par Jacques Borde.

DCNS change de nom & devient Naval Group. Aie ! Si l’idĂ©e d’un changement de nom (qui a Ă©tĂ© le choix de Safran, Engie & d’autres) a Ă©tĂ©, dans son principe, bien accueilli, le nom choisi fait grincer quelques dents, les miennes y compris. Comment Naval Group explique-t-il ce choix.

Pour Naval Group « Ce changement est une Ă©tape naturelle de l’histoire du groupe. Il doit lui permettre de gagner en notoriĂ©tĂ© et en attractivitĂ©, pour soutenir son dĂ©veloppement en France et Ă  l’international ».

Pdg de Naval Group, HervĂ© Guillou fait plus qu’assumer, dĂ©clarant que « La crĂ©ation d’une marque forte, fĂ©dĂ©ratrice, incarnant en un seul mot notre vocation et notre hĂ©ritage, forgĂ© au cours de 400 ans d’innovation navale, rĂ©pond Ă  deux dĂ©fis majeurs. D’une part, accroĂźtre notre rayonnement Ă  l’international, pour dĂ©velopper notre leadership et conquĂ©rir de nouveaux marchĂ©s dans un contexte de durcissement du paysage concurrentiel. D’autre part, attirer les talents et fidĂ©liser nos collaborateurs, un enjeu essentiel pour garantir, dans le domaine naval, le renouvellement des compĂ©tences critiques nĂ©cessaires au soutien durable de la souverainetĂ© de la France et de ses partenaires ».

| Pourquoi changer, & pourquoi maintenant ?

Ce qui est certain, comme l’affirme le communiquĂ© de presse, c’est que « Dans un contexte de profondes mutations, marquĂ© par l’accĂ©lĂ©ration des cycles d’innovation et le durcissement du paysage concurrentiel sur le marchĂ© militaire, le groupe a plus que jamais besoin de faire valoir haut et fort son identité ».

Naval Group est-il le meilleur vecteur pour « faire valoir haut et fort » cette « identité » ? Probablement, parce que cela n’a pas autant d’importance qu’on fait mine de le penser et de le dire


Le moment, lui, est bien opportun. Naval Group consacre là  le succÚs de choix stratégiques, matérialisés en 2016 par deux événements révélateurs de ses compétences et de son savoir-faire :

1- la sĂ©lection d’alors DCNS par l’Australie pour son futur programme de sous-marins, Ă©tape dĂ©cisive dans la stratĂ©gie d’internationalisation du groupe ;
2- la création de la filiale spécialisée dans les énergies marines renouvelables, .

Ces deux Ă©vĂ©nements ont offert Ă  DCNS « une visibilitĂ© inĂ©dite tout en nous projetant dans l’avenir. C’est une formidable opportunitĂ© pour le groupe d’associer aujourd’hui son nom Ă  ces rĂ©ussites pour gagner en notoriĂ©tĂ© et en attractivitĂ© en France et dans ses pays-cibles. »

| Pourquoi ce nom ?

Naval Group n’en dĂ©mord pas ce nouveau nom « rend lisible notre expertise et notre vocation : contribuer Ă  la souverainetĂ© de la Marine nationale et de nos pays partenaires, et capitaliser sur nos compĂ©tences navales dans le domaine des Ă©nergies marines renouvelables ».

Il rendrait mĂȘme (on se demande bien pourquoi) « hommage Ă  la fiertĂ© et aux valeurs d’excellence qui animent nos collaborateurs et les rassemble autour d’un puissant projet d’avenir ».

Pour Claire Allanche, directeur de la Communication de Naval Group, « Simple, international et intelligible dans toutes les langues, le nom Naval Group se concentre sur l’essentiel : l’hĂ©ritage d’une expertise unique nĂ©e au XVIIe siĂšcle avec la crĂ©ation des premiers arsenaux et transmise de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration pour permettre Ă  la France d’ĂȘtre et de demeurer une grande puissance navale ».

Sans vouloir contredire pour contredire, j’avoue assez peu comprendre en quoi DCNS Ă©tait, proprement parler, un tel handicap.

Les nostalgiques de la langue française comme moi se consoleront en se disant trois choses :

1- les produits de qualitĂ© issus de DCNS-Naval Group ne seront pas gĂȘnĂ©s par le cĂŽtĂ© insipide et passe-partout du nouveau nom ;
2- d’ici quelque mois, tout le monde aura oubliĂ© cette querelle picrocholine ;
3- comme choix malheureux (pour rester courtois) et ne voulant rien dire, il a bien pire. GDF Suez devenant Engie, par exemple


(Article paru sur le site VoxNr).

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A propos de l'auteur

Jacques Borde

Historien de formation et spĂ©cialiste des questions internationales, ancien journaliste de la presse multimĂ©dia, Jacques Borde a longtemps collaborĂ© au site quotidien d’intelligence stratĂ©gique geostrategie.com. SpĂ©cialisation en Histoire des religions, Jacques Borde est titulaire d’une Licence d’Histoire (Paris IV Sorbonne). A Ă©tĂ© Consultant auprĂšs du Neda Institute for Political & Scientific Studies (TĂ©hĂ©ran). Familier des capitales du Moyen-Orient (Amman, Bagdad, Beyrouth, TĂ©hĂ©ran, et Tripoli) avec la pratique suivie des cercles dirigeants et entitĂ©s (ministĂšres, fondation, armĂ©es, milices & formations paramilitaires, etc.) des pays, Jaques Borde est Ă©galement spĂ©cialisĂ© dans les questions de DĂ©fense & d’armements.

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