Il y a 375 ans aujourd’hui, Paul Chomedy de Maisonneuve, Jeanne Mance et une quarantaine d’autres Français débarquaient sur les berges de Pointe-aux-Trembles sur l’île du Mont-Royal.Aussitôt arrivés, ces courageux colons venus du Vieux Continent célébrèrent une messe pour placer le projet de Ville-Marie sous la protection de Dieu. Ce projet d’un centre missionnaire en plein cœur du territoire iroquois, un peuple hostile aux Français, avait quelque chose d’irréaliste et nombreux avaient été ceux qui avaient mis les Montréalistes en garde, tentant de les dissuader d’un tel projet.

375 ans de Montreal

Maisonneuve avait refusé de se laisser décourager. Devait-il y laisser sa peau et se faire tuer, voire torturer par les féroces Iroquois, son projet verrait le jour. Il faisait partie d’une race aujourd’hui en perdition, une race qui plaçait l’amour de Dieu et le rayonnement de la patrie au-dessus de tout intérêt, au-dessus même de sa propre vie. Aucune gloire ne l’attendait, d’ailleurs, aucun portrait n’existe de lui et après avoir fondé Ville-Marie qui deviendrait Montréal, il fut rappelé en France où il mourut pauvre et seul avec la seule satisfaction de savoir que son œuvre lui survivrait.

Les premiers hivers de la colonie de Ville-Marie furent difficiles et nombreux furent les dangers qui menacèrent de détruire à jamais ce fortin qui deviendrait des siècles plus tard la métropole du Québec.

En plus de la nature peu clémente, les attaques iroquoises faillirent mettre fin à l’aventure montréaliste. Seul le courage des Dollard des Ormeaux, Lambert Closse et autres héros oubliés permit la subsistance de Ville-Marie.

Après une première habitation regroupant tous les colons qui avaient survécu aux premiers hivers vint s’ajouter un hôpital, création de Jeanne Mance, puis ce fut une école, et enfin, la ville prit son essor. Les soldats désaffectés du fameux régiment Carignan-Sallières et les Filles du Roy, orphelines de France ayant choisi l’aventure des terres du nouveau continent, permirent au rudimentaire fortin de devenir une véritable ville. Et quand tout allait pour le mieux, les Anglais débarquèrent et conquirent la Nouvelle France.

Le Grand Remplacement n’a rien de nouveau et de novateur ; dès 1760, les Anglais décidèrent de favoriser l’immigration britannique à Montréal pour assimiler la population canadienne-française qui restait un problème pour les autorités anglo-saxonnes. Le remplacement et l’assimilation ne réussirent pas, mais le poids démographique des Canadiens-français diminua et continue de diminuer aujourd’hui encore, les « de souche » représentant désormais une minorité au même titre que les anglophones et les néo-Québécois, toujours plus nombreux à choisir la métropole.

Le début du XXe siècle marqua le début de Montréal ville de plaisir qui fit du tourisme festif – euphémisme qu’on me pardonnera – son créneau. La prohibition faisant rage au sud de la frontière, nombreux étaient les Américains qui choisissaient Montréal pour venir festoyer dans les cabarets. De cette réputation de ville de débauche, celle qui fut une ville catholique missionnaire ne s’est jamais émancipée depuis.

Aujourd’hui, elle est une destination prisée par les Américains pour le tourisme sexuel, les « salons de massage » ayant pignon sur rue et bénéficiant du laxisme des autorités.

Le XXe siècle marqua également le morcellement de Montréal avec l’arrivée massive d’immigrants qui installèrent leurs communautés plutôt que de s’intégrer. Ce furent d’abord les Chinois, les Italiens et les Juifs, puis les Haitiens, Jamaicains, Pakistanais, et autres peuples exotiques. La ghettoïsation continue de plus belle malgré les appels répétés à l’intégration des nouveaux venus.

Dans les dernières années, la métropole québécoise qui peine à entretenir ses routes et infrastructures fut particulièrement sur la sellette pour sa corruption endémique, deux maires ayant dû démissionner et un autre ayant été arrêté.

Peut-on aujourd’hui célébrer cette ville cosmopolite gangrenée par le crime et la corruption ou ne devrait-on pas célébrer ses fondateurs dont l’esprit fut trahi sans fin par leurs successeurs indignes de cette charge ?

Pour en savoir plus sur le canada Français, lire :

Le Canada français, de Jacques Cartier au génocide tranquille de Jean-Claude Rolinat et Rémi Tremblay, éditions Dualpha, collection « Vérités pour l’Histoire », dirigée par Philippe Randa, 260 pages, 25 euros. Pour commander ce livre, cliquez ici.

Canada français

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.