoxication destinĂ©e Ă  priver la France de ce fleuron industriel qu’est devenue la firme Renault, sous l’impulsion de Carlos Ghosn, prĂ©cisĂ©ment.

Il y a eu des prĂ©cĂ©dents, et dans le domaine Ă©conomique, Ă  ce niveau d’enjeux, on ne se fait pas de cadeaux. Sachant la catastrophe que constitue cette mise hors circuit du patron charismatique, dans un contexte d’imprĂ©paration de plan de succession (ce qui allait Ă  l’encontre de toutes les rĂšgles de base appliquĂ©es dans les grands groupes), ce n’est pas faire du complotisme que de se dire que l’affaire Ghosn a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© tĂ©lĂ©guidĂ©e. La France s’est fait plumer sur d’autres dossiers, sans mĂȘme voir le coup venir : Alstom, l’amende de 9 milliards de dollars de la BNP pour avoir commercĂ© avec des pays sous embargo, l’amende de 1,3 milliard de dollars de la SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale pour mettre fin Ă  des litiges aux États-Unis, une nouvelle amende de 1,34 milliard de dollars pour des transactions sur du pĂ©trole avec Cuba.

Dans toutes ces affaires, le sentiment avait Ă©tĂ© que, cĂŽtĂ© français, nous avions Ă©tĂ© pris au dĂ©pourvu, victimes d’une certaine naĂŻvetĂ© et incapables de nous dĂ©fendre, incapables de rĂ©sister aux exigences de « l’allié » amĂ©ricain.

Goinfrerie financiĂšre

Et si l’affaire Renault Ă©tait du mĂȘme genre ? A priori non. Ce qui est reprochĂ© Ă  Ghosn, c’est un comportement personnel. La sociĂ©tĂ© n’est en cause que par les consĂ©quences indirectes de cette vacance forcĂ©e Ă  la tĂȘte du groupe : effondrement de la valeur en bourse, graves flottements dans la gouvernance, inquiĂ©tude gĂ©nĂ©rale sur l’avenir.

Tout mĂ©ritant qu’il soit sur le plan professionnel, Ghosn semble donc bien le seul responsable de ce dĂ©sastre : il aurait sous-estimĂ© ses revenus locaux non pas de quelques centaines de milliers d’euros, mais de 
 39 millions d’euros (en cinq ans). Par ailleurs Nissan aurait achetĂ© 15 millions d’euros de biens immobiliers, au Liban et au BrĂ©sil, les deux points de chute familiaux habituels de Ghosn. Or Nissan n’a aucune activitĂ© significative dans ces deux pays. L’abus de biens sociaux paraĂźt probable. Enfin Ghosn aurait encaissĂ© des jetons de prĂ©sence, versĂ©s par Nissan Ă  des prĂȘte-noms ! Cette goinfrerie financiĂšre laisse sans voix.

Apparemment ces rĂ©vĂ©lations ne viennent pas du fisc japonais mais d’une enquĂȘte interne Ă  Nissan. Tout cela fait craindre que les fautes soient avĂ©rĂ©es. En imaginant mĂȘme que leur dĂ©nonciation et leur mise sur la place publique obĂ©issent Ă  un plan concertĂ©, le mal est fait. Les comptes de Nissan vont ĂȘtre rĂ©Ă©quilibrĂ©s par rapport Ă  ceux de Renault, et du mĂȘme coup le groupe pourrait devenir un groupe
 japonais. Le poids de la France, son image dans le monde, sa santĂ© Ă©conomique mĂȘme, en seront affectĂ©s.

Pour l’heure, il n’y aurait donc qu’un seul responsable identifié : Carlos Ghosn lui-mĂȘme, mais le nombre de victimes, directe et indirectes, risque d’ĂȘtre gigantesque.

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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